Mardi soir à Lille, le Sénégal s'est effondré face à la France (3-1). Après une première mi-temps équilibrée, les Lions ont sombré en deuxième acte, hypothéquant déjà leurs chances de qualification.
Deux occasions en or, une première période où rien ne semblait perdu, et puis voilà. Le Sénégal s'est cracké en quarante-cinq minutes d'une deuxième mi-temps cauchemardesque face à la France, mardi soir à Lille. Ce n'était qu'un match de préparation avant la Coupe du monde 2026, mais le scénario s'est lu comme un avertissement sans frais. Les Lions de la Teranga qui rêvaient de sonner l'alarme aux Bleus ont plutôt reçu une claque.
Le score final de 3-1, c'est déjà assez parlant. Mais c'est surtout la trajectoire du match qui dérange. Comment passer du doute à l'effondrement total en quelques minutes ? Aliou Cissé, le sélectionneur sénégalais, doit se poser la question. Parce que franchement, ses gars ont montré deux visages radicalement différents selon le chrono.
Une première période qui promettait mieux
Pendant quarante-cinq minutes, le Sénégal a tenu tête aux vice-champions du monde en titre. Pas juste en defense passive, non. Les hommes en blanc-vert-rouge se sont créé deux occasions monumentales, le genre qui aurait pu changer la face du match. Deux fois, la balle a traîné dangereusement près du but français. Deux fois, les Sénégalais ont tremblé les filets. Deux fois, rien.
C'est ça qui fait mal. Quand tu joues contre la France, tu sais que les erreurs, on te les fait payer au centuple. Le football n'a jamais eu de pitié pour les équipes qui gaspillent leurs munitions. Or, le Sénégal en a eu deux bonnes dans les pieds et a préféré les envoyer à la NASA. La première période s'est terminée sur 0-0, ce qui n'était pas catastrophique pour une équipe en période de rodage, mais qui sentait l'occasion manquée.
L'hémorragie du deuxième acte
Et puis la deuxième mi-temps est arrivée comme un froid en plein mois d'août. Les Lions n'ont pas pressenti le coup. La France a appuyé sur l'accélérateur, et soudain, le Sénégal s'est volatilisé du terrain. Trois buts en quarante-cinq minutes, c'est le délai que les Bleus ont pris pour métaboliser leur domination territoriale en réalité clinique. Pas de génie individuel spectaculaire, pas de but à la Mbappé qui surgit de nulle part. Non. Juste une supériorité collective écrasante.
Quand tu concèdes trois buts face à une équipe de ce calibre, c'est qu'il y a un problème structurel quelque part. Pas une erreur défensive isolée qu'on peut gommer au montage. Un problème. Aliou Cissé va devoir creuser la question des transitions défensives. Ses milieux de terrain ont lâché prise. Ses défenseurs se sont retrouvés seuls face à la roulette russe française. Et personne ne peut jouer à ce jeu-là impunément.
Le plus préoccupant, c'est la débandade mentale qui s'est opérée après le premier but français. Comme si la bande de Cissé avait compris qu'elle n'était pas à la hauteur et avait décidé de ranger les raquettes. En football international, c'est un luxe qu'on ne se permet pas. Surtout pas deux ans avant un Mondial où les marges d'erreur deviennent minuscules.
L'alerte avant les vraies échéances
Ce qui peut finalement jouer en faveur du Sénégal, c'est que nous ne sommes qu'en octobre 2024, loin des matchs de qualification qui compteront vraiment. Ce revers fait mal, certes, mais il intervient au bon moment pour corriger les réglages. Daniel Riolo, dans ses analyses d'après-match, a été sans pitié envers les Lion, et franchement, il ne s'est pas trompé. Le jeu affiché par le Sénégal n'était pas celui d'une équipe capable de rivaliser avec les ténors mondiaux sur la durée.
La route vers 2026 commence à peine. Le groupe de Cissé doit digérer cette humiliation, la transformer en engrais plutôt que de se laisser paralyser par elle. Des noms comme Sadio Mané, Ismaïla Sarr et consorts ont montré par le passé qu'ils pouvaient tenir une équipe à bout de bras. Mais à eux seuls, à Lille, ils n'ont rien pu faire contre une mécanique française qui tournait à plein régime.
Pour le Sénégal, la question n'est plus celle de savoir s'il peut embêter les grands. Mardi soir a fourni une réponse sans appel. La vraie interrogation concerne plutôt la capacité du groupe à apprendre vite, à corriger les hémorragies, à retrouver une compacité collective avant que les vrai enjeux débarquent. Parce que faire la moitié d'un bon match en Coupe du monde, c'est se condamner à la maison.