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Football

Saint-Étienne lâche Montanier, l'après-chaos commence

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Philippe Montanier quitte l'AS Saint-Étienne à l'expiration de son contrat. Le technicien ne prolongera pas, fermant une page d'instabilité récurrente.

Saint-Étienne lâche Montanier, l'après-chaos commence

Juin arrive, et avec lui le départ qu'on sentait venir depuis des semaines. Philippe Montanier ne sera plus l'entraîneur de l'AS Saint-Étienne après ce mois. L'Équipe le confirmait samedi : pas de prolongation, pas de négociation surprise de dernière minute. Juste une porte qui se ferme sur une aventure sans relief, où le technicien aura peu marqué les esprits du Forez autrement que par son absence de solutions face aux crises.

Montanier, c'est un homme de transition à qui on a confié une équipe en lambeaux. L'AS Saint-Étienne, dans l'agitation permanente, avait besoin d'un «pédagogue expérimenté». C'est le discours qu'on avait entendu. Et puis voilà : en quelques mois, ce qui devait stabiliser n'a rien solidifié. Les Verts continuent leur dérive. Le club a changé quatre fois d'entraîneur en deux ans. Montanier, ce n'était qu'un rouage de plus dans cette machine cassée.

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Pourquoi cette séparation tombait-elle sous le sens?

Regardez les chiffres : depuis son arrivée en janvier 2024, Montanier n'a jamais trouvé le rythme. Une stabilité tactique, une identité offensive claire, des résultats probants — trois éléments basiques qui manquent cruellement à Geoffroy-Guichard. Entre le chaos de Loïc Perrin à la présidence et les turbulences sportives, aucun entraîneur n'avait les coudées franches. Montanier moins que les autres, peut-être.

Le technicien français, habitué aux petits clubs, aux constructions longues et patientes, s'est heurté à une réalité inattendue : Saint-Étienne n'est plus une forteresse. C'est devenu une maison hantée par ses anciennes gloires. Les supporters attendaient des miracles, la direction lui demandait de gérer les dégâts. Impossible de satisfaire les deux. Et puis il y a eu ces matchs sans inspiration, cette sensation permanente que rien ne prenait vraiment forme. L'équipe jouait sans conviction, l'entraîneur parlait sans emporter l'adhésion.

Saint-Étienne avait besoin d'un redémarage. Pas d'un pansement. Montanier était un pansement déjà usé.

Qui va relever ce défi presque impossible?

Voilà la vraie question. L'AS Saint-Étienne ne cherche pas juste un entraîneur. Elle cherche une boussole. Depuis la relégation manquée puis la remontée en Ligue 1, le club ressemble à un navire sans capitaine. Trois présidents en trois ans, quatre entraîneurs, un projet sportif aussi clair qu'une eau de vaisselle.

Qui accepterait de débarquer dans ce cirque? Un technicien ambitieux? Impossible, il aurait mieux à faire. Un homme de caractère capable de imposer l'ordre? Peut-être. Mais encore faudrait-il que la direction lui laisse les mains libres. Et ça, c'est loin d'être garanti. Perrin et ses conseillers se sont montrés imprévisibles, passant d'une idée à l'autre au rythme des agitations médiatiques.

Le profil idéal existe-t-il? Quelqu'un qui connaisse la Ligue 1, qui comprenne l'ADN stéphanois sans être écrasé par la nostalgie de l'époque Platini? Quelqu'un capable de transformer cette jeunesse talentueux en équipe de combat? Les candidats sérieux ne se bousculent pas. Et pour cause : reprendre Saint-Étienne, c'est hériter d'une situation de crise managériale plus qu'un véritable projet footballistique.

Peut-on enfin tourner la page des blessures du passé?

La vraie rupture ne se fera pas avec un changement d'entraîneur. Elle nécessiterait une décision radicale en haut, une refonte complète de la gouvernance. Saint-Étienne souffre d'une maladie plus profonde que tactique ou technique. C'est une maladie d'identité, d'ambition confuse, de communication chaotique.

Montanier partira sans avoir fait le pire, mais sans avoir sauvé quoi que ce soit. C'est un jugement sans complaisance, mais juste. Il n'aura pas la tâche de redresser une équipe. Il aura tenté de maintenir l'équilibre sur un vélo sans roue. Et puis voilà, c'était trop pour lui. Pour n'importe qui d'ailleurs.

L'été qui arrive sera déterminant. Non pas par l'arrivée d'un nouvel entraîneur, mais par les vraies décisions : qui va diriger le projet sportif? Quels joueurs garder, quels jeunes promouvoir, quels renforts chercher? Saint-Étienne a besoin d'un projet clair, pas d'un homme providentiel. Montanier s'en va. Le vrai travail commence maintenant, en coulisses, loin des projecteurs.

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