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Football

Balerdi s'effondre, l'OM perd son roc en pleine tempête

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Blessé à l'entraînement avec l'Argentine, Léo Balerdi manquera la Coupe du monde. Un coup dur pour l'OM qui voit son pilier défensif disparaître au pire moment.

Balerdi s'effondre, l'OM perd son roc en pleine tempête

Samedi matin, le couperet est tombé. Léo Balerdi ne jouera pas la Coupe du monde. Le défenseur de l'Olympique de Marseille, victime d'une blessure contractée lors d'une séance d'entraînement avec la sélection argentine, devra regarder depuis le banc la plus grande compétition internationale. L'annonce officielle n'a pris que quelques heures pour se confirmer. Pour l'OM, c'est un séisme.

Depuis son arrivée à Marseille en janvier 2023, Balerdi s'était métamorphosé. Plus que un défenseur central capable de jouer à gauche, il était devenu l'élément majeur de la charnière phocéenne, celui autour duquel Igor Tudor puis Jean-Éric Vergès construisaient leurs plans défensifs. Le gaucher argentin incarne cette stabilité retrouvée sur le flanc gauche, cette solidité que les supporters marseillais attendaient depuis des années. Ses 27 matchs en Ligue 1 cette saison — un taux de participation impressionnant — témoignaient de sa présence rassurante.

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Quand l'OM bascule en mode crise

Mais voilà : l'homme que l'équipe de France avait croisé trop souvent cette année, celui qui avait figé Mbappé, arrêté Benzema, face à qui tous les attaquants se heurtaient, disparaît. Et pas n'importe quand. À deux semaines des matchs cruciaux de décembre où l'OM doit confirmer son retour en Ligue 1, où chaque point compte pour accrocher les places européennes.

Léo Balerdi n'était pas qu'un mur défensif. Il représentait aussi une continuité, une certitude. Dans le chaos médiatique de ce club phocéen, où les entraîneurs arrivent et repartent comme des TGV, où les joueurs jouent au poker contre la direction, Balerdi s'était inscrit comme une constante. À 24 ans, il cristallisait enfin l'espoir d'une défense moderne et agressive. C'est ce qui rend sa blessure encore plus cruelle pour Marseille.

L'inconsolabilité de Balerdi, rapportée par les médias dès samedi, n'a rien d'étonnant. Manquer une Coupe du monde, c'est rater un rendez-vous civilisationnel pour un footballeur. C'est aussi abandonner ses coéquipiers argentins au pire moment possible. Mais pour l'OM, la déception est tout aussi vertigineuse. Le club marseillais perd un élément qui avait gagné 37 matchs de suite sans être remplacé — une statistique qui parle d'elle-même.

La bataille pour garder pied sans lui

Qu'en sera-t-il maintenant ? Jean-Éric Vergès, l'actuel entraîneur de Marseille, devra improviser. Samuel Gigot, c'est la solution évidente. Mais Gigot n'a pas le charisme de Balerdi. Il n'a pas cette connexion immédiate avec Chancel Mbemba, l'autre pion central de la charnière. Leur complémentarité — l'agressivité intelligente du gaucher face à la puissance du Congolais — faisait merveille. Gigot est plus classique, plus prévisible. Face à Lyon, Nice ou Toulouse, ça changera quelque chose.

Ce qui compte maintenant, c'est la durée de cette blessure. Les premiers indications suggèrent que Balerdi pourrait manquer entre 4 et 6 semaines. Janvier complet, peut-être février. En gros, le moment où Marseille joue son destin européen. Pas le Ligue 1 classique qu'on affronte les pieds légers. Les murs contre Francfort ou un autre géant continental, c'est une autre paire de manches.

Quand les murs s'écroulent

Il y a quelque chose d'injuste dans cette histoire. Balerdi ne s'est pas blessé en match, où le risque existe. Il s'est blessé à l'entraînement, avec sa sélection, en faisant son devoir envers l'Argentine. C'est ce qui rend la scène de lui, inconsolable, d'autant plus poignante. Son destin et celui de l'OM s'écroulent ensemble, au même moment, pour une raison qui échappe à toute logique sportive.

Marseille va devoir se réinventer à nouveau. C'est l'histoire de ce club : quand il commence à construire quelque chose, le monde casse sa maison. Mais cette fois, l'absence du bloc central qui tenait debout changera la géométrie du système défensif entier. Et les supporters, qui avaient enfin trouvé une raison de rêver à la stabilité, devront se préparer à compter les semaines avant le retour de leur homme. En attendant, Vergès devra bricoler. L'OM n'a jamais eu le choix que de bricoler.

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