Aller au contenu principal
Football

Figo fracasse l'idée d'un repêchage de l'Italie pour 2026

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Luis Figo a pris position contre toute invitation de la Squadra Azzurra au Mondial 2026. Une sortie qui relance le débat sur l'intégrité sportive des qualifications.

Figo fracasse l'idée d'un repêchage de l'Italie pour 2026

« Le sport, c'est mériter sa place. » Luis Figo n'a pas eu besoin de longues phrases pour résumer sa pensée. Présent aux Laureus World Sports Awards à Madrid, l'ancien Ballon d'Or portugais a été interpellé sur l'un des sujets qui agite le football mondial depuis que le tirage au sort des qualifications pour la Coupe du Monde 2026 a livré ses premiers résultats douloureux pour la botte. L'Italie éliminée. Encore. Et aussitôt, des voix se sont élevées pour imaginer un repêchage, une invitation, un stratagème pour faire entrer la Squadra Azzurra par la fenêtre après avoir raté la porte. Figo, lui, a claqué cette fenêtre sans hésiter.

Quand une légende rappelle que les règles ne se négocient pas

L'Italie et les Coupes du Monde, c'est une histoire qui se complique. En 2018, déjà, la nation quadruple championne du monde avait manqué la qualification pour la Russie — une première depuis 1958, un traumatisme national. En 2026, rebelote. L'élimination de Roberto Mancini puis de Luciano Spalletti n'a pas suffi à redresser la trajectoire d'une sélection qui peine à retrouver l'assise qui lui permit de remporter l'Euro 2020. Résultat : l'Italie regarde de loin un Mondial qui se jouera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, avec un plateau élargi à 48 équipes.

BetBurger - Surebets et Valuebets en temps réel

Scanner professionnel de surebets et valuebets pour maximiser vos gains sportifs.

Découvrir BetBurger →

18+ | Les jeux d'argent peuvent être dangereux. Jouez responsablement.

C'est précisément cette expansion qui a nourri les fantasmes. Si la FIFA ouvre le tournoi à 48 nations, pourquoi ne pas y glisser l'Italie, l'une des vitrines historiques du football mondial ? L'argument commercial est là, séduisant, presque imparable sur le papier. Sauf que Figo ne l'entend pas de cette oreille. Son message est simple, presque tranchant comme un ciseau dans la surface : si tu n'as pas gagné ta place sur le terrain, tu n'as pas ta place au tournoi. Point.

Ce positionnement n'est pas anodin venant d'un homme qui a porté le Portugal à une époque où la Seleção elle-même galérait à se qualifier régulièrement pour les grandes compétitions. Figo sait ce que ça coûte de mériter. Il sait aussi ce que ça vaut. Inviter une équipe sur critères réputationnels plutôt que sportifs, c'est ouvrir une boîte de Pandore que personne ne sera capable de refermer.

Les chiffres donnent de la consistance à cette logique. La Coupe du Monde 2026 sera la première à 48 participants dans l'histoire du tournoi. La FIFA a déjà attribué ses places par confédération : l'UEFA récupère 16 billets directs, plus des places en barrages intercontinentaux. L'Europe n'est donc pas lésée. Si l'Italie n'est pas là, c'est qu'elle n'a pas produit les résultats suffisants dans sa zone. Difficile de trouver une injustice là-dedans.

Le Mondial 2026 peut-il vraiment se passer d'une Italie en reconstruction

La vraie question, évidemment, c'est celle de l'attractivité commerciale du tournoi. Et elle mérite d'être posée honnêtement, sans angélisme. Les diffuseurs italiens, les sponsors associés à la Squadra Azzurra, les millions de supporters dans la péninsule — tout cela représente un manque à gagner réel pour la FIFA. L'organisation de Gianni Infantino est coutumière du pragmatisme financier, et certains observateurs imaginent sincèrement qu'une invitation discrète pourrait être négociée en coulisses.

Sauf que la crédibilité sportive a elle aussi une valeur marchande. Un Mondial qui repêche des équipes sur leur prestige passé devient immédiatement suspect. Les supporters des nations qui se sont qualifiées en transpirant dans les éliminatoires — pensez au Kosovo, à la Géorgie, à des sélections africaines qui ont bataillé pendant des mois — ont de quoi se sentir floués. Et eux aussi ont des droits.

La Fédération italienne, la FIGC, n'a d'ailleurs officiellement demandé aucun repêchage. Les rumeurs viennent davantage de la presse et de quelques voix isolées que d'une démarche institutionnelle. Ce qui signifie que Figo a pris position contre une idée encore largement virtuelle. Mais les idées virtuelles deviennent parfois des réalités concrètes quand l'argent parle.

  • 48 équipes qualifiées pour la Coupe du Monde 2026, un record absolu dans l'histoire du tournoi
  • 16 places UEFA attribuées à l'Europe, dont des voies en barrages intercontinentaux
  • 2 qualifications manquées consécutives pour l'Italie (2018 et potentiellement 2026), du jamais vu depuis 1958
  • 5 Ballons d'Or remportés par des joueurs italiens entre 1993 et 2007 — l'histoire ne suffit plus à compenser le présent

Spalletti, lui, travaille. La reconstruction de la Squadra Azzurra est réelle, douloureuse, mais réelle. Des joueurs comme Sandro Tonali, Federico Chiesa ou Giacomo Raspadori représentent une génération capable de retrouver le chemin des grandes compétitions. Mais ça prendra le temps que ça prendra. Le football n'accorde pas de raccourcis, même aux nations à cinq étoiles sur le maillot.

Figo a dit ce que beaucoup pensent tout bas. Que la compétition sportive a une valeur en soi, indépendante des équilibres commerciaux et des calculs d'audience. Offrir une place au Mondial à l'Italie parce qu'elle est l'Italie, ce serait franchir une ligne que le sport organisé ne devrait jamais franchir. Le vrai rendez-vous pour la Squadra Azzurra, c'est 2030. D'ici là, elle devra reconstruire sur le terrain, pas en salle de réunion.

Outils & paris sportifs

Hub complet →

Articles similaires