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Football

Emersonn, le coup de poker brésilien de Toulouse qui attire déjà les convoitises

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Six mois après son arrivée de Turquie pour 3,2 millions, le jeune ailier brésilien reçoit déjà des propositions. Toulouse doit trancher entre vendre ou construire.

Emersonn, le coup de poker brésilien de Toulouse qui attire déjà les convoitises

Quand on demande à un directeur sportif ce qu'il craint le plus, la réponse tombe rarement sur les virages de la Ligue 1. C'est d'avoir raison trop tôt. Toulouse, depuis l'arrivée d'Emersonn cet été en provenance de Göztepe, commence à expérimenter cette sensation délicieuse et angoissante : avoir déniché quelque chose avant les autres. Six mois à peine après son débarquement pour 3,2 millions d'euros, le Brésilien de 21 ans reçoit déjà des offres. Preuve que le marché, impitoyable, a repéré ce qu'il prenait autrefois des années à construire en silence.

Un ailier qui tourne à 6 buts en L1, c'est déjà une histoire

Les chiffres bruts d'abord. Six buts en Ligue 1 depuis août, c'est le genre de rendement qui, pour un joueur au profil aérien et véloce, s'apparente à un petit miracle. Pas le Messie, mais assez de substance pour qu'on se demande où on l'a trouvé. Emersonn ne court pas après le ballon, il l'attend dans les espaces. Il n'y a pas cette nervosité des jeunes ailiers français qui font du pressing comme s'il y allait de leur carrière à chaque engagement. Non, il y a quelque chose de plus détaché, presque nonchalant, qui rappelle les meilleurs ailiers brésiliens : une économie de mouvement.

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Toulouse a pris un risque calculé en le plongeant directement en Ligue 1 au lieu de le tester quelques mois en National ou en deuxième division. C'est le gamble qu'avaient pris Bordeaux avec Neymar en son temps, même s'il ne faut pas pousser le bouchon. Mais le principe tenait : laisser un jeune Brésilien s'épanouir dans un championnat où la défense, contrairement aux idées reçues, se joue autant aux pieds qu'à la tête.

Ce qui rend ses 6 buts intéressants, c'est qu'ils ne sont pas venus d'une équipe au bord du gouffre envoyant des ballons au hasard vers l'avant. Toulouse, même laborieux parfois, offrait une structure minimale. Et Emersonn, plutôt que de se perdre dedans, s'est construit une place. Les équipes qui observent maintenant savent qu'il n'y a pas qu'un vide à combler, mais un vrai joueur avec des repères.

La Turquie, apprentissage incompris des clubs français

Avant d'éclabousser la Ligue 1 de son jeune talent, Emersonn vivait en Turquie. Göztepe, ce n'est pas une destination exotique pour un Brésilien qui rêve d'Europe, c'est plutôt le plan B du plan B. Et pourtant, depuis une décennie, quelques directeurs français ayant du flair ont compris que la Super Lig turque, malgré son aura moins brillante que l'Espagne ou l'Italie, restait un excellent vivier. Moins regardée, moins demandée, donc moins chère.

Toulouse n'a pas découvert Emersonn en ligne, ce qui aurait mérité un chapeau. Non, c'est le type de repérage qui suppose d'avoir véritablement regardé des matchs, d'avoir compris comment le joueur se positionnait, comment il réagissait au pressing, où était vraiment son niveau physique. L'Estac avait tiré Iago Borduchi des mêmes eaux turques voilà quelques années. C'est le même réseau, le même type de pari.

La particularité de Göztepe, c'est que le club joue généralement pas pour le titre mais pour la stabilité. Moins de pression, plus d'espace pour un jeune ailier s'inventer. Quand vous regardez un Brésilien faire ses débuts en Turquie, c'est souvent qu'il a besoin d'une deuxième chance ou d'une première vraie occasion. Emersonn appartenait à la première catégorie. Les regards se posaient ailleurs.

Le marché hivernal, mise en demeure pour Toulouse

Les offres qui arrivent maintenant ne sont jamais désintéressées. Et elles rarement insignifiantes. Quand un club envoie une proposition pour un jeune ailier brésilien après six mois de Ligue 1, ce n'est pas un test, c'est une vraie enchère qui commence. Pour Toulouse, la situation rappelle celle de pas mal de petits clubs français ayant réussi des coups en mercato estival : l'hiver ramène les vautours.

La question, pour Olivier Sadran et ses équipes, n'est pas nouveau mais elle redevient criante : un club qui a besoin de joueurs offensifs pour sortir de la zone rouge peut-il vraiment se permettre de perdre l'une de ses meilleures trouvailles ? Emersonn ne pèse pas 50 millions comme un Mbappé, mais il a un prix de marché qui monte chaque semaine où il met un but en Ligue 1.

Vendre au meilleur prix et réinvestir, c'est une stratégie. Mais elle suppose des structures de recrutement qui ne se trompent pas deux fois de suite. Toulouse, avec son budget, ne peut pas se permettre de perdre un joueur sans le remplacer à la qualité similaire. Emersonn n'est pas irremplaçable, mais il est iremplaçable rapidement. L'hiver, les stocks sont maigres, les prix gonflés.

Ce que Toulouse doit décider, d'ici la fin du mois de janvier, c'est s'il construit autour de ce Brésilien ou s'il accepte de faire un profit rapide et de parier sur sa capacité à récidiver ailleurs. L'histoire du football français offre peu d'exemples de petits clubs ayant eu raison de garder leurs jeunes talents malgré les offres. Mais elle en offre aussi peu de petits clubs ayant regretté longtemps une vente bien menée. Pour les Pitchouns, l'horloge tourne.

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