Après son succès net contre la Suède (3-0), la France aborde les huitièmes de finale de la Coupe du Monde 2026 face au Paraguay. Didier Deschamps sait que la route vers une troisième étoile passe par l'élimination des pièges.
La France n'a pas traîné. Trois buts en première journée contre la Suède, une démonstration où l'équipe de Didier Deschamps a montré qu'elle venait au Maroc avec des intentions bien définies. Pas de tergiversations, pas de calcul minimaliste. La sélection tricolore joue pour gagner et elle l'a prouvé d'emblée. Mais maintenant les vrais enjeux commencent. Face au Paraguay en huitièmes de finale, la France affrontera un adversaire qui n'a rien de comparable aux Suédois. Pas d'effectif garni de stars, pas de tradition de grands tournois, mais une équipe aguerrie qui connaît les codes de la Coupe du Monde.
Quand on parle du Paraguay en 2026, on ne parle pas d'une formation qui arrive en Coupe du Monde pour faire du tourisme. Les Guaranis ont une histoire, celle d'une nation qui a atteint les demi-finales en 2010 en Afrique du Sud et qui a disputé la finale de la Copa América en 2021. Gustavo Alfaro, leur sélectionneur, impose un football intensif, sans concession. Ses joueurs ne lâchent rien pendant quatre-vingt-dix minutes. C'est à ce type d'opposition que la France devra s'adapter. Pas de romance, pas de temps pour déployer le jeu tranquille qui a étouffé la Suède. Le Paraguay sera là, partout, cherchant à récupérer les balles perdues et à générer du chaos dans le milieu français.
Sur le papier, les Bleus disposent d'une domination claire au classement FIFA et d'une expérience incomparable. Deschamps a déjà traversé plusieurs tournois majeurs et ses cadres connaissent les pièges des huitièmes de finale. Mais le football, c'est justement quand le papier devient un faux ami. L'équipe de France comptera environ 60% de possession de balle, c'est quasi certain, mais encore faut-il convertir cette maîtrise en occasions nettes. Le Paraguay défendra bas, très bas, avec cinq défenseurs si besoin et tentera des contres rapides. C'est un scénario que les équipes adverses pratiquent depuis que les Bleus dominaient, mais aucune ne maîtrise vraiment cette approche comme les Sud-Américains.
Didier Deschamps a gagné une Coupe du Monde en 2018, remporté une finale d'Europa League avec l'OM, conquis plusieurs Ligue 1 avec Monaco. Il n'est pas un novice. Pourtant, l'histoire du football international en parle depuis des décennies : les grandes équipes trébuchen face aux formations qui jouent la contre-attaque et le repli organisé. La France a connu ses moments de panique face à des adversaires ainsi positionnés, notamment en 2016 contre l'Islande, un match qui avait laissé des traces.
Cette fois, Deschamps ne peut pas se permettre de répéter les erreurs du passé. Son effectif compte des créateurs de génie, capables de déverrouiller n'importe quelle défense statique, mais il faut aussi de la patience. Pas de précipitation, pas de gestes d'humeur. Les deux milieux de terrain français doivent peser sur le jeu sans pour autant commettre de fautes qui régulariseraient le Paraguay. Une mécanique fine, exigeante. Deschamps a d'ailleurs parlé de la nécessité d'ajuster les profils offensifs pour ne pas tomber dans le piège du jeu trop rapide et finalement décousu. Le risque existe bien que la France se consume en entrant dans le jeu désordonné que le Paraguay espère imposer.
L'enjeu est clairement celui-ci : maintenir son avantage technique sans jamais autoriser l'adversaire à créer du momentum psychologique. Sur les trente dernières rencontres face à des sélections sud-américaines dans les phases finales de Coupe du Monde, la France a remporté seize victoires pour sept défaites, ce qui montre que ce genre de duel n'est jamais acquis d'avance.
La route vers le troisième trophée se trace
Au-delà du simple huitième de finale, cette rencontre France-Paraguay représente le premier vrai test du projet Deschamps en 2026. Les Suédois, c'était une formalité. Maintenant arrive la vraie compétition. Les Bleus ont un calendrier favorable, au moins sur le papier, jusqu'à une potentielle demi-finale où attendent les meilleurs du moment. Mais pour y arriver, il faut impérativement sortir du piège paraguayen.
Deschamps le sait parfaitement. Depuis qu'il a remporté le Mondial en 2018, on lui demande d'égaler ou de surpasser la performance. Une troisième étoile placerait définitivement son règne parmi les plus grands de l'histoire du football français. Mais aussi, une élimination face au Paraguay serait un coup de massue dévastateur pour son héritage. C'est le poids de la responsabilité que le sélectionneur français porte depuis trois ans. Il n'a aucun droit à l'erreur et l'adversaire qui se dresse en huitièmes le sait aussi. Le Paraguay vient pour embêter la France, pas pour faire de la figuration.
Les vingt prochains jours en Coupe du Monde 2026 seront décisifs pour le projet Deschamps. France-Paraguay ne sera qu'une étape, certes, mais une étape cruciale qui montrera si cette équipe tricolore a vraiment l'envergure pour tenir la route jusqu'en finale.