Paris active ses contacts avec West Ham pour recruter l'ailier Crysencio Summerville et le milieu Mateus Fernandes. Une opération ambitieuse pour renforcer l'effectif avant la saison prochaine.
Le PSG n'attend pas janvier pour se projeter au-delà. Alors que la machine parisienne fonctionne sur tous les cylindres en Ligue 1, l'état-major du Parc des Princes actionne déjà les leviers du mercato. Et cette fois, les Parisiens ne visent pas un renfort ponctuel : ils ciblent un duo complémentaire du côté de West Ham, avec Crysencio Summerville en première ligne de mire.
Pourquoi West Ham concentre l'attention du PSG?
Judd Rennes et son équipe ne découvrent pas West Ham. Le club anglais tourne en ce moment comme une pépinière de talents européens, avec un effectif largement rajeuni et une philosophie de vente bien établie. Crysencio Summerville sort d'une première saison intéressante en Premier League, loin du chaos initial attendu après son arrivée de Leeds. L'ailier gauche néerlandais, 22 ans, dispose de cette mobilité offensive que Paris recherche pour compléter son animation frontale.
Avec 7 buts et 6 passes décisives depuis son arrivée à Stratford, Summerville n'a pas explosé les compteurs. Mais son profil répond à une logique claire : polyvalent, capable de jouer sur les flancs ou en retrait, jeune et valorisable à la revente. C'est l'ADN du recrutement parisien depuis trois ans. En parallèle, Mateus Fernandes, 21 ans, sort d'une montée en puissance prometteuse au cœur du jeu de West Ham. Ce Portugais représente un investissement plus spéculatif, mais dont les progrès en Premier League n'échappent à personne.
Paris voit dans ce duo la possibilité de gagner du temps. Plutôt que de courir après deux monstres de Ligue 1 ou de Serie A, les Parisiens préfèrent construire sur de jeunes éléments susceptibles de progresser ensemble. Une stratégie différente, certes, mais qui colle à la réalité : les grands talents établis coûtent trop cher dans le contexte actuel, et West Ham a déjà la réputation de négocier sec.
Quel prix pour arracher ces deux recrues?
Ici commence le vrai jeu. West Ham n'est pas une chandelle. Les Hammers ont investi massivement cet été : Julen Lopetegui coûtait ses 20 millions, les pépites portugaises ont dépassé les 50 millions à elles seules. Avec un portefeuille à renflouer et peu de certitude sur le projet à moyen terme, le club anglais doit vendre, mais pas en dessous de ses espérances.
Summerville, hormis ses chiffres moyen, dispose d'un stock de jeunesse et d'adaptabilité qui intéresse. Paris pourrait facilement débourser entre 40 et 50 millions d'euros pour le sécuriser. Quant à Fernandes, moins établi mais potentiellement plus central au jeu parisien, les demandes peuvent grimper à 30-35 millions. Au total, une enveloppe de 70 à 85 millions d'euros semble réaliste pour les deux.
Le contexte favorise Paris. Les Anglais font face à un mercato tendu, leurs rentrées financières tardent, et ni Summerville ni Fernandes n'est un incontournable dans les plans à long terme de West Ham. Si Lopetegui venait à basculer (une question ouverte après plusieurs résultats décevants), une vente accélérée deviendrait même probable. Les contacts actuels en coulisses suggèrent que Paris sait exactement quel prix demander et comment l'obtenir.
Ces deux renforts suffisent-ils aux ambitions parisiennes?
Non. Et le PSG le sait. Cette opération West Ham n'est qu'une pièce du puzzle. Le club francilien poursuit trois priorités distinctes : un défenseur central de classe mondiale (Akanji reste la cible, malgré les blocages munichois), un latéral gauche capable de remplacer Nuno Mendes en cas de pépin, et un renfort offensif flexible. Summerville et Fernandes cochent une case, mais pas la principale.
Les dirigeants parisiens ont d'ailleurs tiré les conclusions des derniers mois : l'effectif s'est renforcé, oui, mais il lui manque de la profondeur et de la polyvalence. Quatre compétitions (Ligue 1, Ligue des champions, Coupe de France, Coupe de la Ligue), c'est lourd. Deux recrues jeunes et prometteuses aident à respirer, mais ne suffisent pas. Luis Enrique a martelé ce message publiquement. La direction l'a écouté.
Reste que l'été 2024 sera décisif. Les fenêtres anglaises se fermeront avant la mi-septembre, les clubs européens avant fin août. Si Paris veut museler West Ham maintenant, il faudra frapper fort et vite. Les échos en provenance de Londres suggèrent que les discussions ne sont pas au stade purement exploratoire : il y a une vraie intention parisienne derrière. Summerville et Fernandes pourraient débarquer dans les trois mois qui viennent.