Convoqué par Ancelotti pour 2026, Neymar inquiète déjà au Brésil. Sa nouvelle blessure ravive les doutes sur sa capacité à tenir jusqu'au Mondial.
Au Brésil, on a arrêté de compter les blessures de Neymar Junior comme on compte les trophées. Chaque nouvel arrêt physique du numéro 10 de la Seleção provoque le même soupir résigné dans les cafés de Rio, à São Paulo, partout où le football respire encore. Cette fois, ce n'est pas différent. Pire, c'est peut-être pire, parce que la machine à espoirs brésilienne vient de recevoir un diagnostic qu'elle redoutait : celui d'un homme qu'on avait envoyé à Al-Hilal pour le préserver, et qui revient fracassé avant même d'avoir commencé sa quête pour la Coupe du Monde 2026.
Quand Ancelotti parie sur un blessé chronique
Carlo Ancelotti a tranché. Le sélectionneur brésilien a maintenu Neymar dans sa dernière liste de convocation, malgré une accumulation de signaux d'alerte qui donnerait à réfléchir n'importe quel entraîneur doué de bon sens. Mais voilà, Ancelotti n'est pas n'importe qui, et il connaît Neymar depuis longtemps. Il sait ce qu'il peut apporter sur le terrain. Il sait aussi qu'en football, on ne renonce jamais tant qu'il y a une pulsation. Sauf que le pari était déjà risqué avant cette nouvelle blessure.
Le joueur de 32 ans, ancien du Paris Saint-Germain et du Barcelone, devait être la colonne vertébrale du projet brésilien pour le prochain Mondial. Un homme capable de changer un match en dix secondes, de transformer une équipe en équipe d'assassins. Mais depuis son départ pour l'Arabie Saoudite, en 2023, Neymar a passé plus de temps à l'infirmerie qu'à l'entrainement. Les genoux, les chevilles, les muscles, tout semble fragile chez lui maintenant. Et le peuple brésilien, qui adorait ce gamin vif de Praia Grande quand il arrivait aux PSG, commence à regarder ailleurs.
Cette nouvelle blessure intervient dans un contexte où les interrogations sur sa sélection ne cessaient de grandir. Depuis trois ans, nombreux sont ceux qui demandaient : pourquoi persister avec Neymar quand des profils plus fiables, plus jeunes, plus affamés, se pressaient aux portes de la Seleção ? Pourquoi lui offrir une dernière danse alors qu'il y a tant de risques à le faire danser ?
L'Arabie Saoudite, le dernier refuge d'une légende essoufflée
Al-Hilal paraissait être une solution de confort. Un endroit où Neymar pourrait conserver sa flamme, encaisser quelques millions supplémentaires, et rester au contact du football de haut niveau sans les exigences physiques du championnat européen. Sur le papier, c'était logique. En réalité, c'est devenu un purgatoire. Le joueur n'a jamais vraiment trouvé ses marques dans la Saudi Pro League, où il a disputé 7 matchs pour 2 buts et 2 passes avant de se blesser dès son arrivée.
Les statistiques parlent d'elles-mêmes : depuis 2022, Neymar n'a joué que 70 matchs en deux ans, quand un attaquant de sa trempe devrait en disputer 50 par saison sans respirer. Son taux de disponibilité ressemble à celui d'un véhicule ancien qui passe plus de jours au garage qu'à tourner sur la route. Et encore, c'est quand il joue qu'on se pose des questions sur sa forme. Pas de rythme compétitif, pas d'intensité, pas de cette étincelle qui faisait de lui l'héritier de Pelé aux yeux des Brésiliens.
Ancelotti avait probablement espéré que quelques mois à Al-Hilal suffiraient pour le remettre en selle. Une forme physique retrouvée, une confiance restaurée, et voilà Neymar qui arrive à la Coupe du Monde comme un missile enflammé. Sauf que les plans, en football, ne survivent jamais à la réalité du terrain. Et la réalité du terrain, c'est que Neymar se blesse encore. Toujours. Éternellement.
2026, un Mondial sans Neymar est-il possible?
La vraie question que se pose le Brésil, c'est celle-ci : comment gagner une Coupe du Monde en comptant sur quelqu'un qui ne peut pas être compté dessus ? Avec Vinícius Júnior, Rodrygo, Endrick qui poussent à la porte, avec une génération de relève que le reste du monde envie, pourquoi s'encombrer d'un homme blessé ? C'est la logique qui commence à dominer au Brésil.
Les observateurs les plus avisés murmurent déjà que le sélectionneur ferait mieux de préparer une équipe sans Neymar dès maintenant. Pas par manque de respect, mais par réalisme. Une blessure capitale à trois ans du Mondial, c'est un signal. C'est l'univers qui crie : « Cherchez un plan B ». Et il n'y a pas de honte à écouter l'univers.
Pour Ancelotti, le pari est colossal. S'il gagne, il sera le génie qui a su ressusciter Neymar et ramener une sixième étoile au Brésil. S'il perd, il sera le technicien qui n'a pas su voir ce que tout le monde voyait : qu'une légende était en train de devenir un luxe trop cher. Quelque part entre ces deux mondes, il y a la réalité : un joueur magnifique qui vieillit mal, et un football qui ne pardonne rien aux blessures chroniques.
En attendant, les infirmiers de la Seleção commencent à préparer le lit du roi du Carnaval. Ça devient une habitude, malheureusement.