Le géant saoudien fonce sur le jeune ailier algérien de Feyenoord. Rotterdam demande une fortune. Les négociations s'accélèrent en Arabie.
Quand Al Ahli met la main à la poche en Arabie Saoudite, c'est rarement pour des cacahuètes. Le club de Riyad vient de se positionner frontalement sur Anis Hadj Moussa, l'ailier de Feyenoord qui cartonne depuis deux saisons en Eredivisie. Mais entre le souhait des Saoudiens et la réalité des comptes de Rotterdam, il y a un fossé. Un fossé que personne ne franchira sans mal.
Le dossier s'accélère. Al Ahli, qui peaufine son effectif depuis l'arrivée de moyens financiers massifs, a identifié en Hadj Moussa le profil idéal pour dynamiter son couloir droit. À 24 ans, l'international algérien aux 18 sélections incarne ce que recherchent les clubs du Golfe : la jeunesse, le talent brut, une mentalité de conquérant, et surtout une resale value intéressante. Pour Feyenoord, c'est l'occasion ou jamais de monétiser un joueur qui n'a coûté qu'une bouchée de pain à l'arrivée.
Pourquoi Rotterdam refuse de lâcher son pépite à bon marché ?
Les Néerlandais ont senti la poudre. Depuis que Hadj Moussa a éclaboussé la Eredivisie de son talent débridé, le club de la Cuillère ne raisonne plus en millions sympas mais en estimations réalistes du marché européen. Feyenoord exige un chèque titanesque, plusieurs sources parlant de chiffres avoisinant les 40 à 50 millions d'euros. C'est énorme pour un joueur qui ne sort pas d'une carrière flamboyante au Real Madrid, d'accord, mais c'est aussi le prix du marché quand une pépite française de ce calibre tape à la porte d'un club saoudien. Al Ahli, habitué à débourser sans transpirer, va devoir fléchir sur son budget initial.
Pourquoi cette intransigeance de Rotterdam ? Parce qu'Hadj Moussa a marqué les esprits. Ses statistiques en Eredivisie reflètent une progression fulgurante : vitesse, technique, apport défensif, polyvalence. Il tire, il dribble, il gagne ses duels. C'est un ailier complet, pas une baudruche sur pattes. Feyenoord le sait. Les autres clubs européens de prestige le savent aussi. Donc oui, Riyad doit mettre le prix s'il veut vraiment l'avoir.
Al Ahli a-t-il vraiment les reins assez solides pour surpayer ?
Voilà la vraie question. Le club saoudien vient de rafler quelques grands noms ces derniers mois, des joueurs qui nécessitaient des mises de départ colossales. Chaque euro investi dans le projet Al Ahli suit une logique : bâtir une équipe competitive pour le championnat local, mais aussi une machine capable de faire honneur en Ligue des Champions asiatique. Hadj Moussa s'inscrit parfaitement dans ce schéma.
Certes, Al Ahli n'a jamais tremblé quand il s'agissait d'envoyer les chiffres pour des joueurs de sa liste de souhaits. Mais il y a une limite, même chez les très riches. Quarante millions pour un ailier de Feyenoord, même talentueux, c'est une somme qui fait réfléchir. Pas impossible, cependant. Les Saoudiens savent que le marché européen en 2024-2025 fonctionne comme ça : vous voulez un prospect qui monte ? Vous payez. Sinon, vous attendez trois ans et vous le regardez devenir inaccessible.
Cette affaire change-t-elle l'équilibre des forces en Arabie Saoudite ?
Al Ahli cherche à consolider une domination qu'elle n'a pas. Contrairement au PSG qui régnait en maître en Ligue 1, ou au Manchester City en Premier League, Al Ahli doit se battre chaque week-end en Arabia. L'arrivée d'Hadj Moussa ne réglerait rien d'un coup de baguette magique, mais elle enverrait un message musclé : Al Ahli a l'ambition de grignoter les équipes rivales en piochant parmi les meilleurs jeunes talents du vieux continent.
Ce qui est intéressant, c'est la stratégie sous-jacente. Plutôt que de relancer des vétérans pour une dernière danse dorée, Al Ahli mise progressivement sur des joueurs en pleine montée. Hadj Moussa, à 24 ans, a devant lui dix années de haut niveau. C'est un investissement à long terme, pas une rente de situation.
Les négociations qui s'annoncent ressembleront à un combat de boxe. Feyenoord va camper sur ses chiffres, Al Ahli va tenter des approches intermédiaires, il y aura des coups bas et des promesses jamais tenus. À la fin, un accord émergera probablement, mais personne ne saura vraiment qui a cédé. C'est ça, le football moderne.