Fraîchement sacré champion d'Angleterre, Arsenal se présente en finale de Ligue des Champions sans complexe face à Paris. Mikel Arteta affiche une confiance déconcertante.
Arsenal débarque à Paris comme un champion. Littéralement. Quelques jours seulement après avoir remporté la Premier League, Mikel Arteta refuse de voir cette finale de Ligue des Champions comme une belle cerise sur le gâteau. C'est en conquistador que le coach espagnol aborde cette affiche contre le PSG, avec une arrogance tranquille qui surprend dans le football contemporain, où l'humilité est devenue une quasi-obligation médiatique.
L'audace d'Arteta, miroir d'une équipe sans doute
Mikel Arteta a clairement établi les contours mentaux de cette finale. Point de pression ici, point de doute. Arsenal vient chercher ce trophée, pas simplement le disputer. Cette mentalité tranche avec les approches habituelles des clubs anglais face aux géants français en Coupe d'Europe. Où certains managers se feraient minaudiers, Arteta campe sur ses positions : son équipe a dominé l'Angleterre cette saison, elle domine une Ligue des Champions qui n'a jamais su résister longtemps aux Gunners quand ceux-ci arrivent affûtés.
L'effectif fourni des arguments solides à cette confiance. Arsenal a enchaîné les victoires du printemps avec une fluidité offensive rarement égalée en Europe. Sur les dix-huit derniers matchs avant cette finale, le club londonien en a remporté seize. Seul Tottenham, lors d'un choc prématuré en demi-finale, avait imposé un nul laborieux. Rien de catastrophique pour une équipe qui a régalé le continent lors de ses sorties précédentes.
Arteta insiste sur la maturité de son groupe. Ce n'est pas une bande de jeunots qui débarquent en finale. Bukayo Saka, maintenant vingt-trois ans, a croisé le fer avec les meilleurs latéraux européens. Martin Ødegaard maîtrise son art au-delà du raisonnable pour ses trente ans. Et puis il y a Jorginho, qui a flairé la bonne affaire en January, ramenant avec lui cette expérience des grandes soirées milanaises. Cette ossature mature donne du relief à l'optimisme du coach.
Le PSG, lui, traîne depuis deux ans cette réputation de pouvantail européen façon bête de cirque : impressionnant sur le papier, vacillant quand ça compte vraiment. Les Parisiens n'ont remporté la Ligue des Champions qu'une seule fois en soixante-dix-huit ans. Arsenal en compte quatre, dont trois dans les années quatre-vingt-dix, et si le temps les a légèrement ternes, ces victoires gardent une pesanteur historique. Arteta joue aussi sur ce terrain mental, celui de la tradition continentale face aux nouveaux riches qataris.
Comment Arsenal compte faire plier Paris
Sur le terrain, la stratégie est limpide. Arsenal construira en cœur de jeu, obligeant le PSG à sortir de sa coquille défensive. Les Gunners possèdent deux supériorités techniques manifestes : leur tissu de passes au milieu et cette capacité à jouer vite, très vite même, dès qu'une balle traîne. Kylian Mbappé est redoutable en contre, bien sûr, mais il est aussi humain quand il faut défendre sur quarante-cinq mètres d'intensité.
Arteta mise sur l'ascendant physique. Arsenal cette saison a remporté 58% de ses duels au milieu, un chiffre qui ne dit rien aux ignorants mais qui parle volumes aux tacticiens. Ce n'est pas une équipe qui se laisse marcher dessus. Lors de la demi-finale contre Tottenham, les Spurs ont compris la leçon : on ne casse pas Arsenal en le frappant, il faut le tromper techniquement, et c'est diablement difficile.
La défense parisienne, vieillissante et souvent poreuse cette saison, devrait rencontrer des tourments précoces. Si Arsenal commence bien le match — et ses débuts sont généralement bien orchestrés — le PSG se trouvera acculé à un jeu contre nature, où il devra accélérer et créer dans l'urgence. C'est justement quand Mbappé et Luis Enrique sortent leurs plus beaux coups, mais c'est aussi quand les erreurs pénalisent. Les Parisiens les paieraient cher face à cette redoutable machine gunners.
Voilà maintenant les chiffres qui pèsent : Arsenal a concédé seulement 28 buts en Premier League cette saison. C'est mieux que Manchester City. Le PSG en a encaissé 38 en Ligue 1, certe face à des adversaires moins affûtés, mais l'écart reste vertigineux. Cette défense parisienne fissurée, c'est la zone à exploiter systématiquement pour les Londoniens.
- 58% de duels remportés par Arsenal en Ligue 1 anglaise
- 16 victoires en 18 derniers matchs pour les Gunners
- 28 buts encaissés seulement en Premier League pour Arsenal
- 4 Ligues des Champions remportées par le club historiquement
Reste à savoir si cette confiance affichée par Arteta est simplement du calcul médiatique ou le reflet d'une véritable certitude collective. À en croire l'entourage du manager, il n'y a aucune fausse note dans le groupe. Les joueurs ont intégré qu'ils ne jouaient pas le bonus, mais bien le couronnement d'une saison exceptionnelle. Cette mentalité, c'est parfois la différence entre un final mémorable et un revers douloureux. Arsenal le sait. Paris aussi.