Jérémy Doku a réintégré le groupe belge après la naissance de son fils en Angleterre. Une bouffée d'air frais pour les Diables rouges en pleine préparation pour le Mondial 2026.
La maternité londonienne a rendu son verdict : un petit garçon est venu au monde, et avec lui, un soulagement tactique pour la Belgique. Jérémy Doku, l'ailier de Manchester City devenu père hier, a décidé de revenir au rassemblement des Diables rouges après quelques heures loin du groupe. Une décision qui en dit long sur les priorités sportives du moment, alors que la route vers le Mondial 2026 commence à peine à se dessiner.
Un père et un joueur, les deux peuvent coexister
Doku n'a pas hésité une seconde. Dès l'annonce de l'arrivée de son fils, il a demandé à quitter le rassemblement belge pour être présent aux côtés de sa compagne en Angleterre. Pas de débat, pas de tergiversations : la priorité était la famille. C'est un choix que peu de professionnels remettent en question aujourd'hui, mais qui aurait pu sembler anormal il y a une dizaine d'années. À 24 ans, le joueur formé à Anderlecht ne subissait pas la pression archaïque d'une certaine mentalité du football qui verrait là une faiblesse ou une distraction.
Quelques heures après avoir connu son enfant, Doku a fait son retour au camp belge. C'est le signe d'une maturité nouvelle : celle de concilier les responsabilités familiales avec les devoirs envers son équipe nationale. À Manchester City, où il s'est progressivement imposé sous la direction de Pep Guardiola, le jeune ailier a appris à gérer les exigences d'un environnement de haut niveau. Cette capacité à compartimenter, à rebondir mentalement, devient un atout dès lors qu'on l'applique à la vie en sélection.
Les Diables rouges ont besoin de leurs armes offensives
La Belgique traverse une période de transition. Cette génération dorée qui a marqué les années 2010 — celle de De Bruyne, Hazard, Courtois — s'étiole progressivement. Domenico Tedesco, l'entraîneur allemand qui a repris les rênes en septembre dernier, doit rebâtir. Dans ce contexte, chaque élément offensif compte. Doku n'est pas n'importe lequel : c'est l'un des rares joueurs belges capable d'évoluer au plus haut niveau européen avec une régularité établie. Ses chiffres à Manchester City — 8 matches joués cette saison, malgré une concurrence féroce — attestent de son statut.
Son absence, même temporaire, aurait creusé un vide dans les plans de Tedesco. Les Diables rouges n'ont pas le luxe de laisser partir leurs meilleurs éléments, surtout pas en plein cycle de qualification mondiale. Avec 19 sélections pour 3 buts, Doku représente une garantie sur l'aile gauche. Si De Bruyne reste la pierre angulaire du milieu belge, c'est à des profils comme celui du joueur de Manchester City que revient la responsabilité de créer l'étincelle en attaque. Sans eux, la trajectoire vers 2026 devient singulièrement plus compliquée.
Quand le football moderne accepte l'humain
Ce qui frappe, en relisant cette histoire quelques années plus tard, c'est la normalité qu'elle incarne. Autrefois, partir voir son fils naître aurait pu être perçu comme une forme de déloyauté envers le groupe. Les anciennes générations auraient secoué la tête. Mais le football change, lentement mais sûrement. Les clubs comme Manchester City, les sélections modernes, commencent à comprendre que les joueurs ne sont pas des robots. Qu'un père qui vient de voir son enfant pour la première fois ne revient pas dans un état d'esprit diminué — au contraire, il revient souvent galvanisé, plus léger mentalement.
La Belgique l'a compris aussi. Permettre à Doku de partir, puis l'accueillir de nouveau sans questions, c'est afficher une certaine maturité institutionnelle. C'est reconnaître que le football n'existe pas en vase clos, qu'il s'inscrit dans des vies complexes où la paternité, les joies simples, les événements ordinaires constituent des repères essentiels. Tedesco aurait d'ailleurs peu à redire : son groupe reste complet pour affronter les enjeux des prochains mois de qualification.
Doku revient donc. Père depuis quelques heures, mais prêt à rechausser les crampons pour son pays. C'est un détail en apparence. C'est surtout l'image d'une génération de footballeurs qui refuse de choisir entre ses rôles : ni moins bons maris ou pères parce qu'ils sont pros, ni moins professionnels parce qu'ils ont des responsabilités humaines. Pour la Belgique, c'est une excellente nouvelle. Pour le football, c'en est une meilleure encore.