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Football

Coupe du Monde 2026 Paolo Zampolli veut exclure l'Iran pour l'Italie

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Un proche de Donald Trump manœuvre pour remplacer l'Iran par l'Italie au Mondial 2026. Paolo Zampolli, personnage trouble, agite le monde du football.

Coupe du Monde 2026 Paolo Zampolli veut exclure l'Iran pour l'Italie

Qui est vraiment Paolo Zampolli ? La question brûle les lèvres des dirigeants de la FIFA depuis ce matin. Ce Milanais d'origine, agent de mannequins reconverti en lobbyiste politique, ami de longue date de Donald Trump, s'est invité dans le dossier le plus explosif du football mondial : l'exclusion de l'Iran de la Coupe du Monde 2026 pour y faire entrer l'Italie. Une manœuvre d'une audace rare, portée par un homme dont le profil détonne dans les couloirs feutrés de l'instance internationale du football.

L'homme de l'ombre qui veut réécrire les règles du jeu

Paolo Zampolli n'est pas un dirigeant sportif. Il n'a jamais arbitré un match, jamais géré un club, jamais négocié un contrat de joueur. Mais il a quelque chose que peu d'hommes possèdent dans ce milieu : l'oreille du président des États-Unis. Son accès direct à Donald Trump, qu'il fréquente depuis les années 1990 dans les cercles new-yorkais de l'immobilier et du luxe, lui confère une influence que l'argent seul ne peut acheter.

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Sa trajectoire est celle d'un serial networker. Né à Milan, il débarque à New York dans les années 80, monte une agence de mannequins — c'est d'ailleurs lui qui aurait présenté Melania Knauss à Trump en 1998, selon plusieurs sources concordantes — avant de se recycler en homme de relations, consultant politique, et finalement figure satellite de l'entourage trumpiste. Depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, Zampolli a retrouvé une visibilité considérable.

Sa démarche concernant le Mondial 2026 s'inscrit dans un contexte géopolitique tendu. Depuis le début de la guerre en Ukraine et les sanctions internationales contre plusieurs États, la question de la participation de l'Iran aux compétitions sportives majeures est régulièrement posée. L'Iran s'est qualifié sportivement pour la compétition organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Mais Zampolli, selon nos informations, fait valoir qu'accueillir une délégation iranienne sur le sol américain poserait des problèmes diplomatiques et sécuritaires insurmontables pour l'administration Trump. L'argument n'est pas sans fondement : les États-Unis et l'Iran n'entretiennent aucune relation diplomatique formelle depuis 1980.

L'Italie, elle, fait figure de victime collatérale idéale dans ce scénario. Les Azzurri ont raté leur qualification de manière retentissante — comme en 2018 déjà —, s'inclinant face à la Norvège dans le chemin des barrages européens. Voir la nation du calcio absente d'un Mondial aux États-Unis, pays qui compte plusieurs millions d'Américains d'origine italienne, représente une anomalie commerciale et symbolique que certains, à en croire l'entourage du dossier, n'acceptent pas.

  • 1980 : dernière année de relations diplomatiques formelles entre les États-Unis et l'Iran
  • 2 : nombre de Coupes du Monde consécutives manquées par l'Italie (2018 et 2022)
  • 48 : nombre d'équipes qualifiées pour le Mondial 2026, contre 32 pour les éditions précédentes
  • 16 : millions d'Américains se réclamant d'origines italiennes, un poids électoral non négligeable

La FIFA prise en étau entre sport et politique

Gianni Infantino se retrouve dans une position délicate. Le président de la FIFA, qui a su cultiver sa relation avec Trump — les deux hommes se sont retrouvés à plusieurs reprises depuis le retour du républicain au pouvoir —, ne peut ignorer une telle pression. Mais céder reviendrait à ouvrir une boîte de Pandore aux conséquences incalculables pour la crédibilité de l'institution.

Exclure l'Iran ne se décrète pas d'un claquement de doigts. La FIFA dispose de ses propres règles d'exclusion, articulées autour d'ingérences gouvernementales dans les fédérations nationales ou de manquements éthiques graves. Disqualifier un pays pour des raisons diplomatiques liées au pays hôte constituerait un précédent historique. Plusieurs membres du Conseil de la FIFA, interrogés discrètement, rappellent que la Charte de l'organisation garantit l'universalité de la compétition — et qu'elle a jusqu'ici résisté à des pressions bien plus frontales.

La fédération iranienne, de son côté, observe la situation avec une méfiance compréhensible. Ses représentants ont rappelé que l'équipe nationale s'était qualifiée dans les règles, en terminant en tête de son groupe de qualification asiatique. Toute tentative d'exclusion se traduirait immanquablement par des recours devant le Tribunal Arbitral du Sport de Lausanne. Une procédure longue, coûteuse, et surtout embarrassante à quelques mois du coup d'envoi.

Du côté italien, le silence est assourdissant. La Fédération Italienne de Football, la FIGC, n'a fait aucune déclaration officielle sur les manœuvres de Zampolli. Ce silence prudent en dit long : personne ne veut être associé publiquement à une opération qui, si elle échouait — ou pire, si elle réussissait dans des conditions troubles —, ternirait durablement l'image des Azzurri. Gabriele Gravina, le président de la FIGC, sait que la légitimité sportive est le seul passeport qui vaille.

Reste une question que personne ne pose franchement : et si Zampolli réussissait ? L'hypothèse n'est pas totalement absurde dans un contexte où la politique s'immisce de plus en plus profondément dans les grandes compétitions sportives. Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont démontré que les décisions d'inclusion ou d'exclusion nationales pouvaient faire l'objet de pressions intenses. Le Mondial 2026, organisé dans le pays du président le plus puissant de la planète, ne fait pas exception.

Paolo Zampolli joue une partition risquée. S'il parvient à ses fins, il s'impose comme un acteur incontournable du sport business mondial — le genre de personnage qui ouvre des portes que les institutions préfèrent maintenir fermées. S'il échoue, l'épisode restera comme une tentative d'ingérence politique parmi d'autres, vite oubliée dans le tourbillon de l'actualité. La FIFA tranchera. Mais l'affaire Zampolli a déjà rempli sa première fonction : rappeler que le football, à ce niveau, n'a jamais été qu'un sport.

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