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Ounahi mise déjà sur Bouaddi pour 2026

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Avant le choc écossais, le milieu marocain fait la promotion d'Ayyoub Bouaddi. Un pari sur la jeunesse qui en dit long sur les ambitions du Maroc à la Coupe du monde.

Ounahi mise déjà sur Bouaddi pour 2026

Azzedine Ounahi n'a pas attendu le coup de sifflet final pour parler d'avenir. Quelques heures avant d'affronter l'Écosse en deuxième match de la Coupe du monde 2026, le milieu de terrain marocain s'est présenté en conférence de presse avec un message en apparence anodin : l'éloge appuyé d'Ayyoub Bouaddi. Sauf qu'au Maroc, quand un cadre comme Ounahi monte au créneau pour encenser un jeune talent, ce n'est jamais gratuit. C'est une main tendue. Un acte politique footballistique.

Bouaddi, le pari marocain sur la continuité

Qui est Ayyoub Bouaddi pour mériter les éloges d'un homme qui a marqué la Coupe du monde 2022 en demi-finale contre la France? Un milieu offensif âgé de 23 ans à peine, capable de jouer dans un registre similaire à celui d'Ounahi, mais avec des caractéristiques différentes. Là où Ounahi impose son expérience acquise au Losc et à l'OM, Bouaddi représente cette génération suivante, celle qui doit prendre le relais au moment où les cadres commencent à sentir le poids des années.

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La remarque d'Ounahi n'est pas anodine. Elle intervient à un moment charnière pour la sélection marocaine. Didier Drogba, le sélectionneur intérimaire des Lions de l'Atlas, doit composer avec des cadres vieillissants — Achraf Hakimi frôle les 26 ans, Romain Saïss était absent du groupe — et une impatience croissante du public marocain face aux résultats mitigés. Avec une déroute 0-1 contre l'Écosse qui s'annonce difficile à digérer, valoriser les jeunes talents devient une nécessité, non seulement tactique mais aussi symbolique.

Bouaddi a déjà pris conscience que le Maroc l'attend. Depuis 2024, il accumule les sélections, testé dans diverses formations de jeu. Son potentiel résiderait dans une capacité à créer des décalages, à lire l'espace avant les autres, cette qualité rare qui transforme un milieu de terrain en chef d'orchestre. À 23 ans, il n'a pas encore l'expérience internationale d'un Ounahi, mais il dispose d'un avantage : le temps. Et dans ce football moderne où les transitions générationnelles doivent s'opérer sans à-coups, c'est précieux.

Le Maroc sait qu'il ne peut pas se permettre une nouvelle débâcle. Après son parcours historique en 2022, où l'équipe avait atteint les demi-finales avant de buter sur les Bleus, l'attente est devenue exorbitante. Les observateurs anticipent désormais un quart de finale minimum. Impossible d'atteindre cet objectif sans renouvellement. Ounahi qui parle de Bouaddi, c'est un symbole : les anciens donnent la main aux nouveaux.

Entre ambitions et réalités, la route est encore longue

Mais dire cela, c'est aussi reconnaître implicitement une certaine fragilité. Si un joueur du calibre d'Ounahi doit vendre un jeune en conférence de presse, c'est que le groupe a besoin de se rassurer. Le résultat contre l'Écosse — une défaite — suffira peut-être à clarifier les choses. Pas pour la majorité des supporters marocains en tout cas. Attendant un Maroc offensif, créatif, capable de dominer une équipe battue 2-0 à domicile dans les préliminaires, voir les Lions perdre 0-1 face à une sélection écossaise diminuée crée de la frustration.

Ce que révèle aussi l'engagement d'Ounahi envers Bouaddi, c'est la conscience qu'il existe au sein du groupe sur les enjeux réels de ce tournoi. Le Maroc ne joue plus son intégration au plus haut niveau. Il joue son poids dans la compétition mondiale. Trois Coupes du monde en quatre éditions, c'est du jamais vu pour une sélection africaine. Et cette habitude de jouer les derniers carrés, elle ne peut s'acquérir que si les générations se relaient sans perte d'énergie collective.

Ayyoub Bouaddi incarne cette continuité espérée. Les stats sur ses matchs internationaux restent modestes — quelques titularisations, plus souvent des apparitions en seconde période — mais elles n'épuisent pas son potentiel. Ce que font les cadres comme Ounahi en parlant des jeunes, c'est voter pour une vision à moyen terme du projet marocain. Autrement dit : on ne jette rien, on construit.

  • 23 ans : l'âge d'Ayyoub Bouaddi, soit 5 ans de moins qu'Azzedine Ounahi
  • Demi-finale 2022 : le précédent marocain qui doit servir de référence pour 2026
  • 0-1 : le résultat contre l'Écosse qui complique déjà l'équation du groupe marocain
  • 3 Coupes du monde en 4 éditions : l'exploit africain inédit que le Maroc défend

Reste à savoir si Drogba saura utiliser ce capital confiance que les anciens comme Ounahi mettent en avant. Le sélectionneur devra trouver l'équilibre entre respecter la hiérarchie établie et donner du temps de jeu à cette nouvelle vague. L'expérience de 2022 a montré que le public marocain accepte les jeunes talents quand ils peinent moins. Avec Bouaddi, ce test commence maintenant.

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