L'ailier bleu se projette déjà au-delà de la Coupe du Monde 2026. Ousmane Dembélé rêve d'une arrivée de Zinédine Zidane sur le banc tricolore.
La Coupe du Monde 2026 ne sera pas qu'une compétition pour Didier Deschamps. Ce sera l'acte final d'un règne de douze années à la tête de l'équipe de France. Et pendant que le sélectionneur prépare ce dernier défi, ses joueurs commencent déjà à imaginer son successeur. Ousmane Dembélé, lui, n'y va pas par quatre chemins : il veut Zinédine Zidane.
L'ailier du PSG a lâché ses envies publiquement, histoire de faire souffler l'idée dans les cercles de la Fédération française. Un coup classique quand on pense que les vestiaires ne sont jamais étanches. Mais au-delà de la déclaration opportuniste, cette sortie de Dembélé révèle quelque chose de plus profond : l'impatience d'une nouvelle génération à voir du sang frais circuler dans le maillot tricolore.
Deschamps a-t-il vraiment encore deux ans devant lui ?
Interroger la solidité de Didier Deschamps en 2024, c'est presque tabou. L'homme a remporté une Coupe du Monde en 2018, rattraché un quart de finale à l'Euro 2020, échoué en finale du Qatar 2022. Son bilan reste solide sur le papier. Mais le football français vit dans une sorte de stase. Les trois derniers mois ont apporté leur lot de turbulences : des résultats mitigés, une équipe qui peine à trouver son rythme, des critiques qui s'accumulent même auprès des sympathisants.
La Coupe du Monde 2026 sera organisée sur trois continents, ce qui rend la compétition imprévisible et déstabilisante. Personne ne sait vraiment comment ça va se jouer. Deschamps, lui, aura 57 ans à ce moment-là. Un âge où, statistiquement, les sélectionneurs commencent à montrer des signes de fatigue. Même les plus grands.
Mais voilà : Deschamps n'a jamais annoncé son départ prématuré. Il dispute cette compétition comme prévu. La FFF ne bouge pas non plus. Les déclarations de Dembélé relèvent donc moins d'une analyse tactique que d'une simple projection personnelle d'un joueur qui, comme beaucoup de ses coéquipiers, imagine déjà l'après.
Zinédine Zidane, le candidat idéal ou juste le plus glamour ?
Zidane. Le nom fait rêver la France entière. Trois Coupes de la Ligue avec Bordeaux, un championnat avec Juventus, trois Ligues des champions avec le Real Madrid. Son curriculum vitae rend jaloux n'importe quel technicien. Ses dernières années au Barça ont certes été mouvementées, mais sans jamais écorner sa légende.
Sur le plan sportif, Zidane aurait du sens. C'est un meneur d'hommes qui connaît le vestiaire français, qui maîtrise l'histoire de l'équipe, qui sait gérer des egos à la Mbappé ou Benzema. Il incarne aussi une forme de continuité mentale avec les gloires du football français. Quand Zidane prend la parole, les jeunes écoutent.
Mais regardons ailleurs pour un instant. Carlo Ancelotti, Luis de la Fuente, même Unai Emery sont des entraîneurs compétents qui pourraient faire le job. Pourquoi Zidane donc ? Parce que c'est Zidane. Parce qu'il est français. Parce qu'il gagne des trophées. Le football rationnel s'efface devant l'émotion. C'est français, finalement.
La vraie question n'est pas de savoir si Zidane serait bon. C'est de savoir s'il serait disponible. L'homme à une certaine aversion pour les chaos diplomatiques. La Fédération française, c'est un chaos diplomatique appliqué en permanence.
Faut-il vraiment imaginer l'après avant la fin ?
Dembélé parle de Zidane. D'autres joueurs le feront bientôt, si ce n'est déjà fait. La France est dans cette posture bizarre où elle regarde déjà vers 2026 en oubliant que 2026, c'est dans deux ans. D'ici là, il y a des matchs à gagner, une Coupe du Monde à disputer, une génération de joueurs à préserver.
Le vrai danger, c'est que ces débats anticipés commencent à ronger le moral du groupe. Deschamps a besoin de crédibilité totale pour naviguer la tourmente 2026. Chaque petite blessure, chaque mauvais résultat sera interprété comme une justification pour son départ. Les médias adorent ces spirales.
Historiquement, les transitions mal gérées ont toujours coûté cher au football français. Le passage de Domenech à Blanc, puis de Blanc à Deschamps, a été chaotique. Personne n'a envie de revivre ça. Et pourtant, les premières fissures apparaissent.
Dembélé, avec sa déclaration sur Zidane, enfonce une porte qui commençait déjà à craquer. Elle symbolise l'impatience d'une génération habitée à gagner, à dominer. Une impatience qui pourrait devenir toxique si elle n'est pas gérée correctement. Parce que oui, Zidane à la France, ça fait rêver. Mais la Coupe du Monde 2026, c'est maintenant qu'elle se prépare. Et nulle part ailleurs.