William Saliba déclare forfait juste avant France-Norvège vendredi. Guy Stéphan prend les commandes en l'absence de Deschamps, qui assiste aux obsèques de sa mère.
Guy Stéphan va diriger la France. Pas une ligne de plus, juste ça : le sélectionneur adjoint en costume gris clair face à la Norvège, vendredi soir, tandis que Didier Deschamps reste en France pour un moment qui ravale les murs du football à leur juste dimension. Les obsèques de sa mère, c'est plus lourd que n'importe quel clasico. Et pendant ce temps, William Saliba déclare forfait. L'arrière gauche de l'Arsenal ne prendra pas le vol pour Oslo. Pas de blessure spectaculaire, juste ces petits trucs qui s'accumulent et qui finissent par vous clouer au sol quand on approche les cent matches en deux saisons.
Alors voilà le tableau : Stéphan aux manettes, Saliba à l'infirmerie, et Marcus Thuram qui n'a même pas participé à l'entraînement mardi. C'est rare, chez les Bleus, de voir cette configuration. Les adjoints, on ne les juge qu'à la marge, à peine s'ils apparaissent sur les photos officielles. Mais Stéphan n'est pas un anonymous. Il a géré Ajaccio en Ligue 1 avant, il connaît le truc. La question qui brûle tout le monde : est-ce qu'on joue pareil sans le patron sur le banc ? Est-ce que deux jours sans la voix de Deschamps, c'est du temps perdu ou une respiration bienvenue ?
Quand les absences s'accumulent et que le groupe doit grandir
Vendredi, ce n'est pas un amical. C'est une qualification pour l'Euro 2024, et la Norvège, c'est jamais un cadeau, même affaiblie. Les Scandinaves ont Erling Haaland qui traîne du côté de Manchester City, et même sans sa présence, ils font les coups durs. La France a déjà gagné 2-0 à domicile en septembre, mais en foot, deux mois, c'est du passé. L'absence de Saliba est celle qui pose problème. À gauche, la France s'en remet souvent à lui quand Lucas Hernandez soffle. C'est un mec de 22 ans qui joue tous les matches avec Arsenal — il en a empilé 32 de rang avant cette décision de repos curatif.
Thuram absent d'entraînement, c'est plus flou. L'ailier de l'Inter Milan n'a pas expliqué les raisons exactement, mais le timing, c'est pas génial. Vous avez Mbappé qui rame encore à cause de son nez fracturé, vous avez Griezmann à l'âge où on ne sait plus trop combien de temps il en a. Et puis voilà qu'il faut composer sans deux joueurs clés. La profondeur existe dans ce groupe — elle existe même trop bien, parfois les egos se marches dessus — mais là, c'est du vrai ajustement.
Guy Stéphan aura deux séances avant le coup d'envoi. Deux jours pour imprimer ses idées ou pour continuer dans la continuité établie par Deschamps ? C'est là qu'on mesure le poids du patron. Deschamps, c'est 120 matches, deux finales mondiales en trois ans, une Ligue des nations, des résultats. Quand t'es en place comme ça, tu peux te permettre des libertés. Stéphan, même avec son expérience, n'aura que 90 minutes pour prouver qu'il ne casse rien.
- 32 matches d'affilée : le nombre de sélections consécutives de Saliba avant ce forfait
- 2-0 : le score du dernier France-Norvège disputé en septembre à Paris
- 120 matches : le bilan de Deschamps à la tête de la sélection avant cette absence
- 3 finales mondiales : les participations de la France depuis 2018 avec le sélectionneur actuel
Oslo va tester un groupe qui doit prouver sa sérénité
On peut la voir de deux façons, cette histoire. D'un côté, c'est un test de maturité collective. Les jeunes Bleus passent leur examen quand le boss n'est pas là. Ça forge, ça construit une autonomie. De l'autre, c'est une équipe qu'on n'a pas vue débarquer sans filet depuis longtemps, et la Norvège, même sans être favori, a le pedigree pour te punir les imprécisions. Haaland jouera pas — il doit être bien payé juste pour dormir cette semaine — mais Sörloth peut te faire du mal en contre. Ødegaard dirige l'orchestre en milieu. C'est pas du Mickey.
Deschamps revient vendredi ou pas ? Ça dépend du calendrier des obsèques. S'il est là avant 20 heures, il prend le banc. Sinon, c'est Stéphan jusqu'au bout. L'équipe de France a joué 76 matches à domicile depuis 2012 — elle en a remporté 52. À l'extérieur, c'est plus serré, 19 victoires sur 41. Oslo, c'est une atmosphère spéciale, pas hostile, mais vous sentez l'effort. Les Norvégiens poussent fort quand ils ont une chance.
Le groupe français doit montrer qu'il tient debout tout seul. Mbappé va chercher à se rassurer avant le Mondial. Griezmann va jouer les anciens qui calment les nerfs. Et puis il y aura ceux qui vont en profiter pour montrer qu'ils auraient mérité d'être là avant. Vous avez Jésus Navas qui a raté les dernières listes, des latéraux frais, des profondeurs de banc qui attendent l'occasion. Vendredi, c'est une chance pour trois ou quatre mecs de rappeler au sélectionneur que le groupe est plus large qu'il n'y paraît.
Quand tu perds ton patron 48 heures avant le coup d'envoi, tu montres qui tu es vraiment. Pas de plans élaborés, pas de tableau blanc. Juste du foot et de la conscience collective. La France a les épaules pour tenir 90 minutes sans Deschamps. Mais ce qu'elle doit prouver, c'est qu'elle ne panique pas. Que les blessures de Saliba et l'absence flottante de Thuram ne deviennent pas des alibis. Oslo, vendredi, c'est l'examen de la maturité.