Après une saison gâchée par les blessures, le défenseur tunisien quitte Marseille. Une vente programmée qui rapporte gros au club phocéen dans un contexte financier tendu.
Nayef Aguerd n'aura pas eu le temps de poser ses valises à Marseille. Arrivé de West Ham cet été avec l'étiquette de renfort majeur, le défenseur central tunisien va être sacrifié sur l'autel des réalités économiques de l'OM. Une clause de départ activée pour environ 15 millions d'euros, et le voilà déjà dehors après une saison où les blessures ont ravagé ses ambitions et celles du club.
Comment une promesse devient un fardeau en neuf mois ?
Les débuts d'Aguerd à Marseille avaient pourtant chauffé les cœurs. Un défenseur central robuste, expérimenté, capable de jouer sur les deux pieds, habitué aux compétitions prestigieuses. Sur le papier, le profil collait parfaitement aux besoins d'une défense malmenée la saison précédente. Les premiers matches ont confirmé les espoirs : une présence rassurante, une lecture du jeu correcte, l'impression que l'OM tenait enfin un vrai mur défensif.
Puis sont venues les tuiles. Les blessures musculaires ont enchaîné les absences, transformant rapidement le renfort en fantôme. Une entorse là, une contracture ailleurs, et voilà Aguerd cloué à l'infirmerie pendant plusieurs semaines consécutives. Quand il revenait, à peine avait-il le temps de retrouver ses marques qu'une nouvelle alerte musculaire l'envoyait se chauffer à nouveau sur le banc.
Résultat des courses ? Un joueur de 28 ans qui n'a jamais trouvé son rythme, qui n'a pas eu la continuité nécessaire pour s'imposer dans une hiérarchie défensive que les coaches ont dû redéfinir sans cesse. L'investissement initial, prometteur, s'est évaporé dans les salles de traitement du centre d'entraînement.
Pourquoi l'OM accepte de le lâcher aussi vite ?
La réponse tient en trois lettres : FFP. Les règles du fair-play financier n'ont jamais été aussi strictes en Ligue 1. L'OM respire mal, ses comptes ont besoin d'oxygène, et chaque million récupéré sur un transfert pèse lourd dans la négociation avec les autorités de contrôle.
Aguerd dispose d'une clause permettant au club de le vendre aux alentours de 15 millions d'euros. Pour Marseille, c'est une occasion en or de se délester d'un salaire conséquent (estimé autour de 80 000 euros brut par semaine) sans perdre la face. Le joueur n'aura pas joué tant que ça, certes, mais il offre au moins une sortie honorable : un club intéressé, un prix qui tient debout, une libération mutuelle.
Côté sportif, la décision est aussi simple qu'arithmétique. Sans cet argent, le club ne pourra pas recruter ailleurs. Avec ces 15 millions, Pablo Longoria et son président envisagent déjà de futures opérations. C'est du calcul pur : sacrifier un élément fragilisé pour en renforcer deux autres susceptibles de vraiment changer la donne.
L'année blanche d'Aguerd ramène aussi une question embarrassante aux décideurs : a-t-on vraiment bien évalué ce transfert dès le départ ? West Ham a-t-il tout fait pour écouler un joueur posant problème ? Les faits sont là : une saison perdue, des ambitions évanouies, et surtout, pas le temps de se construire une histoire à l'OM.
Vers quel horizon s'en va le Tunisien ?
Plusieurs clubs flairent la bonne affaire. Un joueur d'expérience, capable de jouer les matchs quand il est disponible, avec un prix réduit en raison des circonstances malheureuses de son passage à Marseille. Les prétendants en Ligue 1 ne manquent pas, tout comme ceux venant d'Arabie Saoudite où les petites clauses de sortie ne font pas peur aux portefeuilles gourmands.
Aguerd va rebondir, probablement. Les joueurs de sa trempe trouvent toujours une porte de sortie. Mais Marseille perd une pièce qui aurait pu être majeure si la malchance n'avait pas frappé. Un nouveau chapitre qui s'écrit tristement dans la longue saga des transferts ratés de l'OM, où les blessures transforment les rêves en comptes d'exploitation.