Blessé lors de la dernière préparation avant la Coupe du Monde 2026, Abde Ezzalzouli devrait déclarer forfait. Un coup dur pour les ambitions marocaines.
Mauvaise nouvelle tombée du côté de la sélection marocaine. Après une entame prometteuse face à la Norvège en dernier match de préparation, c'est l'infirmerie qui fait la une chez les Lions de l'Atlas. Abde Ezzalzouli, élément clé de l'attaque marocaine, devrait déclarer forfait pour la Coupe du Monde 2026 suite à une blessure contractée lors de cette rencontre au Sports Illustrated Stadium.
L'ailier du Betis Séville, qui avait eu l'occasion d'exprimer son talent en préparation, n'aura pas le temps de retrouver sa pleine forme avant le coup d'envoi de la compétition. La Fédération royale marocaine doit maintenant enclencher les démarches administratives pour le remplacer au sein de son groupe. Un scénario qu'on aurait aimé éviter en pleine montée en puissance.
Quand la préparation devient un piège
Il y a une ironie cruelle dans le calendrier international. Ces matches de préparation sont censés affûter les équipes, les mettre au point avant la grand-messe. Or, combien de sélectionneurs se sont retrouvés amputés de leurs meilleurs éléments à l'issue de ces rencontres ? Le Maroc venait d'afficher une belle dynamique offensive contre la Norvège, mais c'est sur le flanc que le bilan s'écrit désormais.
Ezzalzouli, international marocain de 23 ans, représentait l'atout offensif moderne que la sélection marocaine maîtrisait bien. Rapide, technique, capable de combiner jeu de aile traditionnel et infiltrations dans l'axe, l'ancien joueur de Barcelone offrait des solutions multiples à son équipe. Ses performances en La Liga cette saison avaient confirmé sa montée en puissance : un ailier de plus en plus décisif, un élément qui commence à peser dans les équilibres tactiques.
Privé d'Ezzalzouli, c'est un coup dur pour Walid Regragui. Le sélectionneur marocain avait basé une partie de sa stratégie sur la capacité de ses ailiers à déséquilibrer les défenses. Avec cette absence forcée, il faudra réorganiser les schémas offensifs, revoir les hiérarchies, trouver des solutions alternatives.
Regragui face à un puzzle en urgence
Le timing aurait pu être meilleur. À quelques semaines du grand rendez-vous mondial, les équipes n'aiment pas jongler avec les calendriers d'indisponibilité. Les protocoles de récupération s'accélèrent, les traitements s'intensifient, mais personne ne peut accélérer le cours de la cicatrisation musculaire ou osseuse.
Pour le coach marocain, la réflexion est maintenant claire : qui pour compenser ? Le Maroc dispose d'une génération offensiv solide, mais Ezzalzouli avait cette spécificité que tout manager reconnaît immédiatement : un joueur qui crée des différences par le dribble et la percussion. Sofyan Amrabat est souvent le point d'ancrage de la machine marocaine, mais c'est un profil différent. Les latéraux offensifs du groupe possèdent d'autres qualités. Les autres ailiers manquent parfois de cette étincelle.
Le groupe marocain reste compétitif, ne nous méprenons pas. Mais chaque forfait d'un joueur en forme est une part d'imprévisibilité en moins, une option créative amputée. Regragui devra faire montre de sa capacité d'adaptation, cette même qualité qui avait permis au Maroc de prétendre à une place en finale du Mondial 2022 en Qatar.
Une sélection marocaine en quête de stabilité
Les Lions de l'Atlas visaient une Coupe du Monde 2026 comme une opportunité de progresser sur leur parcours de 2022, où ils avaient atteint les demi-finales. Quatre années pour consolider, progresser, devenir une menace de plus en plus crédible. Or, les blessures, elles, ne reconnaissent pas les calendriers des ambitions.
Ce qui rend cette affaire encore plus frustrante, c'est qu'Ezzalzouli évoluait justement à un excellent niveau avant cette rencontre. Les chiffres de La Liga parlent : en 24 matches cette saison, il a participé à 7 buts, un retour solide pour une aile qui n'a pas 24 ans. Au Betis, on comptait sur lui pour continuer à progresser. La sélection marocaine aussi.
Reste à voir qui montera au créneau pour épauler l'attaque marocaine durant la compétition. Car telle est la réalité du football international : les forfaits se gèrent, les alternatives s'activent, les plans se réajustent. Mais on perd toujours quelque chose en route. Le Maroc en a conscience. Et c'est justement ce genre de revers qui fait basculer les trajectoires de Coupe du Monde.