Déjà amputée de Panichelli et Foyth, l'Argentine voit s'éloigner un troisième cadre. Nico Paz plie sous le poids des blessures alors que la Coupe du Monde approche.
Quand un joueur de talent commence à disparaître des feuilles de match, les questions deviennent insistantes. Nico Paz, le milieu de terrain argentin de 21 ans, basculé dans le doute à quelques semaines du rendez-vous mondial. Une absence musculaire qui s'éternise, des semaines qui s'écoulent sans certitude de retour, et voilà que le sélectionneur argentin doit envisager l'impensable : passer la plus grande compétition sans l'une de ses promesses.
Paz se consume en convalescence
Les chiffres racontent une histoire peu rassurante. Nico Paz a manqué huit rencontres consécutives de son club pour des pépins musculaires qui ne lâchent prise. Pas une petite entorse, pas une gêne gérable : une vraie blessure qui empêche un jeune homme en pleine ascension de contribuer au jeu. À 21 ans, c'est l'instant critique où chaque semaine compte, où l'absence d'une compétition majeure peut redessiner une carrière entière.
Son club attend toujours son retour à l'entraînement collectif. Les médias argentins ne cachent plus leurs craintes. Pas tant parce que Paz est une star établie, mais parce qu'il représente cette génération qui doit perpétuer la dynastie des Messi. La sélection argentine, vice-championne du monde en titre, ne peut pas s'offrir le luxe de perdre ses pièces maîtresses à cette période de l'année.
Ce qui rend la situation particulièrement cruelle : Paz dispose d'un profil que peu de pays possèdent. Ses 8 matchs manqués ne sont pas tant une statistique qu'une absence palpable, un vide que ses coéquipiers sentent chaque dimanche.
Une Argentine déjà fragilisée par les absences
L'effectif argentin s'amenuise dangereusement avant la compétition. Joaquín Panichelli avait déjà dû déclarer forfait. Juan Foyth, défenseur de stature internationale, a suivi. Et maintenant, c'est au tour de Paz de basculer vers l'incertitude. Trois noms, trois vides, trois rappels que les calendriers surcharges ne pardonnent pas aux plus jeunes.
Le contexte n'arrange rien. L'Argentine arrive à cette Coupe du Monde en tant que championne en titre, ce qui augmente exponentiellement la pression. Chaque blessure devient une catastrophe potentielle. Chaque absence un sujet de débat inflammable dans les médias porteños. Les supporters argentins, affamés d'un nouvel exploit après le sacre de 2022, tolèrent mal l'imprévu.
Paz n'est pas Messi, bien sûr. Mais il symbolise cette relève que l'équipe nationale doit construire maintenant, avant que le n°10 ne disparaisse définitivement des terrains. Toute compétition manquée à cet âge-là laisse des traces. Les jeunes joueurs qui n'ont pas connu la compétition maximum au moment où leur courbe monte rapidement peinent à rattraper ce décalage émotionnel.
Le temps presse et les décisions arrivent
Les entraîneurs savent que l'attente n'éternise pas les miracles. Chaque jour qui passe sans nouvelles positives renforce la probabilité que Paz ne soit pas de la partie. Les tests musculaires auront un verdict. Les staff médicaux argentins doivent trancher : prendre un risque en l'alignant pas totalement remis, ou accepter l'absence et composer sans lui.
L'ironie, c'est que Paz avait enfin trouvé sa stabilité avant cette malchance. Le joueur formé à Real Madrid puis évoluant dans le championnat argentin avait acquis une régularité de performance. Ses apparitions s'accumulaient, son potentiel se concrétisait. Et puis cette blessure venue casser la dynamique, un mur invisible qu'aucun talent n'échappe à franchir quand le corps refuse de coopérer.
Le sélectionneur argentin dispose d'options. Bien sûr. Mais ce n'est pas une question de remplaçants disponibles. C'est une question de séquence, de timing, de ces intangibles qui font la différence en Coupe du Monde. Paz aurait pu être le coup de fraîcheur. À la place, il devient un point d'interrogation chaque matin du staff. Chaque entrainement qu'il rate, ce sont des combinaisons d'attaque qui n'existent pas en match d'entraînement. Ce sont des automatismes qui ne se créent pas. Ce sont des certitudes qui s'effritent.
Les jours qui suivent seront déterminants. Pas pour Paz seul, mais pour une sélection Argentine qui commence à ressembler à un puzzle auquel on manque les pièces maîtresses. La Coupe du Monde attendra les blessés, mais elle ne les pardonne jamais vraiment.