Face à l'Autriche, Lionel Messi a inscrit deux buts mais s'est incliné sur penalty. Un record peu enviable qui pose question avant les 16es de finale du Mondial.
Un doublé ne suffit pas toujours à remplir la feuille de match d'un champion. Lionel Messi l'a compris jeudi soir face à l'Autriche, quand sa prestation offensive — celle pour laquelle on le paye, en somme — a été obscurcie par un moment de faiblesse sur penalty. Une rareté qui ressemble de plus en plus à un schéma chez le capitaine argentin depuis le début du Mondial 2026.
Les chiffres bruts racontent d'abord une belle histoire. L'Argentine expédie l'Autriche en phase de groupes. Messi, magicien comme toujours dans les trente derniers mètres, troue la défense autrichienne à deux reprises. Les 16es de finale sont déjà dans la poche. Mais voilà : le penalty transformé par le gardien autrichien efface un peu de cette lustre. Et c'est là que le bât blesse vraiment.
Quand la légende rencontre ses limites
Depuis le début de cette Coupe du monde 2026, Messi accumule les ratés depuis le point de penalty. Non pas qu'il soit soudainement devenu un tireur catastrophique — c'est ridicule, vu son palmarès — mais il y a quelque chose qui cloche. Une hésitation peut-être. Une confiance qui s'efrite légèrement. À 39 ans, même les monstres sacrés connaissent des jours, et les pénaltys, c'est mental avant tout.
L'Autriche, à l'arrivée, n'a pas fait la différence sur sa prestation générale. L'Argentine dominait. Messi créait. Mais cette image d'un Messi battu sur penalty restera. Elle s'ajoutera à une liste qui commence à devenir encombrante. En 2022, au Qatar, il avait déjà connu des moments d'incertitude là-même : pas vraiment inefficace, mais moins éblouissant que d'habitude.
Le problème n'est pas cosmétique. Si l'Argentine doit aller loin dans ce tournoi — et c'est l'objectif affiché — elle sera probablement confrontée à des matchs fermés, serrés, où un penalty deviendra décisif. Voire où une série de pénaltys sera nécessaire. La question que se posent maintenant les observateurs est simple : sur qui l'Argentine peut-elle compter, si Messi titube à ce moment précis du match ?
Gonzalo Montiel, défenseur du Real Madrid, a transformé le sien lors des qualifications. Julián Álvarez, si Lionel Scaloni le fait monter en fin de match, pourrait être une solution. Ángel Di María, légende du groupe, n'est plus vraiment un pari. Mais reconnaissons-le : avoir Messi comme premier tireur reste un standard. Sauf quand il ne l'est pas.
Les 16es de finale vont réclamer une réaction
La qualification est acquise, c'est le luxe de battre l'Autriche à domicile (ou presque). Mais Lionel Scaloni sait que le moment approche où les erreurs ne seront plus pardonnées. La phase à élimination directe, c'est un tournant. Les équipes se durcissent. Les marges se réduisent.
Le groupe argentin a remporté 28 matchs sur 35 depuis septembre 2024, une série impressionnante qui masque parfois des fragilités. La Coupe du monde 2026 n'a pas soudainement changé l'ADN de cette équipe, mais elle a rappelé que même les champions ne sont pas infaillibles. Même le meilleur joueur d'une génération peut avoir une mauvaise soirée sur penalty.
- Messi a manqué 4 penalties depuis le début du cycle 2026
- L'Argentine a gagné 28 de ses 35 derniers matchs
- Face à l'Autriche, Messi a marqué 2 buts malgré l'échec du penalty
- C'est la première fois depuis 2018 que Messi accumule les ratés de suite en phase de groupes d'un Mondial
Scaloni aura quelques jours pour réfléchir. Laisser Messi aux pénaltys, c'est parier sur son expérience. Le relever, c'est admettre une faiblesse temporaire qui pourrait l'affecter psychologiquement. C'est un dilemme classique en football, mais avec Messi, tout est amplifié. Chaque geste, chaque décision, chaque absence de geste devient un événement.
Ce qui est sûr, c'est que l'Argentine ne peut pas se permettre de laisser cette fissure s'agrandir. L'Espagne, la France, l'Allemagne guettent. Les 16es seront impitoyables. Et un capitaine en doute, même léger, même temporaire, ça se voit. Ça se sent. Ça se punît.
Messi a le temps de travailler, de retrouver la sensation. Il n'a jamais été du genre à se perdre dans ses doutes très longtemps. Mais cette Coupe du monde 2026, peut-être sa dernière grande compétition avant la retraite internationale, réclame des certitudes. Sur le terrain d'abord. Aux pénaltys, surtout.