Lors d'une interview M6, Kylian Mbappé a lâché une sortie tranchante sur le favoritisme supposé de la CAN. Une phrase qui va secouer le continent africain.
Kylian Mbappé n'a jamais été du genre à mâcher ses mots. Ce jeudi soir, face aux caméras de M6, le capitaine de l'équipe de France a décidé de cracher ce qu'il pensait vraiment sur la Coupe d'Afrique des Nations. Et autant dire que la bombe qu'il a lâchée risque de faire trembler les châteaux de sable qu'on s'apprêtait à construire tranquillement entre Rabat et Dakar.
Pas de préambule diplomatique, pas de sourire de façade. Mbappé a simplement affirmé que la CAN était acquise d'avance au Maroc ou au Sénégal, comme si le scénario était écrit d'avance, comme si les autres équipes du continent venaient juste faire du remplissage. Vous imaginez la tête de Mohamed Salah à lire ça ? Ou celle de Karl Toko Ekambi avec le Cameroun ? Franchement, c'est la phrase qui tue l'ambition de vingt autres nations d'une seule traite.
Quand le numéro 9 français joue les faiseurs de roi
Il y a une arrogance particulière à décréter le gagnant avant même que le ballon ne roule. Mbappé, lui, il fait juste constater une réalité qu'il juge incontestable — et c'est là que ça devient intéressant. Le Maroc, deuxième en 2022, a des arguments massifs : Hakim Ziyech en forme royale, une défense de béton, une histoire récente de performances dignes des plus grands. Le Sénégal, champion en titre depuis 2022, c'est une machine rodée, avec Sadio Mané qui pousse encore les murs du stade quand on l'appelle.
Mais en disant ça publiquement, Mbappé ne fait qu'exposer ce que tout le monde chuchote dans les coulisses : ces deux équipes ont-elles vraiment un niveau au-dessus du reste du continent ? Les chiffres ne sont pas si clairs. Sur les trois dernières CAN, on a vu des Égyptiens, des Algériens, même des Ivoiriens qui ont montré qu'ils pouvaient rivaliser. En 2019 par exemple, l'Algérie a remporté la CAN avec une autorité de champion du monde. Trois ans après, le Sénégal a effectivement emprunté cette couronne, mais c'est loin d'être une domination écrasante.
L'interview du capitaine français pose donc une vraie question : est-ce que Mbappé regarde vraiment le football africain, ou il répète juste ce qu'on lit dans les analyses de surface ? Parce que ceux qui suivent vraiment la CAN savent qu'une surprise d'envergure n'est jamais loin.
La France observe depuis son Olympe, ou presque
Ce qui résonne bizarrement dans cette sortie, c'est le timing. Mbappé parle de la CAN alors que la France se prépare pour un Mondial qui n'existe déjà plus vraiment pour elle dans le débat immédiat — du moins pas pour 2026. Non, ce qui intéresse le champion du PSG, c'est de poser son regard d'expert sur les affaires du continent voisin. C'est un luxe que seul un mec qui joue pour les plus grands clubs se permet.
Remarquez, Mbappé n'a pas dit que personne d'autre ne pouvait gagner. Il a juste mis les deux favoris sur le devant de la scène comme si le suspense était du cinéma. C'est un acte de positionnement plus qu'un vrai procès. Il se place en observateur avisé, en gars qui connaît le foot en profondeur. Et pour 80% des gens qui le lisent, ça passe : il a raison, le Maroc et le Sénégal sont clairement devant.
Sauf que le foot, c'est aussi là qu'habite la blessure. Cette CAN-là, elle est prévue en janvier 2024 — non, attendez, vous parliez de quand exactement ? Parce que la vraie question, c'est de savoir si Mbappé parle d'une édition futur ou s'il fait juste un constat sur la hiérarchie du moment. Si c'est une édition à venir, sa prédiction sent déjà le défi lancé aux outsiders.
Et les autres, ils font quoi dans ce scénario écrit d'avance ?
Vous le savez, quand quelqu'un de l'envergure de Mbappé dit publiquement que deux équipes vont monopoliser un trophée, ça crée une dynamique étrange. Soit les autres équipes se révoltent et jouent comme des possédés pour le prouver au monde entier que les grosses pointures se trompent. Soit elles abdiquent avant même de jouer, vaincues par cette vague médiatique anesthésiante. C'est psychologique, un peu sadique aussi.
La Côte d'Ivoire, avec sa nouvelle génération ? Les Camerounais qui ont montré de belles choses ? Même la Guinée ou le Mali, qui jouent un foot brutal et vibrant ? Ils viennent de se faire dire implicitement : « Vous, les gars, c'est pas pour vous. » Voilà ce qui devrait vraiment mettre en rage les sélectionneurs.
Mbappé, lui, il rentre à Paris, il gagne ses matchs de Ligue 1, et il regarde de loin si la CAN suit son script. C'est confortable comme position. C'est aussi la position d'un mec qui, au fond, n'a pas besoin de prouver grand-chose à grand monde. Mais ça reste une sortie maladroite, même si elle n'était probablement pas destinée à faire du bruit.
La vraie question maintenant, c'est comment cette phrase va circuler au Cameroun, au Burkina, en Guinée. Est-ce qu'elle va motiver les outsiders ou les paralyser ? Parce que dans le foot africain, contrairement à ce que croient les observateurs parisiens, les petites phrases innocentes ont une drôle de façon de revenir pour vous hanter.