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Football

Al-Khelaïfi sans filtre - Luis Enrique et Campos, sa plus grande fierté

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Le président du PSG a pris la parole lors du Forum et revendiqué son duo technique comme sa plus grande réussite à la tête du club.

Al-Khelaïfi sans filtre - Luis Enrique et Campos, sa plus grande fierté

« Avoir Luis Enrique comme entraîneur et Luis Campos comme directeur. » Nasser Al-Khelaïfi n'a pas cherché ses mots. Hier soir, au micro du colloque The Forum, le président du Paris Saint-Germain a choisi de mettre en lumière non pas un titre, non pas un chiffre d'affaires record, non pas une star planétaire recrutée à prix d'or — mais deux hommes. Deux profils qu'il a lui-même voulu, défendus, imposés. Ce n'est pas anodin. C'est même, si on y réfléchit deux secondes, une déclaration politique autant que sportive.

Le pari des deux Luis, assumé comme une victoire personnelle

Il y a quelque chose de fort dans cette sortie publique. Al-Khelaïfi aurait pu citer la Ligue des champions, les Coupe de France empilées, les stades pleins, les revenus commerciaux qui ont explosé depuis l'arrivée du Qatar Sport Investments en 2011. Il a choisi de parler de deux hommes. C'est un signal clair sur la direction que le PSG entend incarner durablement.

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Luis Campos, le Portugais au carnet d'adresses tentaculaire, a pris les rênes du recrutement à l'été 2022 après des années à façonner Monaco et Lille en véritables usines à talents. Son arrivée à Paris a coïncidé avec la fin du modèle Galactique — celui des Messi, Neymar, Mbappé cohabitant tant bien que mal dans un vestiaire ingérable. Campos a fait le ménage, restructuré la masse salariale, repositionné le club sur une logique de collectif. Pas simple à vendre aux supporters parisiens habitués aux feux d'artifice.

Luis Enrique, lui, a débarqué en juin 2023 au terme d'un processus de sélection que le club a voulu rigoureux. L'Espagnol n'était pas le choix le plus consensuel — certains rêvaient de José Mourinho ou de Zinédine Zidane, le fantasme éternel. Mais Al-Khelaïfi et Campos ont tenu bon. Et la première saison de l'entraîneur asturien a produit quelque chose d'inattendu : un PSG capable de jeu, de pressing, d'identité. Sans Kylian Mbappé, parti au Real Madrid en juillet 2024, le club a même tenu le choc en Ligue des champions, atteignant les demi-finales — une performance qui a scotché l'Europe.

Treize ans de règne qatari, un projet en perpétuelle reconstruction

Pour comprendre le sens de cette déclaration, il faut replacer le curseur. Depuis le rachat du PSG par QSI en 2011, le club parisien a traversé plusieurs ères distinctes, souvent brutalement interrompues. L'ère Carlo Ancelotti, romantique et prometteuse. L'ère Laurent Blanc, solide mais sans ambition européenne lisible. L'ère Unai Emery, chaotique. Puis la décennie Pochettino-Leonardo, marquée par l'overdose de stars et l'humiliation répétée en Ligue des champions — ce fameux huitième de finale retour contre le Real Madrid en 2022 reste une plaie ouverte dans la mémoire collective du club.

Le PSG a dépensé plus d'un milliard d'euros en transferts sur la seule période 2017-2022, accumulant des ego incompatibles sans jamais construire de projet cohérent. Le résultat sportif européen : aucun titre continental, une finale perdue contre le Bayern Munich en 2020 dans la bulle de Lisbonne. Beaucoup d'argent, peu de sens.

Al-Khelaïfi le sait mieux que quiconque. C'est lui qui a signé les chèques. C'est lui qui a défendu les recrutements de Neymar Junior pour 222 millions d'euros et de Lionel Messi en 2021 — deux paris qui n'ont pas produit les résultats escomptés sur la scène européenne. Revendiquer aujourd'hui le duo Campos-Luis Enrique comme sa plus grande fierté, c'est aussi, entre les lignes, une forme de mea culpa sur le modèle précédent. Une reconnaissance implicite que la surenchère n'était pas la bonne voie.

Un discours de présidence qui fixe le cap pour les années à venir

Ce genre de prise de parole publique ne s'improvise pas. Al-Khelaïfi est un président qui parle peu et calcule beaucoup. Quand il monte à la tribune d'un colloque aussi structuré que The Forum, il envoie des messages. Aux actionnaires du groupe, d'abord — QSI, entité liée à l'État du Qatar, qui a besoin de voir son investissement se valoriser sportivement autant que financièrement. Aux partenaires commerciaux ensuite, qui veulent savoir que le PSG a une vision stable, pas un club géré au gré des humeurs d'un vestiaire.

Mais ce discours s'adresse aussi, de façon plus subtile, au marché des entraîneurs et des directeurs sportifs. Féliciter publiquement Campos et Luis Enrique, c'est les fidéliser. C'est signaler à leurs potentiels courtisans — et il y en a — que Paris les protège, les valorise, les considère comme des piliers. Dans un football européen où les places de directeur sportif et d'entraîneur de top club se font rares, ce type de déclaration a une valeur contractuelle presque tangible.

Sur le terrain, la saison en cours confirme la cohérence du projet. Le PSG tourne avec un effectif rajeuni, des joueurs comme Ousmane Dembélé ou Khvicha Kvaratskhelia — recruté en janvier 2025 pour environ 70 millions d'euros — qui incarnent une nouvelle identité : technique, mobile, collective. Le club reste en course sur plusieurs fronts. La Ligue des champions demeure l'obsession absolue, le Graal que les propriétaires qataris n'ont jamais décroché malgré quatorze ans d'investissements massifs.

Al-Khelaïfi a posé ses mots hier soir avec la sérénité d'un homme convaincu d'avoir enfin trouvé la bonne formule. Reste à la convertir en titres européens. Parce qu'au bout du compte, dans le football de haut niveau, les plus grandes réussites se jugent en trophées. Et sur ce point-là, le PSG a encore tout à prouver.

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