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Allemagne en crise - après le Paraguay, la Mannschaft cherche ses coupables

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Éliminée en 1/16e par le Paraguay à la Coupe du Monde 2026, l'Allemagne vit un cauchemar. À Berlin, on demande des comptes et des changements radicaux.

Allemagne en crise - après le Paraguay, la Mannschaft cherche ses coupables

Lundi soir, quelque part au Qatar ou en Amérique du Nord, le football allemand a basculé. Pas d'explosion dramatique, pas de but en or au 120e. Juste l'inexorable marche vers la sortie face au Paraguay en 1/16e de finale de la Coupe du Monde 2026. Une équipe quatrième nation de l'histoire de cette compétition, revenue avec ses valises après deux matches — ou presque. À Berlin, à Munich, à Cologne, on ne parle plus d'échec sportif. On parle de débâcle. Et déjà, les couteaux s'aiguisent.

Le Paraguay, ce n'est pas une puissance mondiale. Avec tout le respect qu'on doit à la sélection sud-américaine, personne ne voyait Gustavo Alfaro et ses joueurs éliminer la Mannschaft. Et pourtant. L'Allemagne n'a pas joué. Ne s'est pas battue. S'est contenée de gérer, de traverser le match comme on attend un bus sous la pluie, résigné, sans grande conviction. Trois défaites sur quatre rencontres en phase de groupes déjà. Voilà ce qu'on retient vraiment.

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Comment en est-on arrivé là pour la Mannschaft ?

Rappelons les faits : l'Allemagne a débarqué à cette Coupe du Monde 2026 avec un bilan moyen. Les éliminatoires ? Franchis, oui, mais sans cette autorité naturelle qui caractérisait les générations précédentes. Julian Nagelsmann, nommé sélectionneur pour cette campagne, avait la charge de redresser une équipe affaiblie. Mais voilà, redresser et reconstruire, c'est deux choses différentes.

Le problème ? Une ligne d'âge qui craque de partout. Les cadres historiques ont vieilli ou disparu. Manuel Neuer vit ses dernières années, les défenseurs d'expérience se font rares. Au milieu, on compte sur des jeunes talents qui ne font pas le poids en phase finale. Et devant, l'attaque manque de tranchant, de joueurs qui acceptent de se battre dans les tranchées du football moderne. Trois buts marqués en quatre rencontres, c'est l'indicateur d'une équipe à la dérive.

Nagelsmann a hérité d'une Mannschaft en transition mal gérée. Hansi Flick, son prédécesseur, avait laisser les choses pourrir entre la Coupe du Monde 2022 et ces qualifications. Des tensions en coulisses, des choix discutables, une confiance ébranlée. Et cette fois, il n'y a plus d'échappatoire : on ne peut pas rejeter la faute sur le passé quand on est sortant de finale du tournoi précédent.

Qui paiera le prix fort pour ce fiasco ?

À la DFB, la Fédération allemande, les téléphones chauffent. Les patrons savent que quelques tête vont tomber. Nagelsmann sera le premier interrogé. Pas pour être viré immédiatement — les Allemands ne fonctionnent pas comme ça, ils réfléchissent, analysent, puis tranchent — mais pour justifier ses choix tactiques, son système de jeu, sa gestion du groupe.

Y a-t-il eu des dissensions dans le vestiaire ? Des joueurs remettant en question les orientations tactiques ? C'est possible. La presse allemande adore creuser ces questions. Et elle va creuser. D'ailleurs, certains cadres commencent déjà à se préparer mentalement à leur départ. Neuer, c'est quasi certain, sera invité à ranger ses gants. Les défenseurs vieillissants aussi.

Mais au-delà des hommes, c'est tout le système de formation allemand qui sera remis en question. Pourquoi les jeunes talents ne progressent-ils plus comme avant ? Pourquoi la transition générationnelle est-elle aussi chaotique chez un pays qui avait inventé la perfection collective ? La Bundesliga produit-elle encore des champions mondiaux ou juste des joueurs régionaux ? Ces questions vont obséder les débats à Berlin pendant des mois.

Quel avenir pour la Mannschaft après cette humiliation ?

L'Allemagne devra se reconstruire de zéro. Ou presque. Cela signifie probablement un nouveau sélectionneur, peut-être même issu de Bundesliga — certains noms circulent déjà. Un projet de trois ou quatre ans pour revenir à la compétition sérieusement, en vue de l'Euro 2028 et au-delà. C'est humiliant pour une nation qui a remporté quatre Coupes du Monde.

Les jeunes joueurs du pays vont devoir grandir à toute vitesse. Florian Wirtz, Jamal Musiala, Alejandro Balde — s'ils sont tous restés dans le projet — doivent devenir des monstres tactiques et mentaux. Le développement des jeunes talents passera par une rupture claire : oublier l'héritage, cesser de se comparer aux équipes de 2014, construire quelque chose de neuf et de brutal.

La vraie question maintenant, c'est la patience de la DFB et des supporters. L'Allemagne a l'habitude de rebondir. Mais rebondir après un 1/16e ? C'est un choc du système. Un défi d'ego collectif immense. Et ça, c'est peut-être pire que n'importe quel score.

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