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Petković assume ses choix forts pour la Coupe du Monde algérienne

Par Antoine Moreau··5 min de lecture·Source: Footmercato

Le sélectionneur Vladimir Petković a dévoilé dimanche sa liste de 27 joueurs pour le Mondial. Kebbal, Bounedjah et Bentaleb absents : le technicien serbe justifie ces décisions explosives.

Petković assume ses choix forts pour la Coupe du Monde algérienne

Vladimir Petković n'a pas contourné la question. Dimanche, en révélant sa convocation de 27 joueurs pour la Coupe du Monde avec la sélection algérienne, le sélectionneur serbe s'est projeté directement sur les absentences qui font du bruit. Pas de faux-fuyants, pas de langue de bois habituelle des conférences de presse diplomatiques. Petković a explicitement justifié ses choix les plus brûlants, acceptant de répondre à la polémique avant même qu'elle ne s'installe vraiment.

L'absence de Yacine Bounedjah, attaquant majeur de la sélection avec 38 sélections, n'est pas passée inaperçue. Celle de Nabil Bentaleb, footballeur d'expérience qui a côtoyé les plus grands clubs européens, davantage encore. Et puis il y a ce dossier Kebbal qui divise les observateurs des Fennecs depuis des semaines. En convoquant 27 éléments au lieu des 23 réglementaires, le sélectionneur a voulu se donner de la latitude. Quatre gardiens au lieu des trois habituels, une réserve stratégique en amont du tournoi mondial.

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C'est une première lecture de la situation : Petković prépare activement la compétition. Il ne s'agit pas d'une liste purement indicative que tout le monde comprendrait comme provisoire. Le technicien serbe regarde le Mondial comme une montagne à escalader, étape par étape, sans certitude sur la forme physique de chacun à la date fatidique. Dans ce contexte, éliminer trois noms majeurs demande une assurance particulière.

Bounedjah et Bentaleb, deux murs qui vacillent

Bounedjah, c'était un pilier. Avant cette décision du sélectionneur, le buteur de Al-Sadd incarnait la continuité de l'Algérie à la pointe de l'attaque. 38 sélections, 13 buts en vert blanc rouge, une expérience brute, une réputation établie. Or Petković estime que le moment où le joueur franchit les 30 ans coïncide avec des arbitrages sportifs cruels. L'attaquant ne répond plus aux critères physiques ou tactiques demandés pour concourir au plus haut niveau mondial. Le sélectionneur ne cache pas cette analyse.

Bentaleb, lui, surgit davantage encore de l'ombre du débat français. Le milieu offensif a traversé la Ligue 1, a eu son instant Lille, puis Angers. Il compte 74 présélections avec l'Algérie pour 34 capes officielles. Chiffres respectable. Mais à l'heure où Petković scrute chaque milliseconde de préparation, il observe un Bentaleb aux prises avec des questionnements périphériques, une stabilité mentale exposée, une continuité de forme qui n'existe plus au même niveau. Le technicien a tranché sans dramatiser : le joueur ne monte pas avec nous.

Ce qui frappe dans l'approche de Petković, c'est l'absence totale de sentimentalisme. Il n'y a ni égards pour la réputation passée ni compassion pour les murs qui s'érodent. Juste une coldness stratégique où le sportif prévaut. L'Algérie joue sa qualification de groupe. Elle ne peut pas se permettre de véhiculer des noms prestigieux devenus chronophages à la préparation.

Kebbal, le pari du sélectionneur sur le renouveau

Kebbal revient régulièrement dans les discussions, presque comme une obsession. Son absence ou sa présence revêt une charge symbolique importante. Petković a compris que ce dossier serait examiné à la loupe par les médias algériens, par les amateurs de football en ligne, par les proches du joueur himself. Il a donc choisi de ne pas ignorer la question mais de la structurer dans son récit de sélectionneur.

Le choix du sélectionneur dit ceci : l'Algérie progresse en intégrant des profils modernes, dynamiques, en phase avec le contexte tactique du football mondial contemporain. Kebbal, jeune, affamé, représente cette trajectoire nouvelle que Petković entend emprunter. C'est un pari générationnel enrobé dans une convocation technique.

Ces décisions révèlent aussi la volonté de ne pas transporter du lest émotionnel au Mondial. Chaque joueur de la liste des 27 doit répondre à un cahier des charges précis établi par le sélectionneur. Pas de place pour les exceptions, pour les crédits d'ancienneté. La Coupe du Monde efface les histoires, elle ne retient que les performances brutes.

Quatre gardiens pour mille imprévus

La décision de convoquer quatre portiers plutôt que trois cristallise la philosophie de Petković face à ce Mondial. C'est un signal fort adressé à ses propres collaborateurs et aux observateurs externes : chaque position recèle des incertitudes. Combien d'accidents musculaires, de blessures mineures qui dégénèrent, d'ajustements tactiques qui imposent un changement de physionomie dans la hiérarchie gardienne ?

En convoquant 27 joueurs, le sélectionneur se donne un matelas de sécurité. Quatre capes pour élire le numéro un, c'est aussi dire que la compétition interne continuera jusqu'à la dernière minute. Aucun gardien n'est blindé. Aucun n'a d'assurance écrite avant le premier match officiel.

Vladimir Petković sait que l'Algérie ne peut pas se payer le luxe des approximations au Mondial. Chaque convocation doit être défendable, chaque absence doit être justifiable. En assumant publiquement ses choix brûlants, le sélectionneur serbe impose une forme de légitimité à ces décisions. Il dit aux Algériens : voilà pourquoi j'ai agi ainsi, voilà le diagnostic. Libre à vous de juger, mais sur la base de faits tangibles et non de rumeurs de couloir.

Les prochaines semaines diront si Petković a vu juste. Si Bounedjah brille ailleurs tandis que la sélection cale en attaque, les critiques afflueront. Si Bentaleb retrouve une forme époustouflante et que les Fennecs manquent de créativité, les regrets s'exprimeront. C'est le risque des choix tranchants : ils génèrent des histoires contrefactuelles qui hantent les sélectionneurs vaincus. Petković, lui, a clairement indiqué qu'il préférait la clarté à l'ambiguïté. Et qu'il vivrait avec les conséquences de ses convictions.

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