Préservé jeudi contre la Côte d'Ivoire, le défenseur d'Arsenal sera bien du voyage en Irlande du Nord. Deschamps confirme que la blessure au dos n'est pas inquiétante avant le Mondial.
William Saliba jouera. C'est le message que Didier Deschamps voulait faire passer hier, au moment de préparer la dernière répétition générale de la France avant de vraiment entrer en Coupe du monde. Le défenseur d'Arsenal, annoncé blessé au dos après être resté sur le banc jeudi face à la Côte d'Ivoire, n'inquiète pas son sélectionneur. Loin de là.
On comprend pourquoi cette petite alerte avait créé du bruit. Saliba, c'est devenu une évidence à droite de la charnière française. Pas le plus spectaculaire, non. Mais le plus constant, le plus intelligent positionnellement, celui qui joue sans prise de risque inutile. Une vraie colonne vertébrale, si on peut dire, alors qu'on parle de son dos. À 24 ans, cet ancien rejeton de Saint-Étienne devenu une roche à l'Emirates Stadium a changé de dimension depuis deux ans. Arsenal le traite comme un titulaire incontournable, et Deschamps en a fait le pendant naturel de William Koundé.
Un repos stratégique plutôt qu'une vraie alerte médicale
Le sélectionneur a donc choisi ses mots avec soin. Non, Saliba n'est pas vraiment blessé au sens où l'on pourrait le croire après un feuilleton médiatique. C'est du repos. De la prévention. Le genre de décision qu'on prend quand on a 48 heures devant soi avant un match qui n'existe que pour affûter les automatismes. Pourquoi le transformer en problématique majeure en le forçant à jouer contre la Côte d'Ivoire ?
Deschamps a préféré sortir Saliba du terrain, vérifier l'absence de souci réel, et puis voilà. Le joueur d'Arsenal était hier disponible pour l'entraînement, circulait normalement, et aucune appréhension n'a émané du staff médical français. Ce qui rassure d'ailleurs les supporters d'Arsenal, qui auront besoin de lui à la pleine puissance en janvier. Mikaël Silvestre, l'adjoint de Deschamps, et les médecins du groupe ont donné le feu vert sans équivoque.
C'est vrai que cette France-là a surtout des soucis ailleurs. Derrière, l'effectif respire. En attaque, on compte les blessés graves. Mbappé arrive frais, Griezmann pousse la machine pour faire oublier ses performances plutôt ternes de l'automne, et Benzema reste une question ouverte jusqu'à la divulgation de la liste définitive. Mais la défense ? Elle tient. Avec Saliba qui ne rechigne jamais à l'effort, qui regarde des vidéos seul pour progresser, qui parle peu mais pense beaucoup, voilà une pièce maîtresse trop précieuse pour être perdue deux semaines avant le grand événement.
Irlande du Nord comme dernier test avant l'odyssée mondiale
Reste maintenant le match d'Ulster. C'est un vrai dernier examen avant le vrai début. Irlande du Nord n'est pas Gibraltar, c'est une équipe qui joue pour existe dans cette fenêtre de novembre. Elle ne sera pas facile, même si personne ne voit réellement la France descendre de son piédestal. Mais un match de foot, ça se joue onze contre onze, et une grosse blessure peut survenir à la 15e minute sur un terrain boueux de Belfast.
C'est pour cela que Deschamps doit peser chaque décision de sélection comme on compte de l'or. Saliba à nouveau aligné, c'est le signal que le groupe est globalement rassuré, que le dispositif arrière va se reconduire selon le schéma établi depuis des mois. Koundé à gauche, Saliba à droite, Varane et Upamecano alternant au centre. Une hiérarchie qui a fait ses preuves contre les cadors européens pendant les éliminatoires. Et qui devrait suffire face à un Danemark du groupe D, un Pakistan ou un Uruguay qui ne seront pas des monstres sacrés.
- 24 ans, 47 sélections pour Saliba depuis ses débuts en bleu en 2022
- Arsenal a perdu seulement 3 fois cette saison avec lui titulaire en Premier League
- La France n'a encaissé que 8 buts en 8 matchs des éliminatoires avec Saliba et Koundé en charnière
- Irlande du Nord est le 111e pays affronté par les Bleus depuis 1904
Dimanche soir, si tout se passe bien, Saliba sera là. Discret, efficace, professionnel. Le genre de présence qu'on oublie souvent quand on commente un match, justement parce que le gars rend les choses invisibles, simplement en jouant du bon foot défensif. C'est exactement ce qu'il faut à Deschamps maintenant : des certitudes. Et Saliba en est une. Point à la ligne.