À peine arrivé en Argentine, le président de River Plate prépare un marché des transferts ambitieux. Objectif: redonner des couleurs au géant de Buenos Aires.
Pablo Longoria ne traîne pas. Quelques semaines à peine après son arrivée à River Plate, le président français a déjà mis la machine en marche pour transformer le club argentin en véritable forteresse du mercato. Les rumeurs s'accumulent, les négociations s'accélèrent, et Buenos Aires retient son souffle. Millonarios va-t-il enfin revenir au niveau qui fut le sien?
Longoria, c'est celui qui a fait ses preuves à l'Olympique de Marseille en construisant des effectifs compétitifs malgré des budgets souvent serrés. Il sait transformer une équipe, négocier, flairer les talents cachés. À River, il entend appliquer la même philosophie, mais cette fois avec des moyens potentiellement plus importants. Le club argentin n'est pas en ruine financièrement, contrairement à ce que certains croient. Il souffre surtout d'une gestion molle, de choix sportifs discutables, d'une stratégie qui s'est perdue en route.
Un homme des urgences face à la chute de River
River Plate, c'est une institution. Le club a remporté la Copa Libertadores en 2015 et en 2018, les plus grands championnats d'Amérique du Sud. Mais voilà: depuis quatre ou cinq ans, les résultats patinent. Les dernières saisons ont vu Millonarios terminer loin de la première place du championnat argentin. Les jeunes talents s'en vont. Les investissements ne paient pas. L'ambiance au Estadio Monumental s'est alourdie, chargée de frustration.
Longoria arrive dans ce contexte comme un coach pompier. Son CV parle pour lui: il a modernisé Valence, redonné l'espoir à Marseille, construit des structures qui fonctionnent. À 38 ans, il a l'expérience sans être un vieux routier usé. Il comprend les marchés, les ligues européennes et sud-américaines, les mécaniques des transferts dans les deux sens. Surtout, il sait où trouver de la qualité brute à bas prix.
Le contexte en Argentine joue en sa faveur. Le peso s'est effondré, les salaires locaux sont devenus ridiculement bas pour les joueurs européens. C'est paradoxalement une opportunité pour un club bien financé: attirer des vétérans qui cherchent à relancer leur carrière, ou des jeunes joueurs français, espagnols, portugais en quête de temps de jeu. Longoria maîtrise ces tuyauteries-là comme personne.
On ne sait pas encore tous les noms qui circulent, mais les échos qui remontent de Buenos Aires parlent d'ambition. River songe à attirer des profils importants, pas des joueurs de seconde zone pour les convaincre avec des sous. C'est la signature de Longoria: assembler un groupe avec une hiérarchie claire, des leaders, des jeunes affamés, des anciens qui ramènent l'expérience.
Le président français n'a pas attendu l'intersaison pour commencer. Pendant qu'en Europe on discutait des vacances estivales, lui préparait déjà ses coups. C'est ça qui montre que River ne plaisante pas: il y a urgence à revenir au sommet, et cette urgence doit se traduire par une vitesse de décision que les autres clubs, plus traditionnels, n'ont pas. En Argentine, la Coupe Libertadores reste le grand rêve. River ne l'a pas gagnée depuis 2018. Cinq ans, c'est une éternité pour un club de cette stature.
Les supporters de Millonarios, eux, commencent à respirer. Ils sentent qu'il se passe quelque chose. Pas des promesses vagues, mais une vraie volonté de reconstruction. Le mercato français depuis l'arrivée de Longoria a toujours été le moment où il trace sa vision: à Marseille, il y avait eu des arrivées marquantes qui changeaient tout. À River, ça devrait suivre le même scénario.
La relance de River dépendra des premiers résultats
Mais attention: fabriquer une belle équipe sur le papier, c'est une chose. La faire jouer comme une unité solide, c'en est une autre. Longoria devra prouver qu'il peut construire non seulement avec des transferts, mais aussi avec une philosophie de jeu claire. En Ligue 1, à Marseille, il avait parfois réussi, parfois moins. À River, les attentes seront colossales dès le moment où le premier match de la saison se jouera.
Les résultats décideront si ce mercato des rêves était un vrai projet ou juste de la poudre aux yeux. River va affronter une Coupe Libertadores avec une flopée de concurrents affamés: Flamengo, Palmeiras, Boca Juniors qui travaille aussi son effectif. Le championnat argentin restera compétitif. Longoria aura peut-être trois, quatre mois pour montrer des signaux positifs.
Ce qui est certain, c'est que l'homme ne fait jamais les choses à moitié. Quand il s'engage quelque part, il y va à fond. À River Plate, il a senti que le club avait un potentiel énorme, une histoire, une infrastructure, une passion de supporters qui ne demandent qu'à y croire à nouveau. C'est là-dessus qu'il joue. Et si le mercato commence comme prévu, Buenos Aires va trembler d'ici peu.