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Football

Un journaliste argentin dérapé sur les Bleus, l'Argentine dans la tourmente

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Lors de France-Sénégal des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, un commentateur de DirecTV Sports a tenu des propos choquants. L'Argentine plonge dans la controverse raciste.

Un journaliste argentin dérapé sur les Bleus, l'Argentine dans la tourmente

Pablo Giralt ne sera pas le meilleur ambassadeur de son pays ces prochains jours. Hier, pendant la rencontre France-Sénégal comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, le journaliste argentin de DirecTV Sports a explosé les limites de la décence. Des propos violemment racistes ont jailli de son micro, souillant une nouvelle fois l'image déjà écornée de la nation albiceleste sur la scène mondiale.

Depuis le sacre en Qatar, l'Argentine traîne un lourd bilan. Pas seulement pour ses victoires ou ses échecs sportifs, mais pour une série de dérapages qui rappellent combien le racisme persiste dans le football sud-américain. Et ce qui s'est produit hier confirme que les amendes de la FIFA, les suspensions et les appels à la décence ne suffisent jamais vraiment.

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Les propos choquants d'un micro trop permissif

Impossible de tourner la page sur ce qui s'est dit dans les studios de DirecTV Sports. Giralt, fort de son statut de commentateur reconnu en Argentine, a lâché des remarques d'une crudité hallucinante sur les joueurs français et sénégalais. Le ton montait, montait, jusqu'à franchir le Rubicon. Ce qui devait rester du débat foot a basculé dans l'inacceptable. Les réseaux sociaux n'ont pas tardé à amplifier l'incident, les vidéos circulent, les captures d'écran se propagent. En 2024, quand tu dis un truc de ce calibre, tu ne disparais pas — tu es immortalisé.

Giralt n'est pas un anonyme des studios de troisième zone. Il jouit d'une belle visibilité en Argentine et représente une chaîne distribuée partout en Amérique du Sud. Difficile pour DirecTV Sports de prétendre que c'est du bruit de fond. Difficile de faire semblant. La chaîne va devoir sortir les pinces pour nettoyer ça, et vite.

Ce qui pèse lourd aussi, c'est le timing. Une élimination de la Coupe du monde approche — les tensions sont à vif chez les supporters comme chez les médias. Dans ce contexte inflammable, un commentateur chevronné se doit de refroidir les ardeurs, pas de les enflammer avec de la haine. Giralt a choisi l'option inverse.

L'Argentine coincée dans une spirale de crises répétées

L'Albiceleste ne peut plus se dire surprise. Depuis plusieurs années, le pays encaisse coup après coup sur le front des comportements discriminatoires. Qui se souvient des chants racistes des supporters lors des qualifications ? Des gestes de ses propres joueurs condamnés par les instances ? L'Argentine bâtit, malgré elle, une réputation qu'aucun trophée n'efface.

Les dirigeants argentins ont beau crier à l'injustice, beau pointer du doigt d'autres nations coupables de la même maladie, le problème revient, lancinant. C'est comme une fracture qui ne cicatrise pas. Chaque nouveau dérapage ravive la plaie. Et chaque fois, c'est plus difficile d'affirmer que c'est isolé, que c'est un accident, que c'est exceptionnel.

Avec environ 50 millions d'habitants passionnés par le football, l'Argentine devrait incarner l'excellence du jeu et l'élégance du comportement. Au lieu de cela, elle traîne cette réputation sulfureuse. Les organisateurs de compétitions commencent à serrer la vis — amendes massives, points de pénalité, fermetures de stades partielles. Rien de radical, mais suffisant pour signifier que la mâchoire se resserre.

L'ironie cruelle, c'est que cette équipe Argentine a montré en Qatar qu'elle savait jouer du football magnifique. Elle a aussi montré qu'elle pouvait gérer des moments de pression énorme. Pourquoi, alors, ne peut-elle pas canaliser la pression des médias et des supporters vers quelque chose de constructif plutôt que vers ces abîmes ?

Vers des sanctions ou juste de la poudre aux yeux ?

La FIFA devrait se mouvoir rapidement. Une suspension pour Giralt, c'est le minimum syndical. Mais la question qui se pose vraiment, c'est celle-ci : combien de suspensions faut-il avant que le message pénètre ? L'instance mondiale a distribué des avertissements, des amendes records — la Confédération sud-américaine de football, elle, a condamné à plusieurs reprises.

Pourtant rien ne semble endiguer le phénomène. C'est comme si les structures du football argentin étaient traversées par un virus qu'on ne sait pas éradiquer. Les clubs de formation, les médias, les supporters : chacun à son niveau propage ce poison. Il faudrait une mobilisation massive, un vrai projet éducatif, des sanctions vraiment dissuasives.

Pour les éliminatoires de 2026, il ne reste que quelques rencontres à l'Argentine. Qualification ou élimination, peu importe — le mal est fait. L'image de la nation pâtira de ce nouvel incident. Et la prochaine fois qu'un dossard argentin montera sur un terrain, c'est d'abord à cela qu'on pensera : pas aux trois étoiles accrochées au maillot, mais aux trois incidents de trop en quelques années.

Giralt a parlé, les micros ont enregistré, les algorithmes ont diffusé. Maintenant arrive le moment des vraies décisions. DirecTV Sports peut-elle se permettre de garder un commentateur toxique ? L'Argentine peut-elle continuer à ignorer l'évidence ? Le football sud-américain entrera-t-il enfin dans une vraie lutte contre lui-même ? Les réponses aux trois questions semblent hélas assez sombres.

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