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Football

Ancelotti avoue sa crainte face au Maroc, le Brésil en alerte

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

À la veille du choc contre le Maroc, Carlo Ancelotti reconnaît la menace marocaine. Le Brésil doit se méfier d'un adversaire bien plus redoutable qu'il n'y paraît.

Ancelotti avoue sa crainte face au Maroc, le Brésil en alerte

Carlo Ancelotti ne cache rien. Interrogé samedi avant le coup d'envoi contre le Maroc, l'entraîneur du Brésil a lâché quelque chose que peu de sélectionneurs osent avouer : la peur. Pas une panique, non. Une crainte légitime, presque respectueuse, face à une équipe qui n'arrive pas comme faire-valoir dans cette Coupe du Monde.

«Nous avons peur du Maroc», a lâché l'Italien en conférence de presse, des paroles qui ont circulé bien au-delà des murs du stade. Dans le football moderne, un aveu pareil vaut son poids. Cela signifie que les Brésiliens, champions en titre de la Copa América, ne sous-estiment pas leur adversaire. Le Maroc n'est pas une équipe de passage, c'est une véritable menace tactique.

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Une première qui pèse lourd

Ce n'est jamais anodin de débuter une Coupe du Monde par une affiche de prestige. Le Brésil aurait pu rêver d'une entrée en matière tranquille, du genre à chauffer les jambes sans suer du maillot. Au lieu de cela, la Seleção affronte une équipe qui monte en puissance depuis deux ans. Le Maroc n'est pas venu en touriste : les Nord-Africains ont livré un parcours inatttendu dans les qualifications, et surtout, ils abordent ce tournoi avec la certitude qu'ils peuvent embêter n'importe qui.

Ancelotti le sait. Le stratège italien a dirigé suffisamment de matchs de haut niveau pour reconnaître quand un adversaire arrive avec des plans. Le Maroc a cette capacité à jouer compact, à presser intelligemment, à récupérer des ballons dans des zones clés. Avec Romain Saïss à la récupération et une défense bâtie sur le bloc, les Marocains peuvent compliquer la vie même aux meilleures équipes d'Amérique du Sud.

«Nous devons respecter cette compétition», a continué le coach brésilien. Cela sonnait comme un avertissement, autant pour ses joueurs que pour les observateurs. Le Brésil a marqué 18 buts en 5 matchs de qualifications, un bilan offensif impressionnant. Mais les chiffres agressifs ne signifient rien si on encaisse trop derrière. Ancelotti le répète depuis son arrivée : le Brésil gagne avec l'équilibre, pas juste avec des attaquants de feu.

Quand le Maroc devient le bourreau des favoris

L'équipe de Walid Regragui a prouvé quelque chose d'important en Afrique du Nord ces derniers mois. Elle ne gagne pas par hasard, elle gagne par organisation. Les Marocains ont éliminé des nations coriaces en qualifications, pas des petits bras. Ils ont montré qu'ils savaient construire un jeu, pas juste faire du football défensif bête et méchant.

La vraie question pour le Brésil samedi, c'est la gestion de l'intensité marocaine pendant les 45 premières minutes. Le Maroc va sortir avec l'envie de montrer immédiatement à la Seleção qu'il ne vient pas se laisser faire. Si le Brésil ne réagit pas — et Ancelotti y a certainement pensé — il pourrait se retrouver à la traîne rapidement. Neymar et ses coéquipiers devront jouer au tempo du match, pas à celui où ils sont habitués.

«Le Maroc est solide defensivement, avec des joueurs d'expérience», a noté un analyste de l'entourage du sélectionneur brésilien. Cette reconnaissance compte. Elle montre que la Seleça n'arrive pas en pensant que 11 prodiges suffiront à écraser tout sur leur passage. C'est d'ailleurs cette attitude qui a coûté cher au Brésil lors de précédents tournois mondiaux.

L'avantage de la lucidité

Paradoxalement, l'aveu de crainte d'Ancelotti pourrait être un atout. Un entraîneur qui reconnaît les forces de son adversaire, c'est un entraîneur qui a préparé ses joueurs correctement. Pas de faux-semblants, pas de discours pompeux sur la domination brésilienne. Juste du pragmatisme italien mélangé à la passion sud-américaine.

Le Brésil arrive avec Neymar en quête de rédemption personnelle, Vinícius Júnior en grande forme, Rodrygo qui revient de blessure. Les Brésiliens ont les talents pour surmonter le piège marocain. Mais samedi soir, le football qui gagnera sera celui des équipes qui respecteront chaque minute de la rencontre, qui ne relâcheront pas après une avance, qui traiteront l'adversaire avec la considération qu'il mérite.

Ancelotti a déjà pris un pari en parlant ouvertement de ses inquiétudes. Maintenant, c'est à ses joueurs de transformer cette peur en détermination. Le Brésil le sait : cette première affiche ressemble beaucoup moins à un échauffement qu'à un piège bien tendu.

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