La Suède cartonne d'entrée à la Coupe du Monde 2026 avec un succès fleuve contre la Tunisie. Alexander Isak brille, mais l'absence de Zlatan Ibrahimovic fait jaser.
Alexander Isak a décidé de ne pas jouer les figurants. Le buteur sort ses crocs dès la première sortie de la Suède à la Coupe du Monde 2026, transformant la rencontre face à la Tunisie en véritable fête offensante. 5-1. Un score qui flatte à peine les Nordiques tant leur maîtrise s'est révélée totale. Pendant que les hommes de Janne Andersson écrasaient tranquillement leurs adversaires, un autre géant suédois préférait regarder ailleurs.
Zlatan Ibrahimovic a opté pour l'UFC plutôt que de suivre son équipe nationale. Le timing interroge. Le légendaire attaquant, figure tutélaire du foot suédois, a choisi de ne pas se rendre au stade pour contempler la démonstration de ses compatriotes. Strange choice.
Pourquoi cette Suède enflamme déjà les faveurs?
Isak n'a pas traîné. Le Newcastle United a ouvert la marque avec l'aisance de celui qui sait exactement où sera le ballon avant ses défenseurs. Viktor Gyökeres, le phénomène de Sporting, a suivi en martelant un doublé qui a achevé tout suspens avant le repos. Trois buts en première période, c'est l'empreinte d'une équipe qui a compris l'exercice en groupe.
La Suède respire la confiance. Andersson a construit quelque chose de solide, loin des débordements tactiques. Ce n'est pas du beau jeu étudiant, c'est du foot cruel, efficace, pensé. Les Tunisiens se sont retrouvés pris de vitesse dans une forêt de jambes blondes. Ils ont marqué pour l'honneur par l'intermédiaire de leur penalty, mais qui s'en souvenait cinq minutes plus tard?
Les statistiques parlent crûment: la possession (62%), les tirs cadrés (9 contre 2), les passes décisives qui ont fleuri sans essoufflement. C'est cela, une vraie équipe de Coupe du Monde. Pas une agglomération de talents qui se croisent sur le terrain. Une machine.
Et Zlatan dans tout ça, il jouait ou il regardait ailleurs?
L'absence du colosse milanais des années 2000 et 2010 soulève des questions. Ibrahimovic entretient depuis des années un rapport complexe avec le foot national. Combattant de cœur malgré tout, il aurait pu se manifester pour épauler moralement ses frères d'armes. Au lieu de cela: direction l'UFC, le spectacle pur, la violence contrôlée, l'univers qu'il ne maîtrise pas mais qui l'hypnotise.
C'est une rupture symbolique. Une légende vivante qui choisit l'amphithéâtre de combat plutôt que le stade. On la comprend moins que jamais, sauf si on accepte que Zlatan s'appartient avant tout, que les récits collectifs l'intéressent moins que ses propres quêtes. Il aura ses raisons. Peut-être que regarder Isak briller, c'était impossible. Peut-être que le foot suédois sans lui, c'était trop.
Quoi qu'il en soit, la machine du côté de l'équipe nationale tourne sans lui. Elle tourne même très bien.
Quel est le vrai défi qui attend cette Suède maintenant?
Un 5-1 contre la Tunisie, c'est merveilleux pour la confiance. Mais la Coupe du Monde, c'est aussi se battre contre les mastodontes. Les équipes qui défendent en bloc, qui ne vous laissent pas respirer, qui attendent la rupture avec des crocs sortis. Gyökeres et Isak auront rendez-vous avec des arrière-gardes dignes de ce nom. Là où l'imparable devient simplement bon. Là où les certitudes volent en éclats.
Le groupe de la Suède ne manque pas de pièges. Andersson le sait. Il sait aussi qu'une victoire d'accalmie ne vaut rien si elle n'est pas suivie d'autres. Le foot punît ceux qui chantent victoire trop tôt. Les Suédois ont commencé fort. Ils doivent maintenant prouver qu'ils peuvent garrotter les gros.
Cette Coupe du Monde 2026 s'annonce riche d'enseignements. Pour la Suède, pour Alexander Isak qui doit confirmer qu'il est vraiment ce buteur de haut étage que tout le monde rêve de voir. Et pour Zlatan, qui regardera les matchs suivants depuis son canapé, peut-être avec un sourire mi-figue mi-raisin, en pensant à ce qu'il aurait pu faire s'il avait dix ans de moins et une bonne raison de revenir.