En amical, la République Démocratique du Congo a tenu tête aux Danois tandis qu'Israël a surclassé l'Albanie. Les sélections se testent avant les enjeux cruciaux de 2026.
Quand les pelouses deviennent des labos, les amicaux révèlent toujours quelque chose. Entre deux saisons, quand les chaises longues tentent les joueurs, voilà que certaines équipes sortent des résultats qui surprennent, qui énervent, qui rassurent. Mardi soir, deux affiches tout en contraste : la République Démocratique du Congo a ramené un point de Copenhague face au Danemark, tandis qu'Israël a écrasé l'Albanie. Deux trajectoires qui disent beaucoup de l'état du football africain et du chaos moyen-oriental.
La RDC refuse de plier face aux Nordiques
Jusqu'où peut aller une équipe qui n'a rien à perdre ? Jusque-là, on pensait connaître la réponse. Puis arrive la RDC à Copenhague. Les Congolais se sont présentés face au Danemark sans trembler, sans cette timidité habituelle qu'on retrouve chez les sélections africaines sur les pelouses européennes. Ce 0-0 n'est pas une démission, c'est une affirmation. Avec Kasongo, Masuaku et toute une jeunesse qui pousse, les hommes d'Aliou Cissé (qui reprend du service avec la RDC après son passage tonitruant avec le Sénégal) ont montré une solidarité défensive étonnante.
Le Danemark, lui, n'a pas trouvé les clés. Cette équipe nordique qui a failli accrocher les demi-finales de l'Euro 2020, qui jouit d'une stabilité tactique certaine, a bégayé face à une formation bien en place. Kasper Hjølmand a vu ses attaquants tourner en rond, ses milieux de terrain gagner les duels mais perdre le tempo. C'est étrange pour une nation qui produit autant de joueurs de qualité en Europe. Trois buts marqués lors des trois derniers matchs pour le Danemark : voilà peut-être le vrai problème qui se dessine. L'efficacité offensive fuit, et c'est précisément ce qu'il ne faut pas quand on vise les qualifications pour la Coupe du Monde 2026.
Pour la RDC, ce nul a un goût de victoire. Cissé n'a pas eu besoin de génie tactique ou de révolution. Juste de discipline, de compacité en bloc bas, de transitions rapides. Quelques journées avant ce choc, personne n'aurait parié un franc sur un partage à Copenhague. Le foot adore ces petites vengeances silencieuses.
Israël montre des crocs face à l'Albanie tremblante
À l'opposé, Israël a déroulé. Pas de suspense, juste de la hiérarchie de terrain. L'équipe dirigée par Ran Ben Shimon a écrasé l'Albanie avec une efficacité qui n'en était pas une vraiment — face à une formation albanaise apeurée. Quand on prend de l'avance au quart d'heure, qu'on marque trois fois avant la pause, le scénario est écrit d'avance. Sylvain Distin pouvait rentrer au vestiaire avec trois points en poche, quatre ou cinq réceptions bières déjà engrangés mentalement.
Mais regardons au-delà du résultat brut. Israël reste une nation compliquée à gérer en sélection. Le contexte géopolitique pèse, les absences pour raisons de sécurité coûtent cher, et pourtant cette formation trouve des ressources offensives impressionnantes. Eran Zahavi, Munas Dabbur, tous ces créateurs qui évoluent dans les meilleures ligues européennes. Contre l'Albanie, qui reste une formation fragile et sans véritable colonne vertébrale tactique, Israël a pu jouer au football offensif et joyeux. Un luxe dont peu d'équipes jouissent en match amical.
L'Albanie, elle, rentre d'Ashdod avec des questions graves. Sylinho Vieira doit construire quelque chose de solide. Trois défaites de suite n'est jamais un gage de stabilité.
Les vrais enjeux se profilent déjà
Ces matchs amicaux, qu'on croit souvent inoffensifs, deviennent décisifs quand on regarde l'horizon 2026. La Coupe du Monde se joue en qualification avant de se jouer en Amérique du Nord. La RDC sait qu'elle ne peut pas se permettre de trembler face aux géants, ce 0-0 en Scandinavie le prouve. Israël doit convertir ses talents individuels en résultats. Le Danemark doit retrouver ses buteurs. L'Albanie doit se rebâtir.
- 3 buts en trois derniers matchs pour le Danemark, un problème réel avant 2026
- 5 matchs sans revers pour la RDC, qui peaufine sa défense collective
- Plus de 50% du temps de possession pour le Danemark mardi, mais zéro efficacité en zone dangereuse
- 4 buts inscrits par Israël face à l'Albanie, marquant déjà une dynamique offensive
Voilà ce qui se joue en amical : des briques posées pour des cathédrales futures. La RDC révèle des fondations, Israël se teste offensivement, le Danemark dépanne son attaque, l'Albanie trinque. Quand les vraies compétitions reviendront, on se souviendra que tout a commencé ici, sur des pelouses d'été où les enjeux semblaient mineurs mais posaient déjà les vraies questions.