Avec un doublé de Wahi, l'OGC Nice écrase l'ASSE 4-1 en barrage retour et assure son maintien en Ligue 1. Les Aiglons survivent à la tempête stéphanoise.
Evian Wahi a eu raison de toutes les angoisses du Stade Allianz Riviera. Longtemps bousculés par une AS Saint-Étienne affamée et accrocheure, les hommes de Franck Haise ont finalement expédié les Verts avec l'efficacité de candidats au maintien qui refusent de trembler. Le doublé de l'attaquant niçois (21e, 75e) a scellé la domination progressive d'un Nice sorti vainqueur d'une bataille retour épuisante : 4-1. Le maintien est assuré. L'OGC Nice reste en Ligue 1, et c'est un soulagement pour un club qui, samedi dernier sur la pelouse de Geoffroy-Guichard, avait plié mais pas rompu en concédant une première défaite (1-0).
Les premières minutes ont appartenu aux Verts. Saint-Étienne est venu chercher le combat avec l'intention d'une équipe consciente que le rêve de remontée était encore à portée. Pressants, agressifs dans le pressing, les hommes d'Olivier Dall'Oglio ont créé du doute dans les lignes niçoises. Mais Nice, habitué des situations tendues depuis son nul à domicile face à Nantes quatre jours plus tôt (2-2), a trouvé son rythme avec une certaine aisance. Wahi, positionné haut et servi dans le tempo du collectif, a ouvert le score à la 21e minute. Premier coup au cœur des Stéphanois.
La suite a été un scénario où Saint-Étienne refusait le désastre. Motivés par cette réaction naturelle, les Verts ont égalisé dans un contexte où l'électricité régnait sur la pelouse. Mais au lieu de prendre confiance, le doute a envahi les rangs stéphanois. Nice, cette fois, n'a pas faibli. Avec deux nouveaux buts inscrits dans le dernier quart d'heure, les Aiglons ont transformé ce qui aurait pu être un thriller angoissant en démonstration d'autorité. Wahi a frappé à nouveau. Les autres ont suivi.
Wahi, le sauveur du Mois de mai niçois
Depuis son arrivée en provenance de Montpellier l'hiver dernier pour 8 millions d'euros, Evian Wahi incarnait une prise de risque financière. Jeune (22 ans), talentueux, mais aussi inachevé par endroits, l'attaquant français divisait les observateurs. Sa saison régulière avait été honorable sans être éclatante : 6 buts en 18 apparitions, un rendement correct mais pas décisif dans les moments où Nice aurait eu besoin de points supplémentaires. Voilà que les barrages lui offrent une seconde chance, une fenêtre de rédemption.
Car c'est bien cela que représente ce doublé. Pas seulement deux buts marqués lors d'un match important, mais la validation d'une promesse. Un jeune attaquant qui, au moment où son équipe basculait vers l'abîme, a trouvé les ressources mentales et techniques pour la sortir du pétrin. Son premier but, placé, a établi les fondations de la victoire. Le second, marqué à la 75e minute alors que Nice commençait à asphyxier Saint-Étienne, a définitivement tué le suspense.
Franck Haise aurait pu formuler mille doutes avant cette rencontre. Au lieu de cela, l'entraîneur niçois a construit un collectif capable de gérer la pression et de se sublimer quand l'enjeu devenait maximal. Wahi en a été le symbole vivant. Son doublé laisse entrevoir un couloir de buteur enfin libéré des chaînes du doute personnel.
Saint-Étienne condamné à l'Élysée
Pour l'ASSE, c'est l'amertume de la quasi-totalité d'une saison de redémarrage qui s'écroule en quatre-vingt-dix minutes. Dall'Oglio et ses joueurs avaient construit une première mi-saison respectable, créant une dynamique de groupe capable de rivaliser avec des institutions comme Nantes ou Angers. Mais le barrage aller, perdu à domicile, avait déjà installé le doute. Nice, en réaction, l'a transformé en certitude.
L'égalisation stéphanoise en première période suggérait que Saint-Étienne pouvait tenir le coup. L'absence de punition immédiate aurait pu consolider cet espoir. Sauf que le football des barrages ne pardonne pas aux équipes qui laissent l'initiative à l'adversaire trop longtemps. Nice a progressivement asphyxié son concurrent, pressant plus haut, contrôlant davantage le milieu de terrain, et finissant par étouffer les velléités stéphanoise en cumulant les buts. Trois buts en quinze minutes entre la 60e et la 75e minute : une avalanche face à laquelle même une équipe de guerriers ne peut rien.
Saint-Étienne devra donc patienter une année supplémentaire. La Ligue 2 l'attend à nouveau, un étage en dessous de l'élite. Dall'Oglio, qui avait transformé ce projet en croyance collective il y a quelques semaines seulement, doit maintenant gérer cette déception monumentale. Son contrat, récemment prolongé, devra prouver sa solidité dans un contexte de chambouli émotionnel.
Nice respire, Haise encaisse les respirations
Le maintien assuré, c'est évidemment la priorité pour Nice. Mais au-delà du soulagement sportif, c'est Franck Haise qui sort grandi de ces trois matchs d'apocalypse sportive (match de la dernière journée, barrage aller, barrage retour). L'entraîneur français a maintenu son équipe dans une trajectoire mentale stable alors que tout s'écrivait en urgence. Pas de panique collective, pas de débandade. Une gestion de crise digne d'un mentor ayant traversé les pires tempêtes.
Le calendrier pour Nice s'annonce désormais plus respirable. Sans la terreur de la relégation qui pèse sur les épaules de chaque joueur, l'OGC devrait pouvoir basculer vers une mentalité de reconstruction d'ici à la fin de la saison. Améliorer le côté défensif, consolider le bloc collectif, laisser Wahi retrouver la sérénité d'un buteur qui n'a plus besoin de sauver le club à lui seul. Voilà le vrai travail qui commence.
Saint-Étienne, elle, devra digérer cette chute. Une deuxième tentative de remontée l'année prochaine, potentiellement plus dure que celle-ci, puisque le roster aura besoin d'une reconstruction complète et que les certitudes émotionnelles se sont écroulées mardi soir. Nice a gagné ses billets pour la tranquillité. Saint-Étienne a payé le prix de la témérité d'une jeune équipe face à des rescapés qui connaissaient les codes.