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Tunisie défaite 0-5 face à la Belgique, neuf jours avant le Mondial

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Une semaine avant son entrée en lice à la Coupe du Monde 2026, la Tunisie s'effondre contre la Belgique et ses supporters. Un cauchemar de timing pour Sabri Lamouchi.

Tunisie défaite 0-5 face à la Belgique, neuf jours avant le Mondial

Neuf jours. C'est le délai qui sépare la Tunisie de son premier match à la Coupe du Monde 2026, et c'est précisément le timing de ce fiasco : une défaite 0-5 contre la Belgique qui ressemble moins à une préparation qu'à une sentence. Les Aigles de Carthage n'ont pas juste perdu. Ils se sont fait démanteler sur leur propre terrain, sifflés par leurs propres supporters, réduits à l'impuissance face à une Belgique qui n'était même pas en grande forme mais qui n'a eu qu'à suivre le mouvement pour infliger cette blessure béante.

Quand la débâcle arrive au pire moment

Sabri Lamouchi, l'entraîneur tunisien, a connu des moments compliqués depuis sa nomination, mais celui-ci appartient à une catégorie à part. Non pas qu'une défaite soit inexorable avant un tournoi, le football a vu des équipes se relever de pires situations. Mais 0-5, c'est un chiffre qui parle, qui résonne, qui s'inscrit dans les mémoires. C'est le type d'humiliation qui déstabilise une équipe à la veille d'une compétition capitale.

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La Belgique, il faut le noter, ne venait pas avec les meilleures intentions ou la meilleure dynamique. Mais face à une défense tunisienne qui a ressemblé à une passoire et un plan de jeu qui s'est évaporé dès les dix premières minutes, les Diables Rouges ont eu le luxe de gérer. Pas besoin de chef-d'œuvre tactique quand ton adversaire te laisse tranquille pour construire ta supériorité. Chaque but prenait les Aigles par surprise, comme s'ils découvraient l'existence de cette Belgique en temps réel.

Dans les stades, les ultras tunisiens l'ont bien compris et ne se sont pas privés de le faire savoir. Les sifflets, plus que les buts, racontent l'histoire : une nation qui se demande ce qui se passe, qui doute de son équipe à peine une semaine avant de défendre ses couleurs sur la plus grande scène du football mondial.

La Tunisie en crise depuis des années

Mais il faut contextualiser. Cette débâcle n'est pas née de nulle part. La Tunisie traverse une période de vaches maigres depuis son épopée de 2018, quand elle avait atteint pour la première fois de son histoire les huitièmes de finale d'une Coupe du Monde. Ce moment avait ressemblé à un tournant ; il n'a finalement été qu'une parenthèse.

Depuis, les sélectionneurs se sont multipliés. Alain Giresse, Mondher Kebaïer, Jalel Kadri avec ses bons et mauvais résultats. L'équipe n'a jamais vraiment trouvé sa stabilité tactique ni son leadership affirmé. La qualification pour ce Mondial 2026 s'est faite sans encenser, sur la base d'une régularité acceptable mais pas transcendante. Pas la démonstration d'une équipe en ascension, plutôt celle d'une formation qui résiste sans vraiment progresser.

Lamouchi, ancien entraîneur de Forest, Nantes et Rayo Vallecano, avait des références. Mais depuis son arrivée, il n'a pas trouvé la formule pour faire émerger une véritable identité de jeu. Et quand les choses ne vont pas bien au niveau de la construction tactique, elles s'effondrent dès qu'un coup du sort arrive. Une défense qui n'a pas de principes solides, c'est une défense qui s'écroule en cinq actes.

Une semaine pour reconstruire l'édifice

Reste maintenant cette semaine cauchemardesque. Neuf jours pour restaurer la confiance, pour faire oublier ce qui vient de se passer, pour convaincre des joueurs qui doivent se demander s'ils sont vraiment prêts. Lamouchi va devoir faire preuve d'une certaine alchimie psychologique. Pas la magie noire du déni, mais celle du redémarrage, de la chambre noire où on retraite les négatifs pour en faire une photo acceptable.

Dans l'histoire du football international, des équipes se sont relevées de débâcles pré-mondiales. C'est possible, mais rare. La Tunisie aura besoin de montrer dès son premier match une résilience qu'elle n'a justement pas montrée contre la Belgique. Chaque minute du prochain match comptera triple, chaque erreur sera amplifiée par ce qui s'est passé samedi.

Et puis il y a la question de la sélection elle-même. Les Aigles doivent affronter ce groupe de la Coupe du Monde 2026 avec une équipe qui vient de montrer ses plus graves faiblesses au pire moment possible. Pas avec la sérénité de ceux qui ont réussi leur montée en puissance, mais avec la pression de ceux qui traînent un boulet psychologique au poignet.

Sabri Lamouchi connaît les enjeux. Il sait que sa sélection a besoin de résultats immédiats pour effacer ce souvenir toxique. La question n'est pas vraiment tactique à ce stade, elle est mentale, presque existentielle. Peut-on se réveiller d'un tel cauchemar en une semaine ? Le football a réservé des miracles. Mais il demande d'abord qu'on arrête de s'endormir.

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