L'Atlético de Madrid bute sur le dossier Morten Hjulmand. Sporting Portugal refuse de bouger et les Colchoneros devront sortir le portefeuille.
Les Colchoneros pensaient avoir trouvé leur milieu de terrain. Morten Hjulmand, le polyvalent Danois du Sporting Portugal, semblait être la pièce qui manquait au puzzle de Diego Simeone. Mais la réalité madrilène rattrape vite les ambitions. L'Atlético vient de recevoir un non catégorique du Sporting, qui a rejeté sa première offre sans même envisager de véritables négociations.
Selon nos confrères d'AS, le club portugais a posé ses conditions de départ : une enveloppe bien au-delà de ce que Madrid est prêt à investir actuellement. Sporting n'est pas en position de force, mais son président n'en a cure. Hjulmand n'est pas un joueur à brader. Point final.
Pourquoi l'Atlético se sent obligé de bouger au milieu ?
Le mercato madrilène a commencé sous le signe de la prudence budgétaire. L'arrivée de Julian Alvarez l'été dernier n'a pas suffi à transformer l'attaque, et Simeone le sait : ses hommes ont besoin de fraîcheur au cœur du jeu. Les départs de Saúl Ñiguez et de Rodrigo de Paul ont créé un vide que ni Thomas Lemar ni Koke ne peuvent combler seuls. À 25 ans, Hjulmand représente ce profil hybride que recherchent les Colchoneros : un athlète capable de jouer en tant que latéral gauche mais aussi en tant que milieu défensif ou axial.
L'effectif madrilène compte 23 matchs disputés en Ligue des champions depuis le début de la saison. C'est dire l'intensité du calendrier. Simeone a besoin de rotations qualitatives, pas seulement de solutions de fortune. Hjulmand coûte cher ? C'est précisément parce qu'il n'est pas une solution bon marché que le Sporting tient bon.
Le Sporting peut-il vraiment laisser partir son joyau ?
Techniquement, oui. Financièrement, il refuse. Hjulmand est entré dans une dimension où les clubs portugais, même les plus prestigieux, savent que le vivier des talents européens s'assèche chaque année. Vendre maintenant, c'est renoncer à une ressource rare. Le Sporting comprend que son levier commercial repose sur ces joueurs capables d'attirer les regards du vieux continent.
Le club lisboète a déjà eu la malchance de perdre Luis Neto, parti gratuitement à la Juventus cet été. Il ne compte pas répéter l'erreur avec Hjulmand. L'international danois, qui a disputé 48 matchs la saison dernière toutes compétitions confondues, n'est plus un prospect : c'est un cadre bâti, éprouvé, avec une valeur marchande qui monte chaque mois. Pourquoi brader ?
La position du Sporting est donc claire : si vous voulez Hjulmand, vous payez le prix fort, autour de 60 à 70 millions d'euros selon les estimations en circulation. Pas de remise, pas de délai de paiement avantageux, pas de jeunes joueurs en échange pour baisser la facture.
L'Atlético va-t-il tenir la distance ou changer de cible ?
Madrid dispose d'alternatives, mais aucune n'offre le même profil. Jeremie Frimpong, latéral du Bayer Leverkusen, n'a pas les qualités défensives requises au milieu. Kephren Thuram, de la Juventus, n'est pas à vendre cet hiver. Et puis il y a cette réalité : le marché des milieux de terrain polyvalents s'est considérablement resserré. Les clubs gardent jalousement leurs joueurs polyvalents.
L'Atlético pourrait renâcler, laisser passer ce mercato d'hiver et repenser sa stratégie en juin. Mais Simeone sait que chaque semaine compte. Les Colchoneros jouent pour la Ligue des champions, pour la Liga, pour la Coupe du Roi. Attendre, c'est risquer de découvrir en février qu'on avait besoin d'une pièce maîtresse dès janvier.
Pour autant, sortir un chèque de 60 millions en période hivernale reste un acte de foi que peu de clubs européens peuvent se permettre sans déstabiliser leur équilibre financier. Madrid n'est pas Manchester City. Même l'Atlético, avec son nouvel élan commercial et ses revenus stadier améliorés, doit peser ses décisions.
Il ne fait aucun doute que cette impasse ne va pas durer éternellement. Soit l'Atlético montera les enchères et trouvera un terrain d'entente avec le Sporting dans les semaines à venir, soit les deux clubs iront explorer d'autres pistes. Mais pour l'instant, c'est un bras de fer classique du mercato : Madrid voudrait bien, Lisbonne demande trop, et Hjulmand attend de voir si le rêve espagnol en vaut vraiment le coup.