Le Portugais Carlos Queiroz, 73 ans, devient le nouveau sélectionneur du Ghana. Un choix fort à quelques semaines du Mondial 2026.
Soixante-treize ans et pas une once de retraite en vue. Carlos Queiroz a signé avec la Fédération ghanéenne de football pour prendre en charge les Black Stars, à quelques semaines du coup d'envoi de la Coupe du Monde 2026. Le timing est serré, l'enjeu considérable. Selon nos informations, le technicien portugais a été préféré à plusieurs candidats africains et européens dont les noms circulaient depuis plusieurs semaines dans les couloirs de la GFA. Un choix qui ne doit rien au hasard.
Un homme de crises pour un chantier d'urgence
Queiroz, c'est un CV que peu de sélectionneurs peuvent aligner. Adjoint de Sir Alex Ferguson à Manchester United pendant deux mandats, sélectionneur du Portugal, de l'Iran à trois reprises, de la Colombie, de l'Égypte — l'homme connaît la pression des grandes compétitions comme d'autres connaissent la routine. Il a conduit l'Iran jusqu'en huitième de finale du Mondial 2014 au Brésil, avec une équipe que personne n'attendait aussi loin. Il a ensuite fait qualifier l'Égypte pour la CAN 2021 avant que Mohamed Salah et ses coéquipiers ne s'arrêtent en phase de groupes.
Le profil colle parfaitement à la mission : redresser une sélection ghanéenne en plein questionnement. Les Black Stars traversent une période de turbulences depuis leur élimination dès le premier tour du Mondial 2022 au Qatar, malgré une équipe qui comptait pourtant des éléments de qualité comme Mohammed Kudus ou Jordan Ayew. Trois défaites en phase de groupes, dont une cuisante contre l'Uruguay, avaient provoqué un vrai séisme au sein de la fédération.
Depuis, le Ghana cherche. Otto Addo, éphémère successeur de Milovan Rajevac, n'aura pas suffi. À en croire l'entourage de la fédération ghanéenne, le choix s'est finalement porté sur Queiroz pour son expérience des compétitions mondiales et sa capacité à structurer rapidement un groupe. Le Portugais arrive avec une réputation de technicien exigeant, parfois rugueux dans ses relations avec les médias, mais capable de tirer le meilleur d'effectifs disparates.
Le contexte est particulier. La Coupe du Monde 2026 se joue aux États-Unis, au Canada et au Mexique à partir de juin 2026. Le Ghana est qualifié. Le temps de travail réel dont dispose Queiroz pour installer ses idées se compte en semaines, pas en mois. Quelques rassemblements, peut-être deux ou trois matchs amicaux, et ce sera l'heure de vérité face aux meilleures nations du monde.
- 73 ans : l'âge de Carlos Queiroz, l'un des techniciens les plus expérimentés encore en activité sur la scène internationale
- 3 : le nombre d'élimininations au premier tour lors des deux dernières Coupe du Monde pour le Ghana (2014, 2022)
- 2006 : l'année de la meilleure performance historique des Black Stars en Coupe du Monde, avec un quart de finale atteint en Allemagne
- 12 : le nombre de nations africaines qualifiées pour le Mondial 2026, signe d'une représentation continentale historique
Le défi ghanéen, un test grandeur nature pour le technicien portugais
Queiroz prend un pari. À 73 ans, il aurait pu se contenter de son statut de légende discrète du football mondial. Mais le Portugais n'a jamais vraiment su rester loin des terrains. Selon nos informations, plusieurs fédérations africaines l'avaient approché avant que le Ghana ne conclue. Sa réputation de bâtisseur de collectifs solides a pesé dans la balance.
Le chantier est réel. L'effectif ghanéen n'est pas dénué de talent — Mohammed Kudus (West Ham United) est aujourd'hui l'un des milieux offensifs les plus en vue de Premier League, Antoine Semenyo (Bournemouth) monte en puissance, et la jeune génération issue de la diaspora commence à pointer son nez. Mais transformer ces individualités en équipe cohérente en quelques semaines, c'est précisément ce que Queiroz a fait toute sa vie.
Il faut remonter à 2006 pour retrouver le Ghana à ce niveau d'attente. Cette année-là, les Black Stars avaient atteint les quarts de finale en Allemagne sous la direction de Ratomir Dujkovic, avant de s'incliner contre le Brésil. Une génération dorée avec Michael Essien, Stephen Appiah, Asamoah Gyan. Dix-huit ans plus tard, la fédération espère reconstruire quelque chose de comparable, avec des bases différentes mais une ambition intacte.
La mission n'est pas seulement sportive. Le football ghanéen souffre aussi d'une crise de confiance. Les supporters des Black Stars ont mal vécu le fiasco qatari, les polémiques autour de la sélection de certains joueurs, les tensions entre les différentes générations de dirigeants. Queiroz, en homme d'expérience, sait que son premier travail sera de remettre tout le monde dans le même sens. Ce n'est pas toujours plus facile que de gagner des matchs.
À en croire son entourage, le technicien portugais aurait déjà commencé à éplucher les dossiers des joueurs éligibles, y compris ceux nés en Europe qui pourraient opter pour le maillot ghanéen. Une pratique courante sur le continent africain, qui a souvent permis de renforcer des sélections avec des profils évoluant dans les meilleurs championnats européens.
La Coupe du Monde 2026 sera la dernière grande compétition mondiale à 32 équipes avant le passage définitif au format élargi à 48 nations à partir des prochaines éditions. Pour le Ghana, c'est une fenêtre. Pour Queiroz, c'est peut-être le dernier grand rendez-vous d'une carrière hors norme. Les Black Stars ont choisi leur homme. La suite se joue maintenant sur le terrain.