La presse espagnole révèle que Girona active ses connexions pour faciliter le départ d'Azzedine Ounahi vers Manchester City. Un coup de pouce qui pourrait accélérer le dossier.
Girona joue les intermédiaires. Selon nos confrères espagnols, le club catalan ne fait pas que regarder de loin l'intérêt de Manchester City pour Azzedine Ounahi — il l'encourage, voire l'active. Une position surprenante qui en dit long sur les relations nouées en haut de l'élite espagnole et la fluidité des marchés.
Quand Girona ouvre les portes de Manchester
L'information a circulé vendredi dans les médias ibériques avec insistance. Manchester City travaille sérieusement la piste Ounahi, mais c'est Girona qui pousse le dossier de manière active. Pourquoi un club irait-il faciliter le départ de ses meilleurs éléments ? Simple : la relation de propriété entre le groupe City et Girona n'est plus un secret. City football Group, le conglomérat qui gère l'écosystème autour de Pep Guardiola, possède aussi le club espagnol depuis plusieurs années. Les deux structures partagent donc une vision commune, des objectifs alignés.
Azzedine Ounahi, 23 ans, s'est imposé à Girona comme un élément central du système offensif. Le milieu de terrain marocain dispose d'une palette technique impressionnante : passes progressives, capacité de percussion, virosité dans les duels. À Manchester, il représenterait une option de très haut niveau pour densifier un groupe déjà riche mais toujours en quête d'alternatives créatives. Les Citizens ont compris qu'à ce niveau d'exigence, il faut entretenir la concurrence interne.
Selon l'entourage du joueur, Ounahi ne fermerait pas la porte. L'idée de rejoindre Guardiola, d'évoluer en Premier League, d'accéder à cette visibilité mondiale — tout cela représente un appel naturel pour une carrière qui monte en flèche. Mais avant de signer quoi que ce soit, les négociations doivent franchir des étapes importantes. Le timing, les garanties de temps de jeu, la structure financière, tout sera pesé.
L'ascension d'Ounahi et la mécanique City
Ounahi n'était pas une star planétaire il y a encore deux ans. Son irruption a été progressive, marquée par des saisons où il a progressivement gagné en influence à Angers, puis surtout à Girona. Cette saison, avec 6 buts et 4 passes décisives en 22 rencontres de championnat espagnol, il figure parmi les animateurs clés d'une formation qui joue le haut du classement. C'est cette forme qui a attiré les regards des grands clubs européens.
Manchester City fonctionne selon une mécanique bien rodée : identifier les talents en croissance, pas les superstars confirmées mais inaccessibles. Ounahi rentre parfaitement dans ce profil. Il a encore des marges de progression — il n'a pas atteint un plafond déjà très haut — et sa valeur marchande, bien que croissante, n'est pas astronomique. City sait aussi que sa structure de groupe permet de tester les jeunes talents via ses différentes franchises avant une éventuelle intégration à Manchester.
Le schéma fonctionne depuis des années : Girona devient un vivier, Manchester City l'écurie principale. Les transferts entre les deux clubs sont facilités, les joueurs circulent selon les besoins. Ounahi serait loin d'être le premier à emprunter ce chemin. Cette fluidité crée un avantage compétitif certain pour le groupe, même si cela suscite des questions éthiques récurrentes sur la concentration du pouvoir dans le football moderne.
Les défis avant la signature
Reste que transformer une intention en signature demande plusieurs étapes. D'abord, le prix : Girona ne cédera pas son joueur pour un montant dérisoire, même au sein du groupe City. On parle de dizaines de millions, probablement entre 40 et 60 millions d'euros selon les sources espagnoles. C'est un investissement sérieux, mais justifié pour les Citizens. Guardiola aime les demi-mesures : soit un projet long terme, soit un joueur à impact immédiat. Ounahi pourrait être les deux.
Deuxièmement, la question du temps de jeu. Avec Rodri, Gündogan, De Bruyne et les autres demi-finalistes de la Ligue des champions, la concurrence est féroce au cœur du jeu mancunien. Ounahi devra soit accepter un rôle de rotations, soit attendre ses chances. À 23 ans, ce calcul n'est pas anodin. Beaucoup de jeunes préfèrent une titularité certaine ailleurs qu'une place de luxe sur le banc de City.
Troisièmement, les autres prétendants. Paris, Liverpool, même le Real Madrid selon certaines indiscrétions, gardent un œil sur le Marocain. Manchester City n'a pas le monopole du dossier. La Premier League attire, certes, mais la Ligue 1 aussi. Ounahi pourrait vouloir tester un autre championnat, s'affirmer ailleurs avant un saut continental. Ces variables rendent tout scénario possible.
L'intérêt de Girona à faciliter le départ peut sembler étrange vue de France, mais elle répond à une logique simple : le club catalan gagne à la visibilité d'avoir formé ou lancé un joueur qui réussit à City, et surtout, il sait qu'il bénéficiera d'alternatives intéressantes via le réseau du groupe City. Win-win au niveau de la hiérarchie, mais pour Ounahi, le choix doit rester purement football : où pourra-t-il progresser le plus ?
Les prochaines semaines seront décisives. Manchester City, pressé par le mercato, devrait activer ses discussions. Girona, lui, ouvrira les portes sans traîner. La question est surtout de savoir si Ounahi voudra franchir cette porte maintenant, ou attendre un meilleur moment. À ce stade, tout reste ouvert.