Les Lions de l'Atlas ont dominé Madagascar en amical pour débuter leur préparation à la Coupe du Monde. Un test réussi avant d'affronter le Brésil, l'Écosse et Haïti.
Le Maroc a mis en place sa machine offensive dès la première sortie de préparation. Face à Madagascar, mercredi soir, l'équipe du sélectionneur a expédié le dossier sans difficulté majeure, confirmant que les Lions de l'Atlas sont bien décidés à ne pas faire de détail avant le grand rendez-vous mondial. Cette victoire probante, bien que face à un adversaire de second plan, trace une première ligne de bonnes intentions.
Une mise en route idéale avant le groupe de feu
Le scénario était maîtrisé d'entrée. Madagascar n'a jamais vraiment existé dans cette rencontre, subissant l'intensité marocaine sans jamais trouver les ressources pour inquiéter une défense bien organisée. Le Maroc s'est promené face aux Barea, déployant un football fluide et dominateur qui rassure avant les véritables défis à venir. Les attaquants ont tourné à plein régime, les milieux de terrain ont dicté le tempo, et l'arrière-garde n'a pas eu besoin de transpirer abusivement.
Ce match de préparation servait exactement à cela : permettre au groupe de retrouver des automatismes, de tester des associations et surtout de regagner la confiance collective. Walid Regragui a disposé ses troupes en tenant compte du calendrier serré qui attend ses joueurs. Dans trois semaines, le Maroc entre en lice contre le Brésil le 14 juin, puis l'Écosse le 20 juin et Haïti le 25 juin, trois rendez-vous du groupe C qui promettent déjà du spectacle.
Le sélectionneur marocain a eu l'occasion d'observer ses hommes en situation de domination totale, de vérifier que les chaînes offensives et défensives fonctionnent sans grincement. Madagascar aura au moins permis d'égrener les nerfs avant les vrais examens. Aucune blessure majeure signalée à l'issue du match, c'était l'objectif numéro un.
Une préparation discrète mais calculée
Le programme marocain ne privilégie pas les gros calibres avant le tournoi. Après Madagascar, le Maroc doit enchaîner avec d'autres adversaires dont la sélection sera établie dans les jours à venir selon les informations disponibles. Regragui construit son acclimatation de manière progressive, graduée, comme on l'apprenait auprès de l'entourage du sélectionneur. Pas de choc direct contre l'Espagne ou l'Allemagne pour vérifier le niveau, non : une montée en puissance méthodique.
Cette approche reflète une stratégie bien pensée. Le Maroc sait que le groupe C constitue un véritable mini-tournoi. Le Brésil est favori logique, l'Écosse joue l'équilibre avec une tradition défensive héritée du football britannique, et Haïti reste l'outsider accessible. Mais dans le contexte mondial actuel, aucun match n'est écrit d'avance. L'Écosse peut poser des problèmes, Haïti peut créer la surprise. Il faut être préparé à tout.
En écrasant Madagascar, le Maroc envoie un signal clair : les Lions sont au rendez-vous, concentrés, affamés. L'absence de relâchement face à un adversaire largement inférieur démontre une professionnalité de haut niveau. Trop d'équipes, trop souvent, perdent pied dans ces rencontres dites accessibles.
Le piège brésilien se rapproche dangereusement
Voilà maintenant le cœur du sujet qui préoccupe véritablement Regragui. Le Brésil arrivera à la Coupe du Monde dans un état d'esprit particulier. Neymar and Co. cherchent à transformer enfin cette malédiction depuis 2002. Les Auriverdes ne tolèrent pas l'idée qu'une autre nation soulève le trophée cette année. Le 14 juin, le Maroc affrontera une sélection sous pression, une qui doit absolument performer.
Mais c'est justement là que réside l'opportunité marocaine. Une équipe comme celle du Maroc, structurée, organisée, capable de jouer en bloc compact, peut poser des réels problèmes à un Brésil qui privilégie l'expression offensive. Si Regragui parvient à ses joueurs à conserver cet équilibre démontré contre Madagascar, à maintenir cette discipline collective, alors pourquoi pas viser quelque chose de grand ?
L'Écosse, logiquement, devrait être le deuxième obstacle. Une nation avec la rigueur défensive incontournable, qui ne lâchera rien. Puis Haïti, où le Maroc doit impérativement faire le job sans trembler. Trois matchs, un vrai groupe de mort à l'échelle relative de cette compétition. Madagascar aura au moins donné un premier repas, mais les plats de résistance arrivent.
Regragui dispose maintenant de dix-huit jours pour affiner, corriger, préparer ses hommes à l'intensité réelle qu'ils vont connaître. Cette victoire facile ne doit pas endormir. Elle doit réveiller les appétits.