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Football

Lizarazu tacle Benatia après la tempête marseillaise contre Lorient

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

La défaite de l'OM face à Lorient (2-0) a déclenché la fureur de Medhi Benatia, mais c'est Bixente Lizarazu qui a mis les mots sur le malaise.

Lizarazu tacle Benatia après la tempête marseillaise contre Lorient

Deux buts encaissés, zéro tir cadré mémorable, et un directeur sportif qui explose dans les travées du Vélodrome. La soirée de l'Olympique de Marseille face au FC Lorient restera comme l'une des plus laides de cette saison — pas seulement à cause du score, mais pour ce qu'elle révèle d'un groupe qui semble avoir oublié pourquoi il court. Medhi Benatia n'a pas mâché ses mots après la rencontre. Bixente Lizarazu, lui, n'a pas mâché les siens non plus — mais il les a adressés au directeur sportif marseillais lui-même.

Quand la colère crie plus fort que le jeu

Il y a quelque chose d'un peu tragique dans la figure du dirigeant qui s'enflamme en tribunes pendant que son équipe s'effondre sur le terrain. Medhi Benatia a offert ce spectacle aux caméras hier soir, visiblement hors de lui, gesticulant dans les travées du Vélodrome avec la véhémence d'un homme qui ne se reconnaît plus dans ce qu'il voit. On comprend la frustration. L'OM joue gros dans la course à la Ligue des champions, chaque point perdu pèse le poids d'un été entier de mercato.

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Mais Bixente Lizarazu, consultant et ancien champion du monde qui connaît intimement la pression d'un grand club européen, a jugé cette démonstration déplacée. Sur les antennes, l'ancien latéral gauche de l'équipe de France et du Bayern Munich a pointé du doigt l'excès de la réaction, estimant qu'un dirigeant se doit de garder une forme de maîtrise, même — et surtout — dans l'adversité. Ce n'est pas un détail de forme. C'est une question de culture de club.

Car Lizarazu sait mieux que quiconque ce que représente la pression institutionnelle sur un vestiaire. Quand les dirigeants craquent en public, le message qui redescend vers les joueurs est rarement celui de la sérénité. L'histoire du football est jonchée d'exemples où la nervosité des étages supérieurs a contaminé le rectangle vert — de la crise de la Maison Blanche du Real Madrid dans les années 2000 aux orages internes qui ont secoué le PSG de l'ère QSI. Marseille n'est pas immunisée contre ces dynamiques-là.

Une prestation qui interroge bien au-delà du résultat

Le problème de fond, ce n'est pas la colère de Benatia. C'est ce qui l'a provoquée. Face à Lorient — club relégable, sans enjeu immédiat, réduit à lutter pour sa survie — l'Olympique de Marseille a livré une performance sans âme, sans mordant, sans la moindre trace de ce que Roberto De Zerbi est censé instiller depuis son arrivée sur le banc phocéen. Deux buts encaissés, un collectif atone, et une équipe qui donnait l'impression de jouer un match de gala de fin de saison plutôt qu'une confrontation à valeur de finale.

Ce type de contre-performance face à un adversaire en difficulté possède une résonance particulière dans le football français. On se souvient que Lyon, sous Gérard Houllier puis Peter Bosz, a souvent trébuché contre des équipes inférieures dans des moments clés, laissant filer des titres qui semblaient acquis. L'OM a cette tradition douloureuse de se saborder quand l'horizon s'éclaircit trop vite. La saison 2023-2024 en est un exemple douloureux. La question qui se pose ce matin n'est pas seulement tactique — elle est mentale.

Roberto De Zerbi, technicien réputé pour son jeu offensif et sa capacité à transformer collectivement une équipe, semble se heurter à un plafond de verre. Le technicien italien a construit à Brighton quelque chose de cohérent sur la durée, mais le projet marseillais est soumis à une temporalité bien différente, dictée par les exigences d'une qualification en Ligue des champions. À ce stade de la saison, chaque faux pas reconfigure les calculs sur les cinq ou six dernières journées. Et les concurrents directs de l'OM observent, attentifs.

Benatia, le dirigeant sous pression de sa propre ambition

Medhi Benatia n'est pas n'importe quel directeur sportif. Ancien défenseur central de la Juventus et du Bayern Munich, habitué aux arènes européennes les plus exigeantes, il a intégré Marseille avec une vision claire et une parole tranchante. Ses prises de position publiques sont légion, son engagement affiché total. C'est précisément cela qui rend sa sortie d'hier à la fois compréhensible et problématique.

Un dirigeant qui s'expose autant en cas de succès doit accepter de s'exposer aussi en cas d'échec — et de gérer l'image que cette exposition renvoie. Lizarazu ne lui reproche pas de ressentir. Il lui reproche peut-être de trop montrer. Nuance importante. Dans le management du sport de haut niveau, la façade compte. Pas par hypocrisie, mais parce qu'elle protège le groupe. Zinédine Zidane ne souriait jamais après une défaite, mais il ne se donnait pas en spectacle non plus. Il absorbait. C'est ça, la posture d'un grand club.

L'OM compte encore suffisamment de points pour prétendre à une place sur le podium et décrocher ce précieux billet pour la Ligue des champions — compétition dont le club a été absent pendant trop longtemps pour que la blessure soit banale. Statistiquement, la course reste ouverte, mais chaque point laissé en route ressemble désormais à une petite hémorragie. Avec cinq ou six journées à disputer selon les calendriers, l'équation est simple à formuler, complexe à résoudre.

Ce que cette soirée enseigne, surtout, c'est que l'OM reste un club volcanique — au sens propre et au sens figuré. Capable du meilleur, prompt au pire, exposé à ses propres émotions comme un adolescent qui apprend encore à gérer la pression. Benatia voulait construire une culture gagnante. Le chemin est encore long. Et Lizarazu, qui a connu les deux versants de la montagne — la gloire de 1998, les doutes des grandes désillusions en club — sait mieux que la plupart ce que ce chemin exige vraiment. Le message était peut-être aussi un miroir tendu à un club qui devra apprendre à souffrir en silence, si un jour il veut vraiment gagner en grand.

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