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Football

Habib Beye tacle Roberto De Zerbi et met le doigt sur le mal marseillais

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

L'ancien défenseur de l'OM a pointé l'irrégularité chronique du club phocéen, en pleine course pour le podium à cinq journées de la fin.

Habib Beye tacle Roberto De Zerbi et met le doigt sur le mal marseillais

«L'OM n'est pas constant.» Trois mots. Habib Beye n'a pas eu besoin d'un long discours pour résumer ce que beaucoup pensent tout bas sur la Canebière. L'ancien latéral droit marseillais, aujourd'hui consultant respecté, a lâché un tacle propre mais appuyé à Roberto De Zerbi et à sa formation, à quelques jours d'un déplacement capital à Lorient. Quatrième au classement de Ligue 1, l'Olympique de Marseille aborde ces cinq dernières journées avec une pression que ses propres performances ont contribué à fabriquer.

Beye a-t-il tort de pointer l'irrégularité de l'OM comme son vrai problème ?

Pas vraiment. Les chiffres parlent pour lui. Sur les quinze dernières journées de championnat, l'OM a alterné les performances de haute volée avec des contre-performances difficilement explicables, le genre de séquences qui font douter d'un projet tactique pourtant ambitieux. Roberto De Zerbi a débarqué à Marseille avec une réputation européenne bâtie à Brighton — un football offensif, intense, construit dans le détail — mais la Ligue 1 ne lui a pas encore offert la régularité qu'il exige de ses joueurs.

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Beye ne remet pas en cause le talent de l'entraîneur italien. Il identifie quelque chose de plus structurel. Un groupe qui doute dans les matchs fermés, qui se perd quand l'adversaire bloque les circuits habituels, qui encaisse des buts évitables au pire des moments. Sur la phase retour, l'OM compte parmi les équipes qui ont lâché le plus de points sur des situations maîtrisées en première mi-temps. Ce n'est pas un problème de philosophie de jeu. C'est un problème de solidité mentale et de gestion collective.

Le message de l'ancien international sénégalais est donc double. D'un côté, une critique directe du manque de constance. De l'autre, un avertissement à peine voilé sur ce que peut coûter cette irrégularité dans une fin de saison où chaque point vaut de l'or.

Que risque vraiment l'OM dans cette fin de saison sous pression ?

Tout, ou presque. La qualification en Ligue des Champions, objectif proclamé dès la nomination de De Zerbi, se joue maintenant. Avec un Stade de Reims, un RC Lens et un Stade Brestois qui ne lâchent rien derrière, la quatrième place n'est pas une garantie mais une alerte permanente. Et la troisième place, celle qui mène directement en phase de groupes, appartient encore à des adversaires directs que l'OM devra croiser.

Le déplacement à Lorient, avant-dernier du classement et techniquement relégable, ressemble à un piège classique. Ces matchs-là, contre des équipes dos au mur, ont souvent été fatals à l'OM cette saison. Marseille a perdu ou partagé des points face à des adversaires inférieurs sur le papier, alimentant exactement le reproche formulé par Habib Beye. Ce samedi à 17h, sur la pelouse du Stade du Moustoir, la réponse sera sur le terrain.

Roberto De Zerbi, lui, assume publiquement la pression. Il ne cache pas ses ambitions pour le club, il ne minimise pas les attentes d'un effectif à plus de 100 millions d'euros investi sur le mercato estival. Mais entre les ambitions affichées en conférence de presse et les réalités du samedi soir, l'écart reste trop visible pour être ignoré. Beye, qui a porté ce maillot, sait mieux que quiconque ce que représente un OM qui gagne — et ce que pèse un OM qui déçoit.

De Zerbi peut-il encore retourner la situation avant le mercato estival ?

La question est moins anodine qu'elle n'y paraît. Si l'OM rate la Ligue des Champions, les conséquences dépassent le simple classement sportif. Pablo Longoria a bâti un modèle économique qui repose sur les revenus européens et la capacité à vendre des joueurs formés ou révélés au club. Sans C1, les négociations du prochain mercato se feront dans un rapport de force différent. Les joueurs attirés par la promesse de jouer sur la grande scène européenne pourraient regarder ailleurs.

De Zerbi a pourtant du crédit. Son football séduit, il a su faire progresser individuellement plusieurs éléments du groupe — Mason Greenwood retrouve une forme internationale, Pierre-Emile Höjbjerg s'est imposé comme un cadre indiscutable dans l'entrejeu marseillais. Le bilan n'est pas noir. Mais dans le football de haut niveau, les nuances disparaissent vite quand les résultats ne suivent pas.

Habib Beye n'a pas cherché à démolir un entraîneur ni à rallumer les brasiers d'une ville qui s'embrase vite. Il a juste posé un diagnostic que beaucoup à Marseille refusent d'entendre avant qu'il ne soit trop tard. L'irrégularité, c'est rarement un hasard. C'est souvent le symptôme d'un groupe qui n'a pas encore trouvé son identité collective, qui hésite entre plusieurs versions de lui-même selon les matchs et les enjeux.

La fin de saison dira si Roberto De Zerbi est capable de faire basculer ce groupe dans une forme de maturité compétitive. Cinq journées, cinq finales. L'OM a les armes pour y aller. La question, désormais, c'est de savoir s'il en a la constance.

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