Après six mois à Sassuolo où il a disputé 13 matchs, le latéral Ulisses Garcia fait son retour à l'OM cet été. Un prêt qui n'aura pas convaincu sur la durée.
Ulisses Garcia revient à la case départ. Six mois après son envol pour la Série A, le latéral de l'Olympique de Marseille s'apprête à retrouver la Canebière, ses rues et son climat méditerranéen. Le prêt à Sassuolo, censé relancer une carrière enlisée, ne s'est pas transformé en conte de fées italien. Voilà ce qui se passe quand on croit qu'un changement d'air suffit à tout régler.
Une parenthèse transalpine sans révélation
En janvier dernier, Garcia était parti chercher du temps de jeu en Italie. Quatre apparitions en Ligue 1 depuis le début de la saison — un chiffre qui parlait de lui-même — rendaient le départ nécessaire, presque salvateur sur le papier. Sassuolo semblait l'endroit idéal : un club ambitieux, un championnat haut de gamme, une opportunité de monter en puissance dans un contexte moins compressé qu'à Marseille.
Sur le terrain transalpin, Garcia a accumulé 13 matchs. Un bilan correct, sans plus. L'expérience aura eu le mérite de l'exposer à un football exigeant, de le tester contre des équipes italiennes où la défense n'est pas une option mais une religion. Mais rien n'indique que ces mois en Émilie-Romagne ont transformé le joueur en leader défensif. Les entraîneurs emballés par ses performances ne se sont pas bousculés. Le miracle n'a pas eu lieu, celui où un club aurait déboursé pour le conserver définitivement.
C'est la nature des prêts : ils sont des parenthèses. On espère que ce temps loin du club mère sera productif, qu'il générera une prise de conscience ou une explosion de talent. Garcia en aura tiré de l'expérience, probablement. Mais à 24 ans, quand on revient d'un prêt sans avoir changé la donne, les questions s'accumulent.
Marseille face à ses incertitudes latérales
Le retour de Garcia ne pose pas uniquement une question personnelle. L'OM possède actuellement un flou inquiétant à ses postes de latéraux, terrain où les dégâts de la saison 2023-24 se mesurent en confiance perdue et en continuité sacrifiée. Garcia aura du mal à clarifier ce brouillard dès son arrivée estivale.
Depuis deux ans, la latéralité marseillaise semble maudite. Des blessures, des performances érratiques, des joueurs en décalage avec le collectif : la région a connu pire, mais pas dans les dix dernières années. Quand un joueur revient d'un prêt dans ces conditions, ce n'est jamais comme s'il était parti. Il traîne des chaînes, celles de l'incertitude. Les supporters se demandent déjà : pourquoi l'avoir renvoyé en prêt s'il ne s'impose pas ailleurs ?
Cette situation reflète une gestion de ressources humaines qui interroge. Envoyer un joueur en Série A avec l'espoir qu'il revienne transformé, c'est bien. Mais quand cela ne se produit pas, on s'expose à des doutes sur l'évaluation interne. Qui a pensé que Garcia avait besoin de ce détour ? Qui a cru qu'il trouverait à Sassuolo ce qu'il ne pouvait pas chercher à Marseille ? Ces questions vont circuler cet été, à mesure que l'équipe de De Zerbi se dessine et que chaque morceau du puzzle doit trouver sa place.
Un été décisif pour redéfinir les rôles
Le retour de Garcia pose une question plus large : que veut construire l'OM cette saison ? Le club provençal aura besoin de clarté, de hiérarchie affichée à chaque poste. Les vétérans, les jeunes en quête de temps, les rescapés de campagnes précédentes : tout ce monde doit trouver un sens collectif. Garcia, comme d'autres, aura un rôle à jouer, mais lequel reste à définir.
À 24 ans, il a encore des pages à écrire. Mais cette parenthèse transalpine sans dénouement heureux le place dans une position d'incertitude. Revenir à Marseille sans avoir marqué les esprits ailleurs, c'est d'une certaine manière revenir en position de fragilité. Il lui faudra retrouver sa place dans un club en construction, entre les attentes des supporters et l'exigence d'un entraîneur qui ne transige pas. L'été marseillais s'annonce dense. Garcia en sera un acteur parmi d'autres.