Avec un succès 5-0 face à l'Irak, le Sénégal se relance spectaculairement en qualifications pour la Coupe du Monde 2026. Les Lions restent maîtres de leur destin.
Cinq buts. Cinq. Le Sénégal n'a pas traîné pour envoyer un message à toute l'Afrique de l'Ouest vendredi soir. Face à une Irak amorphe, les partenaires d'Ismaïla Sarr ont déroulé un football efficace et fluide, sans complaisance, sans relâchement. 5-0, c'est le score qui s'affiche au tableau d'honneur, celui qui change complètement la physionomie du groupe C des qualifications africaines pour le Mondial 2026.
Depuis le début de cette campagne, le Sénégal naviguait à vue. Les résultats étaient mitigés, les certitudes ébranlées. Aliou Cissé, l'entraîneur, sentait le poids du doute peser sur ses épaules. Mais voilà qu'en une soirée, tout s'accélère. Tout devient possible. Ce succès avec la manière offre au Sénégal une bouffée d'oxygène qu'il attendait. Les Lions ont retrouvé leur férocité. Celle qui les caractérise habituellement.
Une démonstration sans appel
L'Irak débarquait à Dakar sans illusions majeures. Les joueurs arabes, peu armés tactiquement et sans véritable leader offensif pour faire peur, ont découvert très vite qu'ils n'avaient pas l'étoffe pour rivaliser. Le Sénégal, lui, a compris dès les premières minutes qu'il avait face à lui une équipe abordable, accessible. Les Lions se sont engouffrés dans la brèche. Pas de calcul, pas de gestion d'énergie : juste du football direct, percutant, avec des déplacements intelligents.
Ce qui frappe dans cette performance, c'est l'absence de scénario dramatique. Rien de ces matchs à suspense, où le Sénégal aurait dû souffrir avant d'empocher les trois points. Non. Ici, c'était une correction, simple et lisible. Ismaïla Sarr a ouvert le score, donnant le ton. Ensuite, les autres ont suivi. Un collectif qui fonctionne, des occasions converties, des erreurs défensives iraquiennes punies. C'est cela, un vrai leader de groupe.
Pour les statistiques : le Sénégal a shooté treize fois au but, en cadrant au moins huit. L'Irak, lui, a à peine existé en attaque. Zéro tir cadré. C'est dire. Aliou Cissé a pu laisser tourner son effectif, accorder du temps à des joueurs en quête de confiance, tester des schémas offensifs. Luxe que peu d'équipes peuvent se permettre dans les qualifications.
Mais le travail n'est pas terminé
Voilà le piège. Car si cette victoire massive redonne de la sérénité, elle ne scelle rien. Le Sénégal peut croire à la qualification en 16es de finale, mais le destin ne dépend pas entièrement de lui. C'est là que réside la tension pour les prochaines journées. Les Lions doivent à présent espérer que les résultats ailleurs dans le groupe jouent en leur faveur. Chaque point concédé par les rivaux directs devient précieux. Chaque victoire ailleurs, une respiration supplémentaire.
Le calendrier qui vient n'est pas clément. Le Sénégal sait qu'il ne peut plus se permettre de trébucher. Un match nul mal inspiré, une défaite, et tout redevient chaotique. Mardi soir contre un autre rival du groupe, l'équation sera différente. Pas d'Irak passif en face. Des équipes qui ont les crocs, qui défendent chèrement leur qualification.
Ismaïla Cissé le répète depuis des semaines : le groupe C est ouvert à tous. C'est précisément ce qui rend cette manita contre l'Irak si importante psychologiquement. Elle brise une forme de malaise, elle recrée un équilibre émotionnel. Les joueurs quittent le terrain avec la tête haute, avec l'énergie positive.
Retrouver la flamme pour l'assaut final
Ce que le Sénégal doit retenir de cette soirée, c'est bien au-delà du score. C'est cette capacité à dominer, à imposer un tempo, à convertir. Trop souvent dans cette phase de qualifications, les Lions ont pataugé. Ils ont joué trop lentement, sans inspiration. Vendredi, ils ont retrouvé les ingrédients qui les caractérisaient avant : pressing haut, récupération rapide, transition efficace. Sarr, en particulier, a montré pourquoi il reste un atout majeur du football sénégalais. Rapide, percutant, avec cette capacité à faire bouger l'équipe.
Reste désormais à transformer cet élan en régularité. Une manita, c'est fantastique. Mais c'est aussi trompeur. Les véritables campagnes de qualification se gagnent avec de la constance, des victoires étriquées, des nuits où on ne joue pas bien mais on prend les trois points. Le Sénégal a six mois devant lui pour apprendre cette leçon. Pour transformer un grand soir en une vraie trajectoire.
La route vers le Mondial 2026 n'est pas finie. Elle ne fait que recommencer. Mais vendredi, le Sénégal a au moins rappelé qu'il avait les qualités pour y être. C'est un début.