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Football

Nasri balance sur Ben Arfa - le génie qui a gâché son talent

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Samir Nasri démythifie Hatem Ben Arfa en révélant que le talent seul ne suffit pas. Portrait d'un joueur extraordinaire rongé par ses démons.

Nasri balance sur Ben Arfa - le génie qui a gâché son talent

Hatem Ben Arfa aurait pu être Ballon d'Or. À la place, il restera l'éternel promis qui n'a jamais livré. Samir Nasri, qui a côtoyé le Français lors de ses années à Newcastle et à Arsenal, enfonce le clou : Ben Arfa avait le talent pour dominer l'Europe, mais pas la tête qui va avec. C'est brutal, mais c'est l'avis d'un mec qui a remporté trois titres de Premier League et qui connaît la différence entre le potentiel et la réalité.

Le plus fort, le plus gâché, le plus seul

Pendant des années, tout le monde s'accordait à dire qu'Hatem Ben Arfa était le plus talentueux de sa génération. Des supporters lui ont collé l'étiquette de génie dès ses débuts à l'ASSE. Même des comparaisons avec Messi ont circulé. Sérieusement. À Lille aussi, entre 2009 et 2011, Ben Arfa était ailleurs. Deux campagnes exceptionnelles où ses appuis, sa dextérité et sa capacité à créer du chaos en une touche n'avaient pas d'équivalent en Ligue 1.

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Mais voilà. Newcastle, c'est où le mythe s'est délité. Nasri et lui sont arrivés au même moment en Premier League. Alors que Nasri s'épanouissait, Ben Arfa s'enfonçait. Douze buts en 71 matches avec les Magpies. Une statistique qui en dit long sur le fossé entre ce qu'on attendait et ce qu'il livrait réellement sur les terrains anglais. Arsenal lui a donné une seconde chance. Même histoire : des éclairs, des entraîneurs exaspérés, des matchs où il disparaissait complètement du jeu.

Nasri, lui, n'y va pas par quatre chemins. Le problème n'était jamais physique. Ben Arfa avait les jambes, il avait les pieds. Ce qui lui manquait, c'était la discipline mentale et la constance. À 26 ans, quand on joue pour Arsenal, on ne peut pas varier aussi fortement d'une semaine à l'autre. Les meilleurs, les vrais, trouvent le moyen de sortir une performance même les jours sans. Ben Arfa, lui, attendait l'inspiration comme un poète attend sa muse. Et en football moderne, ça ne marche pas comme ça.

Il y a aussi eu les blessures. Nice, la Fiorentina, Bordeaux : Ben Arfa a traîné des problèmes physiques qui ont amplifié son déclin. Mais honnêtement, à voir comment il s'était construit mentalement, il n'est pas sûr que l'absence de blessures aurait changé grand-chose. Un joueur qui boude, qui ne s'investit pas dans le collectif, qui refuse de s'adapter : c'est une bombe à retardement pour n'importe quel effectif.

  • 12 buts en 71 matches à Newcastle malgré un talent reconnu internationalement
  • 3 appels en équipe de France contre une trentaine d'espoirs de sa génération qui ont eu plus de sélections
  • Neuf clubs différents entre 2014 et 2020, chacun espérant redécouvrir le vrai Ben Arfa

Quand le talent devient une prison

Ce que Nasri essaie de faire comprendre, c'est que Ben Arfa représente un cas pathologique du football moderne. Pas celui du joueur doué mais malchanceux, non. Celui du mec tellement doué qu'il s'est cru au-dessus de l'effort collectif.

À Lille, Ben Arfa pouvait se le permettre. Il était un adolescent génial dans une équipe ordinaire. Il créait, il dribblait, il gagnait les matchs tout seul. Les entraîneurs fermaient les yeux sur certains manquements tactiques parce qu'en Ligue 1, être capable de sortir trois dribbles successifs et servir un but sur plateau, c'est exceptionnel. Mais au moment où il a mis les pieds à Newcastle, la donne a changé. La Premier League demande de l'intensité, de la rigueur, une implication défensive. Ben Arfa n'a jamais pris ça au sérieux.

Nasri a eu la sagesse de comprendre ça. Lui aussi était talentueux, capable de génie technique, mais il a accepté d'être un rouage d'une machine gérée par Arsène Wenger. Le Français a bossé sa condition physique, amélioré sa compréhension du positionnement défensif, accepté que certains matchs il serait plus au service des autres. Et ça lui a permis de durer, de gagner des trophées, de devenir un footballeur complet.

Ben Arfa n'a jamais fait ce travail. Ou il n'en était pas capable. Les deux explications ont du poids. Un talent pur, c'est rarissime. Un talent pur accompagné d'une volonté de progresser constamment, d'une adaptation au jeu collectif, d'une mentalité de champion : c'est exceptionnel. Ben Arfa avait le premier, pas le deuxième.

Aujourd'hui, alors qu'il navigue entre les ligues mineurs et les projets sans envergure, Ben Arfa devrait se poser la question. Au lieu de rester enfermé dans l'idée qu'il aurait pu être Messi ou Ballon d'Or s'il avait eu de la chance, il devrait reconnaître que c'est lui qui s'est saboté. Nasri l'a fait implicitement en parlant publiquement. C'est un acte de lucidité, pour lui comme pour ceux qui l'écoutent.

Le football français a perdu un potentiel extraordinaire. Pas pour des raisons de malchance ou d'injustice : pour des raisons de choix. Des choix que Ben Arfa aurait pu différentes, et qu'il n'a pas faits. Nasri, lui, a pris une autre route. Et elle le mène vers l'histoire.

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