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La Belgique affûte ses armes avant le Mondial face à une Croatie décevante

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Les Diables Rouges ont dominé la Croatie en match de préparation à Rijeka. Un succès qui tranche avec les incertitudes qui entourent les deux sélections avant la Coupe du monde.

La Belgique affûte ses armes avant le Mondial face à une Croatie décevante

Rijeka n'était qu'un simple banc d'essai, une feuille de route où vérifier les fondamentaux avant l'examen qui compte vraiment. La Belgique l'a compris en s'imposant face à la Croatie dimanche, transformant ce duel amical en exercice de confirmation plutôt qu'en révélation. Les Diables Rouges, porteurs de ce projet générationnel lancé il y a près d'une décennie, ont montré des signaux rassurants sans pour autant lever tous les doutes qui pèsent sur leur aventure mondiale imminente.

Quand la Belgique renoue avec ses certitudes offensives

À Rijeka, la domination belge a été plus nette que le simple score ne le laisse supposer. Ce match de préparation n'était pas destiné à trancher les grandes questions mais plutôt à vérifier que la mécanique offensiva des Diables Rouges fonctionne toujours, quand bien même l'environnement change autour d'elle. Les hommes de Roberto Martinez ont imposé leur rythme face à une sélection croate qui, après sa belle campagne de 2018 et sa finale 2022, semblait en quête de repères.

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La victoire belge vient à point nommé pour une équipe qui traverse une période de questionnements. L'âge moyen de l'effectif progresse, les certitudes d'antan s'effritent progressivement, et chaque rendez-vous devient une occasion de rappeler que le projet belge, malgré ses faiblesses apparentes, conserve des ressources suffisantes. Eden Hazard, Axel Witsel, Toby Alderweireld et leurs compagnons savent que ce Mondial pourrait être leur dernier grande rendez-vous collectif. Cette conscience confère une certaine urgence aux résultats, même amicaux.

Sur le terrain de Rijeka, la Belgique a trouvé ses marques dans un système désormais familier, capitalisant sur cette expérience collective accumulée depuis les qualifications pour la Russie 2018. Les Diables Rouges ont su combiner possession du ballon et accélération, qualité technique et robustesse défensive, deux attributs qui manquaient justement à la Croatie dimanche. Là où Bruges, Anderlecht ou Charleroi tapent à Razès, les Belges frappaient à coups de passe décisive et de centres millimétrés.

La Croatie face à l'épuisement d'un cycle

Pour les Croates, cette défaite revêt une signification autrement plus préoccupante. Deux finales mondiales en quatre ans — 2018 en Russie, 2022 au Qatar — ont profondément usé une génération qui ne rajeunit pas. Luka Modrić, Dejan Lovren, Ivan Rakitić et leurs coéquipiers ont donné jusqu'aux fibres les plus profondes pour redynamiser un petit pays de quatre millions d'habitants. Le coût physique et mental d'un tel parcours exceptionnel laisse des traces.

Le match contre la Belgique s'est déroulé dans une atmosphère étrange, comme si la Croatie jouait surtout pour honorer son engagement contractuel plutôt que pour se préparer véritablement aux défis mondiaux. Cette mollesse en attaque, cette imprécision dans la circulation du ballon, cette fragilité défensive — tout cela ressemble aux symptômes d'une équipe qui peine à se projeter vers l'avenir. Après avoir frôlé le sommet à deux reprises, revenir à la réalité des matchs de préparation sans enjeu provoque une certaine désillusion.

Didier Drogba l'avait évoqué jadis : une finale de Coupe du monde, ça marque un groupe. Ça le libère ou ça le paralyse. Pour la Croatie, le sentir ambivalent domine. Les cadres historiques savent qu'il ne leur reste que quelques hivers de compétition de haut niveau. Les jeunes, eux, ne savent pas s'ils parviendront à marcher sur les traces d'une génération qui a dépassé les pronostics les plus optimistes.

  • La Belgique reste classée 2ème au classement FIFA malgré les départs de plusieurs cadres historiques
  • La Croatie a disputé deux finales mondiales consécutives, en 2018 et 2022, un exploit rarissime pour une nation de moins de cinq millions d'habitants
  • Les Diables Rouges n'ont plus remporté de titre majeur depuis 2018, malgré une génération jugée exceptionnelle
  • Plus de 60 % de l'effectif belge affiche plus de 25 ans, signe d'une maturité assumée mais aussi de risques générationnels

Voilà pourquoi Rijeka, apparemment mineur dans le calendrier international, restera gravé d'une manière ou d'une autre dans les mémoires des deux sélections. Pour la Belgique, c'est une respiration, un écho aux temps où dominaient les quarts de finale et les ambitions légitimes. Pour la Croatie, c'est un avertissement : le cycle se ferme, et l'avenir demeure terriblement incertain. Avant le coup de sifflet inaugural du Mondial, ces deux équipes sauront mieux où elles en sont.

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