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Football

Dembélé face à son dernier acte bleu

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Ousmane Dembélé arrive à la Coupe du Monde avec deux Ligue des Champions en poche mais un bilan en équipe de France qui reste à prouver. Deschamps compte sur lui pour trancher.

Dembélé face à son dernier acte bleu

Ousmane Dembélé n'a jamais vraiment eu de Coupe du Monde. À Russie 2018, il était utilisé en pointeur, gratifié de 27 minutes en trois matches. Au Qatar 2022, il a démarré plusieurs rencontres mais sans vraiment peser sur le jeu, spectateur régulier au moment où les matches se décidaient. Entre ces deux tournois, quelque chose s'est accumulé : deux Ligue des Champions du Paris Saint-Germain, des performances régulieres en championnat, une constance dans l'effectif parisien. Et pourtant, en bleu, l'équation n'a jamais totalement fonctionné.

L'attaquant qui a toujours joué en retrait de ses possibilités

Dembélé possède des armes que peu d'ailiers européens maîtrisent : une accélération qui n'a pas décru depuis ses débuts à Rennes, une capacité à créer du déséquilibre par son dribble, une finition qui s'est affinée avec l'âge. Le PSG l'a clairement reconnu en le conservant comme titulaire régulier, lui accordant cette place de troisième attaquant aux côtés de Kylian Mbappé et Neymar. Ses débuts parisiens promettaient d'ailleurs une autre trajectoire : 28 buts en 93 matches, ce qui place son ratio offensif à un niveau suffisant pour un joueur à profil créatif.

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Mais voilà : en sélection, Dembélé n'a jamais totalement convaincu Didier Deschamps. Le sélectionneur lui a donné des opportunités, certes, mais jamais celle de pleinement s'exprimer dans une séquence homogène. Trois buts en 31 sélections, c'est peu pour un attaquant de son calibre. Entre 2018 et 2024, il y a eu des matches où sa prestation aurait mérité une nouvelle chance immédiate, et d'autres où son implication réelle laissait à désirer. Cette inconsistance, elle existe aussi chez les plus grands, mais elle pénalise davantage celui qui ne dispose pas du crédit de confiance automatique.

Ce qui pose question, c'est moins la qualité technique que la question du positionnement mental. Dembélé à Barcelone, puis à Séville, puis au PSG : ces trois clubs lui ont tous accordé une responsabilité offensive différente. À Paris, où il côtoie deux créateurs mondiaux, son rôle s'est affiné. Mais en équipe de France, où les latéralités offensives bénéficient rarement d'un soutien aussi dominant, sa mission demeure plus floue.

Deux Ligue des Champions qui ne règlent rien

Mai 2024. Paris élimine Borussia Dortmund en demi-finale de la Ligue des Champions après une performance collective majeure. Dembélé y participe, comme il a participé à la première victoire parisienne en 2023 face à Manchester City. Ces deux sacres, il les revendique légitimement. Et pourtant, on sait désormais qu'une Ligue des Champions ne garantit rien en Coupe du Monde. Merci à Griezmann, à Pogba, à Kante, qui ont tous goûté aux plus beaux sommets du club pour finalement connaître des maladresses ou des blessures en sélection quand les enjeux étaient maxima.

Le PSG d'Ancelotti a montré que Dembélé savait naviguer dans les grands matchs, mais naviguer n'est pas briller. Lors du dernier PSG-Manchester City au Parc des Princes, pour la demi-finale retour, son apport s'était mesuré en intelligence positionnelle plutôt qu'en débordements flamboyants. C'est utile. C'est professionnel. Ce n'est pas ce qui fait basculer les demi-finales de Coupe du Monde.

Deschamps, lui, sait que son groupe dispose de plusieurs options pour animer les côtés. Mbappé, même s'il préfère la finition, peut jouer piston gauche. Griezmann assume cette responsabilité en soutien offensif. Mais à droite de l'attaque, les solutions se raréfient. Et à gauche, la compétition pour l'espace est plus dense qu'au PSG. Voilà pourquoi Dembélé n'est jamais vraiment remplaçable, mais jamais vraiment indispensable non plus.

Un tournoi pour sortir du doute

À 27 ans maintenant, Dembélé entre dans cette compétition avec une certitude rassurante : c'est probablement son dernier Mondial en tant que joueur de club dominant. Les calendriers s'accélèrent, la date du prochain tournoi reculera d'un an. Biologiquement et professionnellement, ce qui se déroulera en 2026 sera différent pour lui.

Cette Coupe du Monde-ci représente donc l'ultime fenêtre pour redéfinir sa narration en bleu. Pas pour devenir Antoine Griezmann ou pour retrouver les standards de Franck Ribéry, simplement pour montrer qu'à la tension maximale du tournoi, il peut être celui qui change un match, pas celui qui l'observe de la surface. Les attaquants parisiens ont rarement ce problème. Le club français excelle à produire des joueurs dont la puissance offensive se démultiplie quand ils sont libérés tactiquement.

Deschamps compte visiblement sur Dembélé pour cette libération-là. Après trois Coupes du Monde où il aura alterné invisibilité et utilité discrète, le moment arrive de produire cette trace durable qu'on attend d'un créateur français au niveau mondial. Deux Ligue des Champions, c'est prestigieux. Mais en sélection, c'est encore une page blanche.

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