Après son maintien acquis, Jean-Pierre Rivière revient sur le dossier Grégory Lorenzi. L'OGC Nice dénonce une manière de faire de Marseille dans cette affaire de signature.
Jean-Pierre Rivière n'a pas pu tenir sa langue. Le président de l'OGC Nice, soulagé par l'assurance du maintien en Ligue 1, a décidé de régler ses comptes publiquement autour du feuilleton Grégory Lorenzi, ce défenseur central qui aurait paraphé un contrat avec les Aiglons avant de basculer finalement vers l'Olympique de Marseille. Une affaire qui empoisonne les relations entre les deux clubs depuis plusieurs semaines, et que Rivière n'entend pas laisser en suspens.
Rivière sort de son silence sur un accord qui n'existe pas
Selon nos informations, l'entourage du dirigeant niçois affirme que Lorenzi avait paraphé un contrat avec Nice, vraisemblablement dans le courant du mois de janvier. Sauf que voilà : le joueur ne s'est jamais présenté à la Côte d'Azur pour débuter les procédures administratives. Rivière dénonce une manière de procéder déloyale de la part de l'OM, qui aurait attendu le feu vert du défenseur central avant de prendre les dispositions pour le faire changer d'avis à la dernière seconde.
Personne dans le bureau niçois n'a cru un instant qu'il s'agissait d'une simple hésitation du joueur. Les images de Lorenzi en visite médicale à Marseille ont circulé rapidement sur les réseaux sociaux, confirmant que l'opération était déjà en cours quand Nice pensait avoir sécurisé son dossier. L'impression qui prédomine au Gym, c'est celle d'une manigance, d'un détournement de joueur en bonne et due forme. Un classique du mercato, certes, mais que Rivière trouvait particulièrement gonflé de la part d'un voisin méditerranéen.
Le maintien acquis vendredi dernier face à Angers permettait au président niçois de libérer un peu de tension accumulée sur ce dossier. Pourquoi attendre d'avoir le soulagement sportif assuré avant de parler ? Stratégiquement, c'était pertinent. On ne pouvait pas le faire quand la équipe jouait encore son destin. À présent, Rivière pouvait enfin dire ce qu'il pensait vraiment de cette histoire sans risquer de perturber son effectif.
L'OM n'a pas respecté les codes, selon Nice
Ce qui agace le plus du côté du Gymkhana Club, c'est moins la perte du joueur que la façon dont elle s'est opérée. Dans le foot français, les clubs font remonter les dossiers les uns aux autres. On négocie, on discute, on trouve un accord ou pas. Mais on ne joue pas au jeu des trois cartes pendant que le vis-à-vis remplit les papiers. Marseille a basculé Lorenzi sans même prévenir Nice des premiers échanges informels. Ou du moins, c'est la lecture que fait Rivière de la situation.
Grégory Lorenzi, malgré ses 29 ans, restait une option de marché intéressante pour les Aiglons. Pas une star, mais un professionnel expérimenté qui aurait pu dépanner dans le rôle de défenseur central supplémentaire. Nice perdait une occasion de régler une partie de ses lacunes défensives sans dépenser une fortune. Marseille, logiquement, tenait à renforcer sa charnière en vue d'une éventuelle campagne en Ligue des champions la saison suivante. Mais les deux clubs ne jouaient pas à armes égales : l'OM, en position de force après sa seconde place, pouvait se permettre certains écarts de langage que Nice ne tolérait pas.
L'explosion publique de Rivière sur ce dossier s'inscrit dans une logique de défense du prestige du club. Quand on est président de l'OGC Nice, on ne peut pas laisser passer un tel affront sans réagir. Surtout face à Marseille, qui représente traditionnellement un rival régional mais aussi une formation bien plus dotée budgétairement. Crier au jeu déloyaliste, c'est aussi rappeler que les Niçois ne sont pas des naïfs du foot français.
Une tension Nord-Sud qui ne va pas disparaître
Les relations entre Nice et Marseille n'étaient pas glaciales avant cette affaire Lorenzi. Elles ne seront certainement pas chaleureuses après. Quand deux clubs côtoient les mêmes marchés, convoitent les mêmes joueurs et partagent à peu près la même fenêtre salariale, les frictions deviennent inévitables. Cette saison, Nice et l'OM avaient cruellement besoin de résultats. Les Provençaux sont passés à côté de leurs objectifs, les Côte d'Azur aussi. Mais pendant que Marseille misait sur un Lorenzi pour tenter d'arranger les choses, Nice voyait son plan déjoué.
Rivière en a donc profité pour marquer les esprits. Publiquement, il n'a pas hésité à exprimer son ressentiment, une tactique qui permet aussi de montrer aux supporters niçois qu'on ne se fait pas marcher sur les pieds, même face aux plus grands. C'est un jeu politique du foot français. On crie, on pleurniche, on dénonce. Puis six mois plus tard, on se reparle comme si de rien n'était quand un dossier intéressant se profile.
Le dossier Lorenzi ne va probablement pas empêcher Nice et Marseille de négocier à nouveau cet été ou l'hiver prochain. Mais il aura laissé des traces. Chez les présidents d'abord, qui se tiendront à carreau désormais. Chez les staffs ensuite, qui comprendront que certains joueurs ne sont pas neutres entre les deux clubs. L'OM repartira avec son Lorenzi, signé et scellé. Nice gardera l'amertume d'une occasion manquée et la satisfaction d'avoir au moins eu le dernier mot en la disant à voix haute.