Samedi soir à la Coupe du Monde 2026, le Maroc a tenu tête au Brésil et arrache un 1-1 méritoire. Achraf Hakimi, auteur du but égalisateur, savoure déjà.
Achraf Hakimi avait les yeux qui brillaient dans le tunnel quand il a quitté le terrain. Pas de déception, au contraire. Le latéral du Paris Saint-Germain savait que son équipe venait d'accomplir quelque chose de rare samedi soir au Mondial 2026 : tenir tête au Brésil, le mettre en difficulté pendant 90 minutes, et repartir avec un point en poche. Le 1-1 contre la Seleçao de Carlo Ancelotti, ce n'est pas un simple match nul. C'est un résultat qui change la dynamique du groupe marocain.
"On savait qu'on pouvait les jouer. On l'a montré sur le terrain," a lâché Hakimi devant les journalistes, encore essoufflé, encore vibrant de cette adrénaline qu'on ne trouve qu'aux grands tournois. Le Marocain a marqué l'égalisation à un moment où le Brésil commençait à suffoquer. Pas un hasard. Ses courses sur le côté droit, cette mobilité caractéristique du joueur du PSG, ont constamment déséquilibré la défense brésilienne.
Quand il a tiqué le ballon au fond des filets, le latéral marocain a compris l'enjeu de ce moment. Non pas un but comme un autre en phase de groupes, mais un signe d'avertissement adressé aux favoris. Le Maroc, ce n'est pas une équipe qui vient se faire humilier au Mondial. C'est une formation capable de rivaliser avec les meilleures.
Hakimi l'a répété à chaud : l'état d'esprit, la concentration, la discipline tactique. Walid Regragui, le sélectionneur marocain, a mis en place un système qui a parfaitement fonctionné en première mi-temps. Le Brésil a dominé statistiquement, mais le Maroc s'est créé les occasions les plus dangereuses. Plusieurs tirs cadrés. Une approche du but brésilienne bien plus menaçante que celle des hommes d'Ancelotti.
"Il y avait de la tension, mais on n'a jamais paniqué," poursuit Hakimi. C'est la mentalité des grands tournois. Et pour un défenseur, pour un capitaine comme lui qui porte l'armbande quand l'équipe en a besoin, c'est exactement le message qu'il faut véhiculer. Le PSG n'a pas formé un joueur juste bon pour dribbler en Ligue 1. Hakimi est un compétiteur, un guerrier qui grandit dans les matchs qui comptent vraiment.
Le Brésil mis en difficulté dès le coup d'envoi
Ancelotti et ses hommes n'avaient pas prévu un tel scénario. On attend les Brésiliens avec leur jeu flamboyant, leur capacité à accélérer et à dérouler du football sucré. Samedi, c'était différent. Le Maroc les a pressés haut, les a empêchés de trouver leurs automatismes, a fermé les espaces où Neymar, Vinícius Júnior et compagnie ont l'habitude d'opérer. À 35 ans, Ancelotti doit se poser des questions. Pas de panique non plus, c'est un homme qui en a vu d'autres, mais le résultat n'est pas celui qu'on attendait.
Statistiquement, le Brésil a eu plus de possession. Environ 58 pour cent selon les chiffres officiels. Mais sur le plan des situations créées, sur la clarté du jeu, le Maroc tenait largement la dragée haute. C'est cette domination marocaine que Hakimi met en avant quand il analyse le match. Pas de regrets d'avoir concédé un point. Au contraire, de la frustration d'avoir mérité davantage.
Le latéral du PSG sait aussi que le Brésil va réagir. Que ce 1-1 sera probablement une parenthèse dans le tournoi brésilien. Mais ce qu'Hakimi veut retenir, c'est que son équipe a montré qu'elle n'était pas là pour faire de la figuration. Et c'est un message capital avant les deux autres matchs du groupe. Psychologiquement, un point contre le Brésil vaut parfois plus que trois points contre une formation moins prestigieuse.
Le Maroc vise la première place du groupe
Maintenant, tout devient clairement calculable pour le Maroc. Avec ce 1-1, les Atlas Lions ne sont pas en danger. Ils ne repartent pas de zéro, ce qui était le grand risque en cas de défaite à l'extérieur contre la Seleçao. Hakimi le martèle : il faut créer un élan, enchaîner, utiliser cette confiance gagnée samedi pour aller chercher les trois points face aux autres adversaires du groupe.
Les Marocains ont montré qu'ils pouvaient jouer un football offensif sans être suicidaires. Regragui a trouvé l'équilibre. Défensivement solides, offensivement séduisants, avec des latéraux comme Hakimi qui remontent haut et créent du danger. C'est un schéma qui pourrait faire du bruit dans ce tournoi. Le Brésil aura envie de prendre sa revanche dans les phases éliminatoires. Mais d'ici là, le Maroc va tout faire pour terminer en tête du groupe et éviter un gros chaud à la phase suivante.
Hakimi, lui, vient de vivre 90 minutes d'une intensité rare. Samedi prochain, l'enjeu sera différent, mais l'ambition marocaine ne changera pas. Ce nul initial, c'est déjà une victoire mentale.