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Football

Baldini sort l'artillerie lourde contre les dirigeants italiens

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Le sélectionneur intérimaire Silvio Baldini ne mâche pas ses mots : le football italien s'effondre à cause de ses dirigeants, et le PSG en est la preuve vivante.

Baldini sort l'artillerie lourde contre les dirigeants italiens

Silvio Baldini n'a pas la réputation d'un homme qui tourne autour du pot. Quand il s'installe à la table de conférence de presse, on sait qu'il va y avoir du grabuge. Cette fois, le sélectionneur intérimaire de l'Italie a vraiment mis le feu aux poudres, transformant une simple question sur le déclin transalpin en réquisitoire sans concession contre l'establishment footballistique italien. Le contexte ? Gennaro Gattuso qui s'en va, la débâcle en Bosnie-Herzégovine, et une sélection qui s'enroule dans les cordes. Mais pour Baldini, le problème n'est pas tactique. C'est systémique.

Pourquoi le PSG devient soudain la métaphore de la décadence italienne ?

C'est par cette comparaison étonnante que Baldini a choisi de frapper. Le PSG. Un club français qui a acheté l'excellence au prix fort, qui parade ses trophées, qui fascine par son argent. Mais qui échoue justement quand cela compte vraiment. La Ligue des champions, ce Graal que Paris convoite depuis 2011, reste inaccessible. Et Baldini d'établir le parallèle implacable : l'Italie, comme le PSG, a oublié qu'on ne construit pas une équipe nationale avec des paillettes. On la bâtit avec de la méthode, de la cohérence, et surtout avec des dirigeants qui savent où ils vont.

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Le sélectionneur dénonce ainsi une direction fédérale qui change de cap au gré des vents, qui nomme et révoque les entraîneurs sans vraie stratégie, qui laisse pourrir les structures de base. En deux décennies, l'Italie a dévalué comme devise. De la Coupe du monde 2006 à aujourd'hui, c'est une lente hémorragie. Et Baldini refuse de faire porter ce poids à des joueurs ou à un entraîneur. C'est l'ADN d'une fédération qui s'est fourvoyée.

Les dirigeants italiens sont-ils vraiment responsables du fiasco bosniaque ?

Il ne faut pas voir Gennaro Gattuso comme un bouc émissaire qu'on sacrifie. Le problème remonte bien plus haut. Gattuso était le symptôme visible d'une maladie invisible. La Bosnie a simplement confirmé ce que beaucoup suspectaient : l'Italie ne joue plus au football, elle le subit. Pas d'effectif de qualité suffisante, une préparation erratique, une confiance en lambeaux. Voilà le résultat quand une fédération navigue à vue depuis des années.

Baldini pointe du doigt la gestion des talents. L'Italie a laissé partir ses meilleurs joueurs sans construire la relève. Elle a misé sur des coaches sans vision long terme. Elle a accepté une médiocrité progressive en Serie A, ce championnat qui abreuvait jadis les sélections de talents bunkérisés et techniques. Aujourd'hui, combien de Gianluca Vialli ou d'Alessandro Del Piero émergent du football italien ? Presque personne. Les meilleurs, quand ils apparaissent, sont happés par l'étranger ou étouffés par des structures rouillées. La Fédération italienne a laissé s'éroder ses fondations pendant qu'elle rêvait encore aux succès passés.

Le départ de Gattuso, donc, n'est pas une solution. C'est un aveu de faiblesse de plus. Baldini, en acceptant l'intérim, sait pertinemment qu'on lui demandera de redresser un paquebot avec un canif. Il ne se fait aucune illusion, d'où cette sévérité. Il parle en homme libre, conscient que les vraies réformes demandent une audace que la bureaucratie romaine n'a jamais eue.

La comparaison avec le PSG peut-elle vraiment tenir ?

Oui, mais avec nuance. Paris a des excuses, au moins financières. Le PSG galère en Europe malgré Mbappé, Neymar avant lui, Cavani, Thiago Silva. Des joueurs de classe mondiale qui ne suffisent pas sans un projet cohérent. L'Italie, elle, n'a même plus les joueurs. Elle a juste des prétentions.

La différence, c'est qu'on peut réformer une fédération en dix-huit mois si on le veut vraiment. Le PSG est structurellement bloqué par des erreurs d'architecture massive. Mais l'Italie ? Elle aurait pu préparer cette transition depuis cinq ans. Elle aurait pu stabiliser ses entraîneurs, valoriser ses académies, bâtir une continuité. Au lieu de cela, elle a tergiversé. Elle a joué les apprentis sorciers.

Baldini envoie donc un message très clair aux décideurs : le football italien ne périra que s'il reste aux mains de ceux qui l'ont déjà blessé. C'est un appel à la révolution douce, en quelque sorte. Parce qu'une révolution bruyante, l'Italie l'a assez connue avec les changements de sélectionneur tous les dix-huit mois.

Le sélectionneur intérimaire a raison sur un point fondamental : il est plus facile de pointer du doigt un pauvre entraîneur que d'affronter l'incompétence sereine d'une bureaucratie qui se perpétue. Mais en France aussi, on connaît ce jeu. Il suffit de regarder comment les fédérations gèrent les talents. Baldini n'invente rien, il reconnaît juste un pattern universel : quand la direction abdique, c'est toute une nation sportive qui trinque.

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