Grâce à un doublé de Viktor Gyökeres, Arsenal a dominé Fulham ce samedi et retrouve de la sérénité après un mois d'avril morose. Les Gunners reprennent confiance à quatre journées de la fin.
Arsenal respire enfin. Après quatre semaines où chaque match ressemblait à un examen, où la Champions League s'était échappée et où Manchester City avait grignoté des points précieux en championnat, les Gunners avaient besoin de cette démonstration. La victoire 4-1 contre Fulham samedi soir, portée par le doublé clinique de Viktor Gyökeres, n'était pas juste un succès. C'était une cure de jouvence.
Depuis le début du mois, Mikel Arteta voyait son équipe s'essouffler. Trois défaites en avril, dont cette élimination en C1 face à Bayern Munich qui avait sonné comme un coup de massue. En parallèle, City creusait l'écart, passant de trois points derrière à une avance confortable. À quatre journées de la fin de saison, Arsenal pouvait légitimement douter. Dimanche, ce doute s'est volatilisé.
Gyökeres sort Arsenal du tunnel
Le Suédois n'avait pas enchainé les performances depuis son arrivée à Londres en janvier. Arrivé comme grand renfort offensif, Gyökeres avait souvent été discret, submergé par la densité tactique de la Premier League. Ce samedi, il a retrouvé le chemin des filets dès la 23ème minute, d'une finition précise qui a libéré Craven Cottage. Son second doublé du match, inscrit en seconde période, a scellé le sort de Fulham avant même l'heure de jeu.
Arteta avait fait confiance à son 9, malgré les critiques qui montaient depuis plusieurs semaines. « Viktor a besoin de continuité », avait déclaré l'entraîneur d'Arsenal en conférence de presse avant le match. Cette performance devrait faire taire les doutes. Deux buts, une présence physique retrouvée, une justesse de mouvement enfin visible. Gyökeres a montré pourquoi il avait justifié cet investissement important cet hiver.
Mais au-delà du Suédois, c'est l'équipe toute entière qui a retrouvé du mordant. Le pressing était agressif, les transitions rapides, la circulation du ballon fluide. Rien à voir avec ces soirées pâles de début avril où Arsenal semblait jouer en retard d'une demi-seconde sur l'adversaire.
Le timing parfait avant l'ultime sprint
Fulham, malgré un but de consolation, n'a jamais pesé lourd. Les Cottagers ont subi le jeu pendant 70 minutes, incapables de contenir la dynamique offensive des Gunners. Marco Silva avait présenté une équipe sans mayonnaise, sans intensité, comme si le résultat était écrit d'avance.
Pour Arsenal, cette victoire arrive à moment critique du calendrier. Quatre matches restent à jouer. Manchester City, avec une avance de deux points à la veille de cette 34ème journée, représente un mur difficile à franchir. Mais du moins, Arteta peut compter sur une équipe qui retrouve de la fluidité, des cadres qui retrouvent la sérénité. Bukayo Saka a été omniprésent sur son flanc droit. Martin Ødegaard a orchestré le jeu avec cette élégance qui le caractérise. Et en défense, Arsenal n'a concédé qu'une brèche, témoignant d'une solidité redéployée.
Le contexte était aussi favorable. Après quatre semaines où chaque victoire semblait insuffisante face aux exigences de la course au titre, bombarder un concurrent quatre buts net du terrain, c'est le genre de match qui reconstruit la confiance collective. Les joueurs sortent du Cottage avec autre chose que des trois points dans le sac : ils ont repris goût à leur jeu.
Une dernière chance de rattraper City
La question qui taraude désormais Arsenal est simple : cette victoire marque-t-elle un tournant ou n'est-elle que le résultat d'une équipe enfin face à un adversaire à sa portée ? Fulham, respectable en défense mais sans prétention au titre, n'est pas Bayern Munich. Pour jauger réellement la résurrection des Gunners, il faudra voir comment ils réagissent face aux ténors du Top 6 dans les trois derniers matches, notamment cette possible confrontation directe contre City si jamais le suspense persiste.
Arteta a parlé de « performance solide » après le match, refusant l'exubérance. C'est sa méthode. Mais en coulisse, dans les vestiaires d'Emirates Stadium, l'atmosphère doit être bien différente. Arsenal a retrouvé son sourire. Gyökeres a retrouvé son efficacité. Et surtout, les Gunners gardent mathématiquement une chance de revenir sur City avant le terme de la saison. Ce n'était pas gagné il y a deux heures.