En discussions avancées avec le jeune technicien belge, l'AJ Auxerre cherche à panser ses plaies après le départ de Christophe Pélissier. Un pari audacieux sur la jeunesse.
Christophe Pélissier parti, l'Auxerre a longtemps ressemblé à un navire sans capitaine. Les supporters bouillonnaient, l'incertitude pesait sur le vestiaire, et chaque jour qui passait renforçait le sentiment qu'il fallait enfin agir. Voilà qu'Auxerre se penche sérieusement sur Will Still, le technicien belge de 30 ans qui a déjà prouvé son envergure en première division. Ce n'est pas un coup de dés, c'est une vraie stratégie — celle d'un club qui ne veut pas reproduire les erreurs du passé.
Still, le pari de la continuité rajeunie
À 30 ans à peine, Will Still a déjà passé l'examen du haut niveau. Son passage à Stade de Reims en Ligue 1, où il a dirigé plus de 80 matchs d'affilée, l'a forgé rapidement. Il y a quelque chose d'intrigant chez ce coach belge : il ne crie pas après ses joueurs, il les réfléchit. Son football est construit, son approche tactique maîtrisée. Avec 47% de victoires en moyenne sous ses ordres à Reims, Still a montré qu'il savait transformer une équipe ordinaire en formation compétitive.
Pourquoi Auxerre le regarde maintenant ? Parce que le club bourguignon ne cherche plus à recréer l'âge d'or sous Pélissier — c'est psychologiquement impossible. Il s'agit de construire un projet nouveau, avec un coach qui a l'enthousiasme de celui qui n'a rien à perdre et tout à prouver. Still incarne ce renouveau. Il porte en lui une certaine fringale, celle des entraîneurs qui savent qu'on leur fait confiance sur du potentiel, pas sur des résultats passés massifs.
L'Auxerre en quête de stabilité émotionnelle
Le départ de Pélissier a laissé une cicatrice. Ce n'était pas un simple virage stratégique, c'était un tremblement qui a secoué le groupe dans ses fondations. Les joueurs aimaient leur ancien coach, les fans ne comprenaient pas pourquoi on l'avait poussé dehors. Pendant des semaines, Auxerre a navigué dans le flou. Les intérimaires se sont succédé, chacun en gardant la tête froide mais sans vraiment impulser de direction.
Ramener Will Still, c'est dire au vestiaire : nous avons un projet, nous sommes organisés, nous vous confions à quelqu'un qui saura faire progresser votre jeu. C'est l'histoire qu'un club doit raconter à ses joueurs quand l'incertitude a duré trop longtemps. Les discussions avancées évoquées par les médias ne sont pas une finalité lointaine — elles suggèrent que les deux parties trouvent un terrain d'entente rapide. Cela compte énormément en cette période du calendrier.
Le timing d'un projet qui doit démarrer maintenant
Il ne faut pas sous-estimer la dimension pratique : chaque semaine qui passe en Ligue 1 sans repères collectifs affaiblit une équipe. Auxerre ne peut pas se permettre de rester orphelin tactiquement jusqu'en janvier. Still représente la solution immédiate — quelqu'un qui entre vite dans le jeu, qui comprend d'emblée la Ligue 1 pour l'avoir vécue sous haute tension.
Le dossier Will Still a aussi une dimension géopolitique mineure mais réelle. Un jeune coach belge à Auxerre, ce n'est pas anodin — cela montre qu'un club français ne cherche plus seulement du prestige reconnaissable (un ancien gloire, un champion étranger blindé de palmarès), mais de la compétence brute. Still n'aura pas mille yeux rivés sur lui pour des raisons de notoriété ; il aura plutôt la liberté de travailler. C'est un avantage caché.
Les chiffres de son passage à Reims parlent d'eux-mêmes : une équipe en reconstruction sous Still a fini par atteindre une stabilité respectable en Ligue 1, un exploit mineur mais signifiant. Auxerre, qui hérite d'une formation déjà en place, pourrait voir Still générer plus rapidement des améliorations.
Et après ? Les vérités qui sortiront au grand jour
Une signature de Still à Auxerre serait symboliquement forte : le club dit au monde qu'il tourne la page Pélissier sans tomber dans la nostalgie, qu'il investit dans l'avenir plutôt que de chercher refuge dans le passé. C'est l'attitude d'une institution qui veut rester légitime.
Bien sûr, tout cela ne vaudra que si les résultats suivent. Will Still héritera d'une équipe fragilisée émotionnellement, d'une fan-base qui attend des signes concrets d'apaisement. Le contrat moral est simple : ramène-nous à la stabilité, montre-nous du beau jeu. Still a l'âge de celui qui croit encore à cette promesse. À 30 ans, on ne prend pas des postes par confort ; on les prend pour marquer.
Si cette nomination se concrétise — et tout indique qu'elle le fera —, Auxerre aura au moins évité le piège de l'attente infinie. Un nouvel entraîneur nommé, c'est déjà un premier pas vers la réconciliation avec ses supporters.