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Football

À Marseille, le départ de Benatia fait tache d'huile

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Medhi Benatia a quitté l'OM. Voilà le symbole d'un projet en miettes à peine six mois après son lancement. Habib Beye chancelle déjà.

À Marseille, le départ de Benatia fait tache d'huile

Medhi Benatia s'en va. Le conseiller sportif de l'Olympique de Marseille, celui qui devait incarner la nouvelle ère, la stabilité, l'ordre de marche, s'est tiré. C'est peut-être le départ le plus symptomatique de ces dernières années à la Canebière. Non pas qu'il y ait eu tant de stabilité avant — football français oblige — mais celui-là, il sent vraiment le naufrage.

Benatia avait débarqué avec la certitude du projet pensé, ficelé, imparable. Un homme de réseau, un bâtisseur. Sauf qu'en football, les plans ne survivent jamais au premier coup de vent. Et à Marseille, on connaît le régime des tempêtes. Six mois. C'est tout ce qu'il aura tenu, ce nouveau directeur sportif censé apporter de la méthode à un club qui en manquait cruellement. Six mois pour comprendre que les rêves de pyramide structurelle, c'est joli sur le papier, mais que ça s'écroule vite quand l'équipe enchaîne les résultats décevants.

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Beye dans les cordes après trois mois de vraie galère

Maintenant, les yeux se tournent vers Habib Beye. L'entraîneur arrive tout juste de Ligue 2 en février, avec l'enthousiasme du mec qui monte à l'étage, et déjà il doit regarder par-dessus son épaule. Trois mois, à peine. Le temps de comprendre que l'effectif n'est pas celui qu'on lui avait promis, que les attentes des supporters de l'OM ne sont jamais satisfaites, et que la pression du Vélodrome, c'est autre chose que celle du stade Malherbe.

Beye n'a pas échoué techniquement, non — ça serait trop facile de résumer comme ça. Il s'est heurté à quelque chose de plus grand que lui : une institution qui se dévore elle-même. Quand le conseiller sportif qui t'a recruté fait ses valises après quelques semaines, tu dois te poser des questions. Des vraies. Genre : « Pour qui je suis censé travailler, au juste ? » Parce qu'à Marseille, la hiérarchie n'est jamais vraiment établie. Il y a toujours quelqu'un qui doute, qui change d'avis, qui renégotie. C'est l'ADN du club, c'est aussi son poison.

Le contexte sportif n'arrange rien. Les résultats ne sont pas au rendez-vous depuis des semaines. L'équipe manque de cohérence offensiv, avec à peine plus de un but marqué par match en moyenne sur les dernières sorties. La défense, elle, reste poreuse — 23 buts encaissés en 12 rencontres, c'est le chiffre qui tue. Et voilà qu'on perd d'un coup celui qui était censé construire la stratégie long terme. Ça ressemble à quoi, un projet long terme, quand celui qui le porte laisse tomber ?

La question qui fâche : qui gouverne vraiment à l'OM?

La vraie question, celle que les observateurs n'osent pas poser mais que tout le monde se fait, c'est simple : qui dirige vraiment ce club? Parce que Benatia s'en va, certes, mais pas parce qu'il a eu une épiphanie personnelle. Il s'en va parce que le projet auquel il croyait s'est effondré, ou parce qu'il a compris qu'il n'existait jamais vraiment. L'OM a besoin d'une gouvernance claire, pas d'une succession de figures de proue qui brillent trois mois avant de disparaître.

Beye, lui, se retrouve en première ligne pour gérer la suite. L'entraîneur devient capitaine d'un navire qui prend l'eau. C'est une position inconfortable. Pas parce qu'il n'est pas capable — on ne sait pas encore — mais parce que la confiance s'érode déjà. Les supporteurs de l'OM, ils savent compter. Ils ont vu Benatia partir. Ils verront que l'équipe ne gagne pas assez. Et ils attendront le moment où Beye fera de même.

Tout ça ressemble à un cycle. Un cycle vieux comme le football français. Arrival, enthousiasme, premiers problèmes, chute libre, départs précipités, recrutement d'urgence, nouveau cycle. Marseille en est un maître. Il suffit de regarder l'historique des cinq dernières années pour voir comment ça fonctionne. Et aucune raison que ça change cette saison.

Peut-on encore croire au redémarrage?

Reste une question stupide, naïve : peut-on vraiment construire quelque chose à Marseille en ce moment? Honnêtement, on n'en sait rien. Benatia pensait que oui. Il s'est planté. Beye pense que oui, probablement. Mais combien de temps tiendra-t-il avant de constater, lui aussi, que l'édifice n'existe que dans l'intention?

Le football adore les histoires de redémarrage. Les entraîneurs qui arrivent avec leurs idées neuves, les directeurs sportifs qui promettent l'ordre et la discipline. Marseille adore ces histoires aussi. Sauf qu'à force de les vivre, elles perdent de leur charme. Elles deviennent juste un symptôme de plus d'une institution qui ne sait pas ce qu'elle veut.

Beye aura une chance, bien sûr. Les entraîneurs en ont toujours une. Mais il commence avec le handicap de voir partir le mec qui l'a embauché presque aussi vite qu'il est arrivé. C'est mauvais signe. À Marseille, quand ça commence comme ça, ça continue comme ça. Le départ de Benatia n'est pas un point final. C'est juste le début de la fin d'un énième cycle.

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