La Seleção débute son Mondial à Houston contre la RD Congo. Un premier test pour la machine portugaise, attendue comme l'une des favorites de la compétition.
Le Portugal n'a pas le droit à l'erreur. Voilà le message qui plane au-dessus du stade NRG de Houston, où la Seleção va affronter la RD Congo dans quelques heures. Ce premier match, en apparence anecdotique face aux Léopards de Kinshasa, revêt une importance capitale dans l'architecture mentale d'une équipe qui rêve d'aller au bout de ce Mondial.
Les compositions sont tombées. Et elles disent beaucoup sur les intentions de chacun. Le Portugal aligne sa sélection de gala, celle qui terrorise les défenses européennes depuis trois ans. Pas de surprise, pas de calcul. C'est du sérieux d'entrée, comme si le sélectionneur portugais avait décidé que la RD Congo ne serait pas une occasion de tourner en rond.
La Seleção teste sa mécanique de guerre
Quand on examine l'effectif aligné par le Portugal, on mesure immédiatement l'ambition affichée. Cristiano Ronaldo figure bien sûr au cœur du dispositif, mais ce qui frappe davantage, c'est l'homogénéité de cette formation. Les latéraux portugais contrôlent leur couloir avec l'aisance de routards qui ont joué ensemble des dizaines de fois. Le milieu de terrain ? Une forteresse. Ces garçons-là savent bloquer, relancer, construire. Ils l'ont prouvé pendant les éliminatoires, où le Portugal a encaissé à peine trois buts en dix rencontres.
Face à une RD Congo qui fait son retour sur la scène mondiale depuis 1998, cette supériorité technique saute aux yeux. Les Léopards se présentent en outsiders, avec l'humilité tactique de ceux qui savent qu'il faudra défendre bas et frapper sur les contre-attaques. C'est une stratégie classique face aux ténors. Mais contre le Portugal, face à des joueurs habitués à jouer à 120 km/h pendant 90 minutes, la marge d'erreur est infime.
Le vrai test, pour Lisbonne, ne sera pas de dominer le Congo. Le Portugal sait faire ça. Ce qui intéressera les observateurs, c'est la capacité de la Seleção à convertir sa possession en buts. Lors des éliminatoires, le Portugal avait frappé 36 fois en dix matchs. Des chiffres de rouleau compresseur. Mais une Coupe du monde, c'est différent. Les défenses y sont plus compactes, les gardiens plus concentrés. Houston sera le thermomètre de cette efficacité redoutée.
Trois ans de frustrations en quête de rédemption
Difficile d'oublier le dernier grand tournoi portugais. Euro 2020, une demi-finale brisée par la Belgique. Depuis, le Portugal attend. Il a construire, peaufiné, intégré de nouveaux visages. Gonçalo Ramos a explosé en club, apportant la profondeur offensive que la Seleção convoitait. João Félix scintille. Les arrières latéraux portugais, Nélson Semedo et une nouvelle génération en défense, forment un bloc redoutable.
Mais l'attente, justement, pèse. Depuis l'Euro 2016, où le Portugal avait remporté son premier trophée majeur contre la Grèce à Paris, la Seleção rêve d'un second titre. Un Mondial, c'est plus que ça. C'est l'apothéose d'une nation de foot. Et cette nation-là, avec son héritage Figo, Pauleta, Luis Figo, attend depuis 1966 un trophée suprême. Quarante ans. Presque une malédiction.
Affronter la RD Congo, c'est l'occasion de dérouler. Pas de piège historique, pas de revanche à prendre. Juste un adversaire à balayer pour s'approprier le groupe et entrer dans la dynamique du tournoi. Le Portugal, en réalité, se joue contre lui-même.
Houston, le premier verdict d'un long voyage
Ce match, c'est aussi le grand test de la stabilité émotionnelle. Le Portugal arrive à Houston avec les attentes d'une nation de 10 millions d'habitants qui croit dur comme fer que ce Mondial pourrait être le bon. Pas le rêve bleu français, pas la tradition allemande, mais quelque chose de plus vivace : la certitude qu'on a les joueurs, la stratégie, la mentalité.
La RD Congo, elle, vient chercher ses points. Le Congo ne débutera pas sur les trois points. Les Léopards ont d'ailleurs peu de choses à perdre. Jouer face au Portugal dans cette configuration, c'est du bonus. Mais c'est aussi une équipe qui connaît ses forces. Elle court vite, elle a de la technique, surtout en attaque. Si le Portugal relâche ne serait-ce que cinq minutes, le Congo aura ses occasions.
Houston sera le vrai baromètre. Un Portugal autoritaire rassurerait tous les observateurs. Un Portugal laborieux, même victorieux, sèmerait des doutes. Et dans un Mondial, les doutes, c'est comme les blessures : ça grandit à chaque match. La Seleção le sait. Elle viendra se rassurer.
À 18 heures locales, l'histoire de ce Mondial portugais va s'écrire. Pas sa conclusion, mais ses prémices. Et c'est déjà énorme.