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Football

Petković paie ses choix, l'Algérie joue son va-tout

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Après le désastre face à l'Argentine et le triplé de Messi, Vladimir Petković confirme Luca Zidane en attaque. Un pari risqué pour sauver les Verts du naufrage en qualification.

Petković paie ses choix, l'Algérie joue son va-tout

Zéro but, trois buts encaissés, et surtout cette certitude glaciale que tout peut s'écrouler en quelques minutes. Voilà le bilan cuisant de l'Algérie face à l'Argentine en ouverture de sa campagne pour le Mondial 2026. Lionel Messi s'est offert un triplé tranquille, presque contemplatif, pendant que les Verts regardaient passer le train sans pouvoir l'attraper. Maintenant, Vladimir Petković fait face à un choix qui résume l'impasse tactique du sélectionneur : maintenir sa confiance en Luca Zidane, le fils de la légende, plutôt que de chercher des solutions ailleurs. C'est un pari ou une conviction, difficile à trancher. La suite dira si c'est de la ténacité ou de l'aveuglement.

Messi a joué au football pendant que l'Algérie faisait autre chose

Trois buts en une seule rencontre, c'est le genre de scoreline qui reste gravée dans les mémoires nationales. L'Argentine n'a pas eu besoin de forcer son talent, juste de laisser Messi danser comme il l'entend. Les défenseurs algériens, eux, ont couru partout sauf au bon endroit. Zidane, en attaque, n'a pas eu une occasion véritable. Pas une. Zéro frappe au but, zéro dribble décisif, zéro présence physique capable de déranger la ligne de quatre de l'Albiceleste.

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C'est peut-être injuste de juger un joueur sur un match — surtout un premier match de qualification — mais quand ton équipe encaisse un triplé et que ton attaquant n'existe pas sur le terrain, les questions se posent d'elles-mêmes. L'Algérie a concédé 63% de possession, chiffre vertigineux qui dit tout sur l'équilibre. Petković aurait pu changer, ajuster, remplacer Zidane à la 60e minute pour tenter quelque chose. Il ne l'a pas fait. Ou plutôt, il l'a fait trop tard. C'est cette gestion du match qui, maintenant, justifie ou condamne le choix du sélectionneur.

L'héritage Zidane ne joue plus d'avance en Algérie

Quelques mois avant cette campagne, faire jouer Luca Zidane aurait pu être un symbole, une ouverture vers une nouvelle génération issue de la diaspora française. Son père, Zinédine Zidane, c'est une icône universelle du football. En Algérie, c'est un peu plus compliqué : un symbole de l'émigration réussie, certes, mais aussi une figure qui n'a jamais vraiment été au cœur de l'histoire nationale des Verts.

Le fils a joué pour le Real Madrid en développement, puis pour le Stade Majorque et d'autres petits clubs. Pas exactement le parcours d'un crack. À 24 ans, il n'a aucune expérience en sélection avant cette qualification. C'est beaucoup demander à un joueur sans expérience internationale d'être la solution offensive face à l'une des meilleures équipes du monde.

Petković sait tout cela. Il l'a choisi quand même. Peut-être qu'il y voyait du potentiel, une jeunesse, une faim qu'on ne trouve pas chez les traditionnels attaquants algériens usés par les années. Peut-être aussi qu'il n'avait pas assez d'options convaincantes. L'Algérie a connu ses années de gloire avec Karim Matmour, Yacine Brahimi, Sofiane Feghouli en attaque. Maintenant ? Les projets plus ou moins ambitieux se multiplient, mais aucun ne rayonne vraiment en Europe de haut niveau. Zidane était censé être cet accent nouveau. À la place, c'est un accent muet.

Pas d'erreur possible, juste des déceptions gérables

L'expression « n'a plus le droit à l'erreur » revient trop souvent pour être vraie. L'Algérie peut encaisser une seconde défaite, techniquement. Mais psychologiquement ? Après zéro but contre l'Argentine et trois encaissés ? Le moral ne survit pas à tout. Petković le sait. C'est pour ça qu'il maintient Zidane : parce que changer de numéro 9, c'est aussi avouer que le premier choix était une erreur. Et qu'on n'a pas le luxe de commettre deux erreurs d'affilée.

Les deux prochains matchs de la Fédération Algérienne Algérienne vont dire si cette confiance était prémonitoire ou juste de l'inertie. Face à des adversaires moins terrifiants que l'Argentine — le tableau complet du groupe n'a pas filtré clairement — Zidane aura ses chances de briller. Un but, deux buts, et tout change. La narration se renverse. L'héritage devient un atout. Mais s'il reste muet deux fois de suite, alors Petković sera rangé dans la catégorie des sélectionneurs qui s'obstinent sur un choix par fierté plutôt que par lucidité tactique.

Football français, c'est souvent comme ça. Un entraîneur français qui maintient un joueur d'un pedigree français dans une sélection non-française... c'est du romanticisme. Sauf quand ça rate, et là ça devient du dogmatisme. Petković va traverser cette fine ligne pendant des semaines. L'Algérie retient son souffle. Messi, lui, peut déjà rouler des mécanique en se disant que tout le travail est fait.

Reste à savoir si cette confiance envers Luca Zidane survivra à une troisième journée sans éclat. Pour le moment, c'est un acte de foi. À partir du prochain nul ou de la deuxième défaite, ça devient une question.

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